La crise sanitaire, liée à la pandémie de COVID-19, a un impact extrêmement négatif sur la santé mentale des jeunes, mais également sur leur accès aux droits.
De nombreux témoignages interpellants, allant tous dans le sens d’une détérioration des conditions de vie des jeunes, de leur accès aux droits et de leur insuffisante participation au débat public, ont rendu nécessaire l’initiative « Mon cri ».
« Mon cri » est un projet qui a pour principal objectif de leur donner un véritable espace d’expression et de participation.
Une étude, dirigée par l’UCLouvain, l’ULiège et l’ULB, renforce le constat d’Amnesty International en la matière et vient apporter des éclairages complémentaires sur la condition spécifique des étudiants dans cette situation globale complexe.

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Sur 25 000 étudiants en Belgique


Chiffres tirés de l’étude « L’impact de la crise sur les étudiant·e·s ? Des données pour avancer » dirigée par UCLouvain, ULiège et ULB
82 %
des étudiants ont un sentiment de fatigue mentale et physique
81 %
des étudiants font face à un manque de motivation
55 %
des étudiants ont des symptômes de dépression
1 étudiant sur 10
éprouve des difficultés financières

« Mon cri », c’est quoi concrètement ?

Après quasiment une année de COVID-19, Amnesty International a décidé de donner la parole aux jeunes en lançant le projet « Mon cri  » en février 2021.

L’objectif : permettre aux jeunes francophones de Bruxelles et de Wallonie, de tous les milieux, d’être des acteurs à part entière des débats qui les concernent et leur servir de haut-parleur.

Concrètement, « Mon cri  » est un formulaire en ligne (accessible sur moncri.be) par lequel les jeunes communiquent leur message écrit, vocal, en image ou en vidéo. La question qui leur est posée est la suivante : «  Si tu étais un ou une responsable politique, d’une école, d’une université, d’une entreprise, etc.), que ferais-tu pour améliorer la situation des jeunes ?  ».

Entre février et mai 2021, plus de 12 500 personnes se sont connectées au site et plus de 400 jeunes ont formulé des propositions concrètes.


Un dessin d’Elyza

Envie d’en savoir plus ?

Rendez-vous sur moncri.be
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L’âge des jeunes qui ont répondu au formulaire « Mon cri »

7,5 %
de moins de 15 ans
54,2 %
de 15 à 21 ans
24,1 %
de 21 à 27 ans
14,2 %
de plus de 27 ans

Vos cris !

Six grandes tendances se dégagent de l’ensemble des suggestions recueillies via le formulaire « Mon cri ».

Le droit à la participation dans le débat public

Les jeunes partagent le sentiment de ne pas être suffisamment écoutés et entendus.

À ce titre, ils souhaitent une meilleure prise en considération de leur avis sur des sujets qui les concernent. Ils proposent de créer ou renforcer des dispositifs de communication ou de discussion leur permettant de faire émerger des solutions en accord avec leur réalité. Ils attendent des clarifications sur les résultats obtenus par les autorités suite aux restrictions sanitaires. Enfin, ils souhaitent une meilleure représentation et une plus grande responsabilisation des jeunes, notamment au sein du débat démocratique.

La santé mentale

Dans le contexte de la pandémie, la santé mentale occupe une place centrale dans les débats. Les propositions avancées se concentrent sur la volonté de légitimer le mal être étudiant afin d’accentuer le soutien psychologique. Il est proposé d’ améliorer l’accès à un suivi psychologique et que celui-ci augmente considérablement.

Pour les élèves du primaire et du secondaire, l’accent est mis sur une meilleure familiarisation avec les enjeux de santé mentale et sur la mise en place de rencontres gratuites avec des psychologues au sein des écoles.

Pour les étudiants du supérieur, c’est un renforcement du suivi psychologique sur les campus qui est demandé. Un soutien renforcé est également souhaité face à la perte de motivation générale ressentie ainsi qu’une adaptation de la charge de travail en sensibilisant les enseignants sur la gestion de la crise.

Le droit à l’éducation

Le contexte sanitaire a accentué les inégalités déjà présentes en termes d’éducation.
La régulation de la fracture numérique ou encore la nécessité d’ un environnement de travail sain pour poursuivre ses études se retrouvent au centre des propositions émises.

Il est notamment demandé de pouvoir reprendre une partie des cours en présentiel afin d’accéder pleinement au droit à l’éducation, d’agir pour restreindre les disparités à l’oeuvre et d’apporter un soutien plus important aux élèves et étudiants.

Il est également proposé d’améliorer ou d’adapter la transmission de la matière en revoyant le système de notation ou encore de mettre en place des espaces de formation à l’usage d’internet.

La vie sociale, culturelle et sportive

La perspective d’activités sociales et physiques est l’une des thématiques la plus abordée au sein des propositions. Il s’agit pour les jeunes de pouvoir continuer à s’exprimer librement, se retrouver ensemble afin de pouvoir « déconnecter ».

L’agrandissement des bulles sociales en fonction de l’âge, la réouverture des milieux culturels (théâtre, cinéma, musée) avec un public limité ainsi que la reprise des activités sportives en extérieur sont des solutions citées.

Le besoin d’envisager des modes alternatifs d’interactions sociales est mis en avant.

Les droits économiques et sociaux

Ayant ressenti une forme d’abandon durant cette crise, les jeunes souhaitent également faire valoir leurs droits économiques et sociaux et être en capacité de faire face aux dépenses financières qu’engendre un mode de vie d’étudiant ou encore la perte d’un job étudiant.

Une bourse « Covid-19 » pour soutenir les jeunes les plus en difficulté ou une aide spécifique au logement apparaissent parmi les suggestions.

Les jeunes se montrent aussi préoccupés vis-à-vis de leur futur et suggèrent de mettre en place des formations aux métiers en pénurie ainsi que de rendre plus accessibles les conditions d’accès aux allocations de chômage.

« J’aimerais qu’on puisse au moins survivre décemment » Laura, 21 ans

Coup de projecteur des médias sur l’opération « Mon cri »

La RTBF, qui assurait la couverture info de l’opération « Mon cri  », a donné la parole à plusieurs jeunes qui ont répondu au formulaire. Ces jeunes ont eu l’occasion d’exprimer leur ressenti, de faire part de leurs suggestions pour améliorer leur quotidien à travers divers canaux de communication.

Par exemple, l’émission CQFD, diffusée sur La Première et La Trois, a accueilli Maël et Elio. Ils ont eu l’occasion de s’adresser directement à la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny.

Autre exemple, le témoignage de Yoan. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres jeunes, cette année de crise sanitaire a été très difficile à gérer. Cet étudiant en menuiserie, bénéficiaire du CPAS, vit dans un studio très étroit à Charleroi et confie s’être fort isolé depuis la première vague.

Pour retrouver une vie sociale, il aimerait notamment voir rouvrir certaines activités extérieures. Laisser, par exemple, les circuits de karting fermés est pour lui un non-sens. Car, selon Yoan, ces réouvertures peuvent très bien se faire dans le respect des règles sanitaires. 


Clique sur l’image pour découvrir le témoignage de Yoan

Et la suite de « Mon cri » ?

Plus de 500 messages dont plus de 400 propositions concrètes de jeunes ont été récoltées entre mi-février et mi-mai 2021.

Toutes ces suggestions ont été transmises à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Jeunesse, Valérie Glatigny ainsi qu’à la ministre de l’Éducation, Caroline Désir. Elles ont également été envoyées, par voie numérique et postale, aux membres francophones du Comité de concertation ainsi qu’au Premier Ministre et au ministre de la Santé.

En parallèle, fin avril, Amnesty International Belgique francophone a accompagné quelques jeunes ayant soumis des propositions via « Mon cri  », pour deux échanges en visioconférence, l’un avec Caroline Désir, ministre de l’Éducation, et l’autre avec Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Jeunesse afin de discuter directement avec elles des propositions formulées par les jeunes.

La mise en place d’Assises de la jeunesse, annoncée pour la première fois sur le plateau de CQFD par Valérie Glatigny, lors d’une émission avec des jeunes ayant participé à « Mon cri », a pu être discutée lors de ces rencontres. Certains jeunes « crieurs » ont été invités par la ministre a participé à l’élaboration de ces Assises. Il s’agit d’offrir une occasion pour les jeunes de pouvoir discuter de façon constructive sur les grands enjeux sociétaux. C’est un premier pas encourageant ! À suivre de près !

Pour découvrir les témoignages des jeunes qui ont participé à ces rencontres, clique ici pour la rencontre avec Caroline Désir et clique ici pour la rencontre avec Valérie Glatigny.


Clique sur l’image pour voir la vidéo

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