Les bonnes nouvelles d’avril

Plusieurs libérations de prisonniers d’opinion au Bahreïn, en Turquie, en Égypte et au Myanmar, la peine de mort abolie dans l’État de Virginie des États-Unis, les violences policières condamnées avec un jugement historique aux États-Unis, etc. Voici une mise en bouche des bonnes nouvelles du mois d’avril pour l’avancée des droits humains. Ne tarde plus, découvre-les !

Égypte : libération de prisonniers d’opinion

Le 13 avril 2021, en Égypte, Solafa Magdy et son mari Hossam el Sayed, tous deux journalistes, ont été libérés de prison et ont retrouvé leurs proches, dont leur fils, alors que le parquet de la Sûreté de l’État les avait placé en détention depuis novembre 2019 pour « adhésion à un groupe terroriste » et « diffusion de fausses nouvelles  »

Le savais-tu ? L’Égypte est un pays frontalier de l’État d’Israël. La capitale de l’Égypte est le Caire et la capitale d’Israël (Jérusalem) est quant à elle controversée, car l’Organisation des Nations unies ne reconnait aucune capitale à cet État.

États-Unis : la peine de mort abolie dans l’État de Virginie


La peine de mort a été abolie fin mars dans l’État de la Virginie aux États-Unis. Cette grande victoire est d’autant plus historique, car c’est le premier État de l’ancien Sud ségrégationniste à abolir la peine de mort. La Virginie rejoint ainsi 22 autres États du pays dans cette décision.

Le savais-tu ? Aux États-Unis, la ségrégation raciale a duré de 1875 à 1964. Ce système, mis en place quand l’esclavage a été aboli, consistait à séparer les personnes de couleur noire des personnes de couleur blanche. Les personnes de couleur noire n’avaient donc pas accès aux mêmes écoles, universités,
restaurants, églises, toilettes ou encore bus que les personnes de couleur blanche. Elles étaient
également privées de leurs droits civiques, par exemple le droit de voter ou d’être élu. Cette ségrégation a été mise en place principalement dans les États du Sud du pays.

L’abolition de la peine de mort est donc un symbole fort pour cet État sudiste qui détient le triste record du nombre d’exécutions dans le pays. Encore 27 États continuent à appliquer la peine capitale aux États-Unis : le combat pour l’abolition universelle continue !

Myanmar : Paing Phyo Min et d’autres défenseurs des droits humains libérés


Au Myanmar, le 17 avril, Paing Phyo Min et deux autres membres du collectif d’art Peacock Generation, Paing Ye Thu et Zayar Lwin, ont été libérés de prison plus tôt que prévu. En 2019, ils avaient été condamnés à 6 ans de prison pour avoir critiqué l’armée dans des représentations artistiques.

lls faisaient partie des plus de 23 000 prisonniers libérés lors d’une amnistie générale le jour du Nouvel An au Myanmar.

Le savais-tu ? Peacock Generation est un groupe de jeunes connu pour ses représentations de Thangyat, un art traditionnel du Myanmar qui mêle poésie, comédie, danse et musique. Cette forme d’art se sert de l’humour et de la satire pour aborder des questions sociales. Les représentations publiques de Thangyat ont été interdites par l’armée entre 1998 et 2013.

Bahreïn : un militant de la société civile libéré de prison


Le 9 avril, à la suite d’un appel lancé par Amnesty International, les autorités bahreïnites ont libéré Mohammed Hassan Jawad, également connu sous le nom de Mohammed Jawaz Parveed, une personnalité de la société civile qui avait été condamné à une peine de 15 ans d’emprisonnement pour avoir participé, en février 2011, à des manifestations pacifiques.

En raison de son engagement en faveur des droits humains, Jawad avait déjà été emprisonné dans les années 1980 et 1990, puis en 2007. À cette occasion, son nom a été placé sur une « liste noire » de personnes auxquelles les entreprises publiques et privées ne pouvaient offrir aucun travail.

Après sa dernière arrestation, en mars 2011, il a été placé en isolement et torturé, notamment par l’un des fils du roi de Bahreïn. Un an plus tard, il avait été condamné à 15 ans de prison pour « conspiration visant à renverser le gouvernement par la force et collaboration avec une organisation terroriste au service d’un État étranger ».

Le savais-tu ? Le Barheïn est un État situé en Asie, proche du Qatar et de l’Arabie saoudite. Il est dit « insulaire » c’est-à-dire que c’est un pays composé d’une ou de plusieurs îles ou archipels. Sa capitale est « Manama ».

États-Unis : justice pour George Floyd


« S’il vous plaît, je ne peux pas respirer » suppliait George Floyd, les poignets menottés derrière le dos, tandis qu’un policier était agenouillé directement sur son cou, refusant de bouger pendant sept minutes malgré les nombreux appels à l’aide de l’homme. Lorsque l’officier a finalement retiré son genou, le corps de George était inanimé. Emmené à l’hôpital, il y a été déclaré décédé le 25 mai 2020.

Un an plus tard, le 20 avril, Derek Chauvin, l’officier en question a été reconnu coupable de meurtre dans l’affaire de la mort de George Floyd.

« Aujourd’hui, un jury a amené Derek Chauvin à rendre des comptes pour des actions qui illustrent un système de maintien de l’ordre défaillant. Nul ne devrait s’attendre à ce qu’une interaction avec les forces de l’ordre se termine par la mort. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé pour George Floyd, et pour bien trop d’autres personnes. Les agents qui ont recours à une force excessive, quel qu’en soit le résultat, doivent rendre des comptes devant la justice. C’est ce qui s’est passé au tribunal de Minneapolis aujourd’hui », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif d’Amnesty International États-Unis.

Turquie : libération de l’écrivain et journaliste turc Ahmet Altan


Ahmet Altan, écrivain turc de renommée mondiale, a été libéré de prison dans la soirée du 14 avril et a regagné son domicile. Dans les heures précédentes, la Cour suprême était intervenue en sa faveur après que la Cour européenne des droits de l’homme se soit également prononcée contre sa détention.

Altan avait initialement été arrêté le 9 septembre 2016, avec son frère Mehmet, pour appartenance à une organisation criminelle et pour avoir, à travers une série d’articles, diffusé au public des messages subliminaux évoquant un coup d’État. Le chef d’accusation avait ensuite été modifié pour devenir un soutien extérieur à une organisation criminelle.

En 2018, les frères Altan avaient été condamnés à la prison à vie. Le 4 novembre 2019, Mehmet avait été acquitté tandis que la peine d’Ahmet avait été réduite à dix ans et demi de prison pour l’accusation infondée de « collaboration délibérée et intentionnelle avec une organisation terroriste ».

Ahmet Altan avait été libéré de prison le même jour mais est retourné en prison le 12 novembre en raison de l’appel du procureur contre sa libération. Le 7 janvier 2020, la Cour d’appel d’Istanbul avait ajouté cinq ans et 11 mois supplémentaires à sa peine.

État du Texas aux États-Unis : peine de mort annulée après 45 ans de détention


Depuis que la première sentence a été prononcée le 11 décembre 1975, Raymond Riles - le plus ancien condamné à mort des États-Unis - a dû attendre plus de 45 ans que la Cour d’appel du Texas se prononce en sa faveur.

C’est arrivé le 14 avril : la Cour a jugé que la condamnation à mort était inconstitutionnelle parce que, lors d’un nouveau procès tenu en 1978, le jury n’avait pas été correctement informé que les troubles de santé mentale de Riles, qui se manifestaient par un comportement psychotique et schizophrénique, auraient pu être considérés comme une circonstance atténuante pour demander que sa vie soit épargnée.

La Cour a confirmé l’arrêt Perry v. Lynaugh rendu en 1989 par la Cour suprême fédérale, qui avait annulé la condamnation à mort de M. Perry parce que la loi texane de l’époque exigeait des jurés qu’ils examinent uniquement si l’accusé avait commis un homicide intentionnel et pouvait constituer un danger futur pour la société, sans tenir compte de sa santé mentale.

Maintenant, pour Riles, qui aura 71 ans en juin, une nouvelle peine se profile à l’horizon. L’actuel procureur du comté de Harris, où la peine de mort a été prononcée il y a près d’un demi-siècle, a salué la décision de la Cour.

Relation rompue entre le géant de l’acier « Posco » et le Myanmar


Le 16 avril, le géant sud-coréen de l’acier Posco aurait décidé de mettre fin aux activités de vente d’acier que sa filiale mène de manière conjointe avec Myanmar Economic Holding Ltd (MEHL), le groupe d’entreprises industrielles d’État contrôlé par les militaires auteurs du coup d’État sanglant du 1er février, qui a fait à ce jour au moins 700 morts et 3 000 arrestations.

Compte tenu de l’ampleur des activités de POSCO au Myanmar, cette annonce est une avancée très importante. Elle renforce l’isolement des autorités militaires et accroît la pression déjà grandissante imposée aux autres entreprises en vue de les pousser à mettre fin à leurs relations commerciales avec MEHL.

Malawi : la peine de mort jugée inconstitutionnelle

La plus haute juridiction du Malawi a déclaré le 28 avril la peine de mort « inconstitutionnelle » et a ordonné le réexamen de la sentence de tous les condamnés susceptibles d’être exécutés.

La peine de mort a longtemps été systématique au Malawi pour les prisonniers reconnus coupables de meurtre ou de trahison, et possible pour les viols. Les auteurs de vols avec violence, de cambriolages et d’effractions pouvaient aussi être condamnés à mort ou à la prison à vie.

Avec ce jugement, la peine de mort est de fait aboli dans le pays.

Amnesty International appelle à présent les autres pays d’Afrique subsaharienne à faire de même.

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