La blogeur saoudien Raif Badawi a été libéré !

Raif Badawi avait été condamné à 10 ans de prison en Arabie saoudite pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Il a finalement été libéré le 11 mars dernier. Mais le combat pour le respect de ses droits fondamentaux n’est pas fini car il lui est interdit de quitter son pays, l’Arabie saoudite, pour une durée de 10 ans, et il ne peut donc pas rejoindre son épouse et ses enfants qui vivent au Canada.

Son histoire

Raif Badawi est un blogueur, poète et militant saoudien qui a été arrêté en juin 2012 et condamné en mai 2014 à 10 ans de prison en Arabie saoudite. Il a finalement été libéré le 11 mars 2022.

En plus de sa peine d’emprisonnement, il a été condamné à une interdiction de voyager et d’utiliser les médias sociaux pendant 10 ans après la fin de sa détention, à une amende de 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros), et à 1000 coups de fouet.

Il a reçu 50 premiers coups de fouet sur une place publique de la ville saoudienne de Djeddah en janvier 2015. Si les séances de flagellation ont par la suite été systématiquement reportées – pour raison médicale d’abord, puis pour des raisons non communiquées – Raif Badawi a vécu de nombreuses années sous la menace constante de ce châtiment.

Tu te demandes peut-être si infliger des coups de fouet à un prisonnier, c’est légal. La réponse est non ! C’est un châtiment cruel et inhumain qui est interdit par le droit international et qui constitue une violation de l’interdiction de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Mais qu’est-ce que les autorités saoudiennes reprochaient concrètement à Raif Badawi ? Il a été accusé d’avoir créé un forum en ligne de débat public nommé « Libérez les libéraux saoudiens » dans lequel il aurait « insulté l’islam ». Il ne s’agissait pourtant que d’un site internet consacré au débat social et politique dans lequel il appelait simplement à la fin de l’influence de la religion sur la vie publique. Raif Badawi a donc été emprisonné simplement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Aujourd’hui, Raif Badawi n’est plus en prison, mais il lui est interdit de quitter son pays, il ne peut donc pas revoir son épouse et ses enfants qui vivent au Canada.

Raif Badawi est également le frère de la défenseure des droits humains Samar Badawi, qui a été condamnée en novembre 2020 à cinq ans de prison à l’issue d’un procès inéquitable en raison de son militantisme pacifique pour les droits des femmes, et qui a été libérée en juin 2022. Elle fait également l’objet d’une interdiction de voyager de cinq ans.

Les actions d’Amnesty pour faire libérer Raif Badawi

Dès son arrestation en 2012, Amnesty International a déclaré que Raif Badawi était un prisonnier d’opinion.

Sais-tu ce qu’est exactement un prisonnier d’opinion ? C’est une personne qui n’a eu recours ni à la violence ni prôné son usage mais qui s’est faite emprisonner uniquement en raison de ses caractéristiques (orientation sexuelle, origine ethnique, nationale ou sociale, langue, couleur de peau, sexe ou situation économique) ou de ses convictions (religieuses, politiques ou autres).

Amnesty n’a cessé, depuis lors, d’agir en sa faveur, notamment pour exiger sa libération immédiate et sans condition.

En Belgique, ce soutien s’est traduit par de très nombreuses actions de mobilisation, le lancement d’une pétition – qui a récolté des dizaines de milliers de signatures en Belgique –, l’organisation de divers événements et la mise en lumière de son cas dans le cadre du Marathon des lettres d’Amnesty International. Grâce à la mobilisation de plusieurs groupes locaux d’Amnesty en sa faveur, différentes villes et communes en Belgique (Bruxelles-Ville, Ellezelles, La Louvière, Pont-à-Celles et Vielsalm) ont également publiquement soutenu Raif Badawi.

Demandons le respect de la totalité des droits humains de Raif Badawi !

Aujourd’hui, Amnesty appelle les autorités de l’Arabie saoudite à lever immédiatement et sans condition l’interdiction de voyager et toutes les autres conditions de libération imposées à Raif Badawi.

En Arabie saoudite, les autorités utilisent les interdictions de voyager de manière arbitraire pour réduire au silence, intimider et contrôler tous opposants au régime. La liberté d’expression et la liberté de mouvement sont des droits humains fondamentaux qui sont généralement violés en Arabie saoudite qui maintient, un régime de répression de tous opposants politiques.

Raif Badawi n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres d’activistes des droits humains en Arabie saoudite qui sont arrêté·e·s et emprisonné·e·s de manière arbitraire sans procès équitable et qui voient leur droits fondamentaux bafoués.

Continuons le combat pour le respect de la liberté d’expression en Arabie saoudite !

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