RDC : lutter contre l’impunité

La République démocratique du Congo est un pays d’Afrique centrale dont la capitale est Kinshasa. C’est le quatrième pays le plus peuplé d’Afrique ainsi que le pays francophone le plus peuplé. Depuis 2006, son président est Joseph Kabila fils. Sa population s’élève à 57.5 millions d’habitants dont 31 millions ont moins de 18 ans. Le nombre d’enfants-soldats est estimé à 7000 dont 2600 dans l’Est du Congo.

"Un matin de septembre 2010, Marie quitte sa maison pour aller couper des bananes. Deux soldats arrivent dans la bananeraie. Les soldats l’arrêtent et lui disent que si elle parle, ils la tuent. Elle pouvait entendre des tirs au loin et elle a pensé que son village était en train d’être attaqué. Elle a été violée six fois par un des soldats. Il a insisté pour qu’elle l’emmène chez elle. Quand elle est rentrée au village, elle a vu des soldats en train de piller les maisons. Le soldat a pris un matelas, quatre chèvres et quatre poulets dans sa maison. Puis, il est parti. Tout le village a été pillé. Obtenir justice n’est pas sa priorité. Son premier souci est de survivre et de trouver une assistance médicale, ses enfants ne peuvent pas aller à l’école car elle a tout perdu", Marie, 37 ans mère de huit enfants. Extrait du rapport RDC, il est temps que justice soit rendue, Amnesty International.

Même si la priorité de Marie n’est pas que justice soit rendue contre ses agresseurs, ces derniers ne devraient pas s’en sortir aussi facilement. Ces derniers font partie de groupes armés comme le FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) qui enrôlent les enfants-soldats. La justice est primordiale pour mettre fin à la pratique des enfants-soldats mais aussi pour juger les agressions commises sur les femmes, par les soldats. Sans justice, paix et réinsertion sont tout bonnement impossibles. En effet, si les auteurs de crimes font ce qu’ils veulent sans jamais être punis, des enfants continueront à être recrutés, des femmes continueront à être violées et maltraitées, et des villages entiers continueront d’être pillés et saccagés. Les préjudices causés aux victimes n’étant pas reconnu par la justice, aucune réparation ne leur est accordée.

De plus, lorsqu’une personne veut porter plainte contre un groupe armé, elle ne peut le faire sans risquer sa vie et celle de sa famille. Le manque d’assistance, les discriminations et l’exclusion que subissent les victimes - notamment celles de violences sexuelles - renforcent aussi cette crainte. Bien entendu, le cas de Marie n’est pas un cas isolé. Si la justice n’est pas une priorité, c’est aussi parce que son coût est élevé et que peu d’individus sont informés de la possibilité d’une exonération des frais de justice. Il faut ajouter à cela le problème de la corruption. En effet, très souvent payés en retard voire pas payés du tout, les fonctionnaires n’informent pas les plaignants et s’approprient l’argent des aides. Cela est valable aussi bien pour les victimes comme Marie que pour les enfants-soldats, désireux de s’en sortir. D’autant plus qu’ayant été isolés, la plupart de ses enfants n’ont pas eu accès aux journaux, aux livres ou à internet. Dès lors, ils ignorent comment fonctionne la justice en RDC. Par manque d’informations, ils ne savent pas par où commencer. Beaucoup se tournent vers les ONG, seul espoir d’obtenir réparation.

Ainsi, l’impunité règne en maître en RDC. On peut citer le cas de Bosco Ntaganda, chef des opérations de l’Union des patriotes congolais (UPC). Ntaganda a commis les pires violations des droits humains. Un mandat a été lancé contre lui, en 2006, par la CPI. Il est accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, dont l’utilisation et la participation d’enfants de moins de quinze ans dans des conflits armés. Toutefois, il jouit d’une totale impunité grâce à la protection du gouvernement. De cette manière, Ntaganda n’est pas inquiété par la justice. Toutefois, en 2012, sous la pression internationale, le président Kabila ordonne son arrestation. Il est toujours recherché et beaucoup craignent qu’il s’enfuie au Rwanda, son pays d’origine, qui ne reconnaît pas l’autorité de la CPI.

On peut constater qu’une solution possible à la réparation des crimes commis par ses groupes armés et ses leaders est l’implication de la justice internationale. Celle-ci permet de juger des crimes commis au sein d’un gouvernement, par un particulier ou un Etat, dans un cadre international. Elle se soustraie à la justice du pays lorsque cette dernière n’est pas efficace ou corrompue.

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