Le Tchad : lutter contre la pauvreté

La République du Tchad est un pays d’Afrique centrale dont la capitale est Ndjamena. Sa population s’élève à 11.300.000 habitants dont plus de la moitié a moins de 12 ans. Le nombre d’enfants-soldats est estimé à 7000.

Le pays, ancienne colonie française, obtient son indépendance en 1960. Lié à des dissensions internes, il est le théâtre de troubles quasi-permanents. Différentes ethnies - dont les principales sont les Tawas et les Zaghawas - s’affrontent pour l’accès à l’eau et aux pâturages. Le conflit oppose principalement des agriculteurs sédentaires et des éleveurs nomades. Dès 2004, quelques 200.000 réfugiés en provenance du Soudan, alors en guerre, sont hébergés dans des camps installés le long de la frontière orientale du Tchad, au Darfour. Les tensions s’aggravent alors dans les régions orientales du pays. Les différents groupes s’opposent principalement pour le contrôle des ressources (eau, or, pétrole). Les querelles ont en outre été aggravées par la détérioration des conditions environnementales, particulièrement par la sécheresse. Des milliers de Tchadiens sont obligés de quitter leur terre pour se réfugier dans des camps situés au Darfour.


Camp de réfugiés au Darfour

Les conditions de vie dans les camps sont d’une précarité extrême. Les camps de réfugiés deviennent des lieux de non droit et les enfants en sont les premières victimes. Privés de tout, ils sont à la merci des groupes armés qui sévissent dans la région. Bien que l’entrée dans les camps leur soit interdite, certains groupes arrivent à trouver des stratagèmes pour mener à bien leur campagne de recrutement. Certains jeunes, par manque de projets pour leur avenir, pour aider leur famille, avoir un salaire, ou tout simplement pour fuir la pauvreté, se laissent séduire par la propagande des groupes armés.

« Mes frères aînés n’ont pas rejoint la rébellion. Mon père est âgé. À la maison, nous n’avions pas assez pour tous, donc j’ai voulu améliorer notre situation et m’enrôler dans l’armée pour aider ma famille et ma mère », Mahamane. Extrait du rapport « Un avenir compromis, les enfants recrutés par l’armée et les groupes armés dans l’Est du Tchad », Amnesty International, 2011.

Dans l’armée, les enfants trouvent parfois de la nourriture et des soins – quoique ces derniers ne représentent pas grand-chose. Le Tchad possède pourtant de nombreuses lois protégeant les enfants et notamment lors de conflits armés. Par exemple, en 2007, le gouvernement a adopté un Programme national de retrait, prise en charge transitoire et réinsertion des enfants associés aux forces et groupes armés.

En janvier 2010, suite aux accords de paix entre le Tchad et le Soudan, le gouvernement tchadien - estimant pouvoir protéger seul les populations - demande au Conseil de sécurité de l’ONU le retrait de leurs forces armées. Après leur départ, la situation s’aggrave dans l’Ouest du pays. Les groupes rebellent continuent de
semer la terreur dans les villages de la région du Darfour. Les camps, désarmés, deviennent des cibles pour le recrutement d’enfants-soldats. En 2011, des efforts sont quand même à noter. Le gouvernement tchadien signe avec l’ONU un plan d’action pour lutter contre l’utilisation d’enfants dans les conflits. Depuis, l’armée officielle tchadienne a arrêté d’enrôler des enfants.


Une peinture murale réalisée par un ancien enfant-soldat dans un
centre de réinsertion à N’Djamena, Tchad, 2009, ©AI

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