La torture et le Mexique

Amnesty International a prouvé que le recours à la torture et à d’autres mauvais traitements existait au Mexique depuis plus de 50 ans. Dans les années 1960, 70 et 80, le recours à cette pratique barbare est généralisé et systématique dans le cadre de la « guerre sale » contre des opposants au pouvoir, puis elle s’est élargie à tout personne potentiellement détenue. Et pourtant, Enrique Peña Nieto avant de devenir président du Mexique, affirmait en 2012 dans une lettre adressée à Amnesty International qu’il ne tolèrerait aucun acte de torture.

Les autorités ont souvent fermé les yeux sur le recours à la torture et les mauvais traitements, ou les ont même approuvées de façon tacite, les considérant comme « nécessaires » pour permettre à la police et à l’armée d’arrêter les auteurs présumés d’infractions et de rassurer l’opinion publique. Ainsi, entre 2005 et 2012, le nombre de cas de torture a été multiplié par cinq. Ces dernières années, la violence s’est intensifiée au Mexique et des troupes de l’armée et de la marine sont largement déployées pour combattre les cartels de la drogue et d’autres groupes de crime organisé.

Depuis 2006, 80 000 personnes sont mortes et plusieurs milliers ont disparu au Mexique. Si la plupart d’entre elles avaient été prises pour cible par des bandes criminelles, certaines disparitions forcées sont le fait de la police et des forces de sécurité, parfois avec la complicité de bandes criminelles. Les rares dépouilles de victimes de disparition forcée qui ont été retrouvées par la suite présentaient des traces d’actes de torture et de mauvais traitements.

Mères de disparus à Mexico City © Amnesty International (Photo : Ricardo Ramírez Arriola)

— * QUI SONT LES PERSONNES TORTURÉES ?

Les principales victimes sont souvent les populations les plus vulnérables telles que les femmes, les enfants, les populations indigènes (en particulier celles qui se trouvent dans l’État du Chiapas, de Guerrero ou de Oaxaca). Mais ce n’est pas tout, au Mexique, il est dangereux d’oser dénoncer les abus ou d’être critique face aux politiques ou au gouvernement. Défenseurs des droits humains, opposants politiques, étudiants, journalistes, syndicalistes, etc. sont souvent des cibles faciles. Toute forme de critique ou de remise en question du pouvoir risque donc d’être punie. La torture et les mauvais traitements touchent aussi les femmes, les adolescents, les migrants venus d’Amérique Latine, les personnes soupçonnées de faire partie d’un cartel de la drogue ou encore les membres du mouvement citoyen zapatiste.

— * POURQUOI TORTURE-T-ON ?

Le but principal de la torture au Mexique est d’obtenir des aveux ou de forcer les victimes à se déclarer coupables de crimes qu’elles n’ont pas commis. Elle sert également à obtenir des renseignements ou des noms dans le cadre du trafic de drogue. Lorsqu’il s’agit de membres de gangs ou de groupes d’opposants politiques, la torture a aussi pour objectif de punir, d’intimider ou de faire taire.

— * LES MÉTHODES DE TORTURE.

Amnesty International a relevé de nombreuses techniques de torture et d’autres formes de mauvais traitements utilisées au Mexique contre des détenus, y compris des femmes et des enfants. Citons notamment :
— des menaces de mort ;
— des menaces contre la famille des détenus ;
— des simulacres d’exécution et des menaces de disparition forcée ;
— des passages à tabac ;
— le maintien dans des positions pénibles ;
— l’asphyxie à l’aide de sacs en plastique ou de linges mouillés ;
— l’introduction par la force d’eau gazeuse ou de piment dans les narines des détenus ;
— l’administration de décharges électriques ;
— des viols et d’autres formes de violence sexuelles.

— * QUI SONT LES BOURREAUX ?

Amnesty International ne pense pas que le gouvernement ait pour politique de torturer ou d’autoriser son usage. C’est une pratique profondément enracinée dont se rendent coupables des représentants de l’État (les militaires, les policiers, etc.). Les autorités n’ont pas pour autant cherché à la combattre. Aujourd’hui, la situation est encore plus grave : des policiers et des militaires se rendent fréquemment coupables de violations, par exemple de disparitions forcées et de tortures.

Contrôle policier à Ayutla de los Libres. © Guillaume Herbaut (Institute) pour Amnesty International

— * DANS QUELS LIEUX TORTURE-T-ON ?

La torture et les mauvais traitements prennent généralement place dans les commissariats ou au cours de transferts entre centres de détention. Ils sont également pratiqués dans les prisons, les centres militaires et dans des « maisons de sécurité ».

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