LES MÉDIAS, LIBERTÉ D’INFORMATION OU MOYEN DE CONTRÔLE ?

FICHE D’IDENTITÉ

La République de l’Union du Myanmar (anciennement Birmanie) est un Etat, le plus vaste, d’Asie du sud est. Sa capitale est Naypyidaw. Il est entouré par le Bangladesh, l’Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Malgré de nombreuses richesses naturelles, c’est un pays pauvre où 30 millions de personnes (sur 50 millions) vivent avec moins d’un euro par jour. La population est composée d’une multitude de cultures, reconnues pour certaines réprimées sévèrement pour d’autres. Le bouddhisme est pratiqué par 85% de la population et représente un véritable ciment pour cette diversité culturelle, notamment par sa tolérance aux adaptations locales.

UNE SITUATION PRÉOCCUPANTE

Depuis 1988, le pays est dirigé par une junte militaire considérée comme l’une des plus dictatoriales de la planète. Environ 2200 personnes sont emprisonnées pour avoir ne fussent qu’émis un avis défavorable au gouvernement. Celui-ci n’hésitant pas à les taxer de dissidents dangereux pour la sécurité du pays.

La population est sans cesse contrôlée et soumise à une pression et une peur sans nom. On ne compte plus le nombre de personnes arrêtées et torturées.

LES MÉDIAS, LIBERTÉ D’INFORMATION OU MOYEN DE CONTRÔLE ?

Les médias représentent idéalement un moyen insatiable et libre de communication à travers le monde. Au Myanmar, bien qu’ils soient présents, leur utilisation n’est pas aussi aisée. En effet, l’accès à internet, à la presse locale et étrangère n’est pas permis dans les zones rurales et dans les villes, l’accès y est sporadique. La télévision et la radio, par contre, sont presque partout accessibles. Malheureusement, la plupart des programmes sont au service de la propagande gouvernementale et les actualités sont toutes filtrées par le ministère de l’information.

Les peines encourues sont anormalement graves. Par exemple, l’accès non autorisé à Internet ou l’envoi d’information sur l’économie, la sécurité de l’État ou la "culture nationale" engendre une peine de sept à quinze ans.

UNE JEUNESSE EN ÉBULLITION : des blogs au Hip Hop


La rébellion safran

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Nay Phone Latt

Nay Phone Latt (Nyan Win de son vrai nom) est célèbre pour avoir été l’un des blogueurs birmans de la « rébellion safran » de septembre 2007. Cette rébellion, orchestrée par des moines bouddhistes, était dirigée contre le régime militaire dictatorial.

Il a été le premier à publier des images et des témoignages de cette rébellion, prenant de court le gouvernement qui a immédiatement coupé internet. Nyan Win a été arrêté fin janvier 2008 et condamné à 20 ans et 6 mois de prison ferme. Malheureusement, il n’a pas été le seul. D’autres se sont vus infliger des peines allant jusqu’à 65 ans de prison !

Quand le hip hop dérange

Au Myanmar, plus de 300 rappeurs dont la moyenne d’âge est de 20 ans, représentent la scène hip hop locale. Leur rap évoque la dureté urbaine, la misère, la violence, le désespoir.

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Affiche de concert hip hop

Contrairement à la majorité des jeunes, ils ne vivent pas dans la misère. Ils composent chez eux, bien qu’avec des moyens de production limités et s’abstiennent de tout commentaire politique. En effet, s’ils le font, ils risquent de connaître le même sort que les membre d’Acid Crew, le premier groupe de rap birman, dont deux membres ont été condamnés à sept ans de prison pour propagande antigouvernementale et appartenance à un mouvement de jeunes d’opposition.

La presse nationale s’adresse directement aux parents de ces jeunes. Elle décrit un hiphop incompatible avec le bouddhisme. Au service du gouvernement, celle-ci diabolise le mouvement. Ce qui témoigne de la considération portée à ces jeunes et du "danger" qu’ils représentent pour la stabilité du pays.

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