Livre - L’insoumise de Lhassa de Gyaltsen Drölkar

Dans son livre, L’insoumise de Lhassa, Gyaltsen Drölkar retrace son parcours et raconte comment suite à une manifestation, en 1990, elle fut arrêtée puis jetée dans la tristement célèbre prison de Drapchi, réputée pour être la prison politique la plus redoutable de Lhassa.

Un peu d’histoire !

Le peuple tibétain regroupe quelques 6 millions d’individus. Ceux-ci sont principalement installés dans les frontières de la République Populaire de Chine, et plus particulièrement dans la Région Autonome du Tibet. 140 000 sont éparpillés à travers le monde... en exil !

Depuis des années le 14ème Dalaï Lama, lui aussi en exil, mène une infatigable campagne en faveur de son pays et de son peuple. Il ne cesse de clamer le droit à pratiquer la langue et la culture tibétaine. Contrairement aux accusations de tentatives séparatistes du gouvernement chinois, il ne prône pas l’indépendance du Tibet.

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Tenzin Gyatzo, le 14ème Dalaï Lama

Face aux persécutions chinoises, de nombreuses manifestations ont vu le jour. Ces manifestations ont généralement démarré sous l’impulsion de moines ou de nonnes. Aussi, les monastères sont souvent considérés comme des foyers de résistance.

"L’insoumise", un livre qui témoigne, un livre qui nous parle

Gyaltsen Drölkar, 19ans à l’époque, n’a pas échappé au sort réservé à ceux qui prônent la gloire du Dalaï Lama.

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Gyaltsen Drölkar

Bien que d’un très jeune âge, Gyaltsen fut forcée à travailler dans les pires conditions, à accomplir les tâches les plus répugnantes et à dormir dans une cellule infestée par les rats et autres insectes. Elle faisait, en outre, régulièrement l’objet de torture.

Mais ce sort ne lui était pas particulier. En effet, Gyaltsen subissait les mêmes atrocités que les 13 autres jeunes nonnes, arrêtées elles aussi, lors de la manifestation.

En prison, le chant était devenu, pour ces religieuses, une source vitale de réconfort mais surtout une manière de résister. Ces chansons décrivaient leurs conditions de vie et leur amour inconditionnel envers le Dalaï Lama.

Gyaltsen décrit comment, à force de ruses, celles qui allaient devenir les célèbres « Nonnes chantantes », ont réussi à enregistrer ces chants et à faire sortir les cassettes de prison.

Elle raconte aussi les 8 années de prison supplémentaires et la brutalité accrue des mauvais traitements dues à cet acte de défiance envers le gouvernement chinois.

"Même si nous sommes lacérées par la grêle et le givre, rien ne pourra délier nos mains enlacées"

Ce texte d’une pudeur et d’une dignité bouleversantes révèle pourtant la cruauté avec laquelle sont traités ceux qui ont osé se révolter contre l’oppression.

En écrivant ce livre, Gyaltsen a voulu rendre hommage à ses compagnes et témoigner de l’épreuve inhumaine qu’elles ont vécu.

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L’insoumise de Lhasa, Ed. François Bourin

Plusieurs femmes y perdirent la vie, Gyaltsen, elle, a survécu. Après 12 ans d’incarcération, elle a fuit le Tibet à pied vers le Népal, au péril de sa vie. Elle vit en Belgique depuis 2004.

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