Le viol comme arme de guerre

LE VIOL COMME ARME DE GUERRE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

La violence contre les femmes est souvent utilisée comme une arme de guerre, visant à les punir et à les déshumaniser, mais aussi à persécuter le groupe auquel elles appartiennent. La femme est la première victime du viol comme arme de guerre, mais toute la société dans laquelle elle vit en subit les conséquences, pendant plusieurs générations.

Pour comprendre, il faut essayer d’imaginer les conséquences de ces viols de masse. Traumatismes psychologiques lourds, grossesses non désirées, enfants stigmatisés, car issus de viols, femmes « non mariables », car considérées comme souillées par l’outrage que l’ennemi leur a infligé, destructions de famille, etc.

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Une « fille-mère » avec son bébé dans un refuge au Nord-Kivu en RDC. Elle a accouché après avoir été violée par des hommes armés. « Ma fille ne va pas bien, raconte sa mère, elle est comme ça depuis qu’elle a été gravement traumatisée » © UNHCR /S. Schulman, 2010

Ces sévices sexuels, véritables « bombes à fragmentation », pour reprendre l’expression de Betty Goguikian-Ratcliff, professeure de psychologie à l’Université de Genève, détruisent l’ensemble d’une communauté au plus profond d’elle-même, en déchirant tout son tissu social.

« Quand on essayait de s’enfuir, ils tiraient sur des enfants. Ils ont violé des femmes ; j’ai vu plusieurs fois des Janjawid violer des femmes et des jeunes filles. Ils sont contents quand ils violent. Ils chantent et ils disent que nous ne sommes que des esclaves et qu’ils peuvent faire de nous ce qu’ils veulent. » A., trente-sept ans, originaire de Mukjar au Darfour, Soudan.

Les guerres qui ont eu lieu en Bosnie-Herzégovine et au Rwanda dans les années 1990 ont attiré l’attention sur le niveau des atrocités commises contre les femmes. Les meurtres, les viols systématiques et généralisés ainsi que les autres formes de violence sexuelle ont été utilisés dans le but de démoraliser l’ennemi et de l’exterminer.

Au Rwanda, par exemple, les viols collectifs, les mutilations sexuelles et l’humiliation sexuelle (consistant, par exemple, à faire défiler des femmes de l’ethnie tutsie nues en public) ont été des pratiques courantes pendant le génocide. Les autorités de l’État, le gouvernement central et la police n’ont pas su protéger ces personnes, et dans de nombreux cas, se seraient même associés aux agresseurs.

Pour les femmes qui ont été torturées ou violées en temps de guerre, il est souvent impossible de prétendre à des soins médicaux et à une réparation en justice. Dans l’ex-Yougoslavie, dans le nord de l’Ouganda, dans l’est du Congo et en Inde, la plupart des victimes de viol ne parlent pas par crainte d’être stigmatisées par la société ou repoussées par leur mari. De plus, les services peuvent avoir été en partie ou totalement détruits par la guerre.

« Les femmes ont été, à bien des titres, au centre du carnage du Gujarat, et leurs corps ont servi de champ de bataille... Le corps des femmes a été employé comme une arme dans cette guerre, comme un symbole de dérision ou un moyen de déshonorer les hommes. Pourtant, on demande aux femmes de supporter tout cela en silence. » Extrait d’une enquête menée par un groupe de défense des droits de la femme, Inde, 2002

UNE SOLUTION : LE DROIT HUMANITAIRE

Le droit humanitaire est en fait ce que l’on pourrait appeler le "droit de la guerre". Eh oui, c’est peut-être difficile à imaginer, mais la guerre peut être légale si elle respecte un certain nombre de règles. L’une des règles principales, par exemple, et de ne pas s’attaquer aux civils (femmes, enfants, hommes non-combattants). Lorsqu’un pays ou un groupe armé ne respecte pas une de ces règles, il commet un "crime de guerre", ou plus grave encore, un "crime contre l’humanité".

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Une jeune victime de viol de quinze ans au Kivu en RDC © AI, 2011

Aujourd’hui, après des années de guerres lors desquelles des atrocités ont été commises, il est reconnu que les combattants et les soldats réguliers responsables de violence sexuelle commettent des crimes de guerre et dans certains cas des crimes contre l’humanité.

Aujourd’hui, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité relèvent de la compétence de la Cour Pénale Internationale, chargée de juger les crimes les plus graves au niveau international : crime de guerre, crime de génocide et crime contre l’humanité.

L’article 8 du Statut de la Cour sur les crimes de guerre, défini comme crime de guerre « le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée (…), la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle constituant une infraction grave aux Conventions de Genève ».

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