Orientation sexuelle et identité de genre - Droits et discriminations

Chaque être humain a le droit de contrôler son corps et sa sexualité.
Pourtant, partout dans le monde, des personnes sont confrontées à de nombreuses violations des droits humains en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou perçue.

Nous possédons tous une orientation sexuelle, ainsi qu’une identité de genre. Lorsque l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne se distingue de celle de la majorité, cette personne devient souvent la cible de discriminations ou de violences.

Les droits sexuels et reproductifs doivent garantir à tout être humain le droit de décider si, quand et avec qui il désire avoir des rapports sexuels, avoir des enfants ou se marier sans craindre de discriminations, de pressions ou d’actes de violence. Toute orientation sexuelle ou identité de genre ne peut donc justifier de la discrimination, de la violence, de l’emprisonnement ou de la torture.

Quand les discriminations font partie du quotidien...

Les étiquettes qu’on nous colle à la naissance et durant notre vie sont parfois inconfortables, car tout le monde ne se retrouve pas dans ces rôles assignés (féminin, masculin, hétéro, homo, etc).
Or, quand ces personnes essaient de vivre en dehors de ces étiquettes ou de les critiquer, elles sont encore trop souvent confrontées à la violence, aux stéréotypes et préjugés que nous avons, même inconsciemment.

Sais-tu que l’homosexualité est encore un crime dans plusieurs pays ? Entre 70 et 80 pays criminalisent les relations entre personnes du même sexe et dans près d’une dizaine de ces pays, elles sont punissables de la peine de mort.

Le droit pour les personnes de même sexe de se marier s’acquiert difficilement.

Quant à l’adoption, c’est encore pire, car pour beaucoup de personnes, un enfant devrait avoir un papa et une maman et c’est tout.

Même en Belgique, les comportements homophobes n’ont pas disparu. Faire son coming-out et/ou vivre son homosexualité au grand jour sont encore des calvaires pour beaucoup de personnes...

  • Le sais-tu ?
    • En Belgique, il existe de nombreuses structures qui se battent contre l’homophobie, telle que l’ Institut pour l’égalité des femmes et des hommes , Unia , le Centre interfédéral pour l’égalité des chances . Ces structures enregistrent les discriminations signalées, accueillent les victimes, conseillent les individus, et éventuellement aident les victimes à porter plainte. C’est confidentiel et anonyme.

Quand on est femme ET lesbienne, alors là ça peut être encore pire car ces personnes sont doublement discriminées.... Elles sont même parfois discriminées par les gays... En plus des violations subies en tant que personnes homosexuelles, elles sont victimes de violences spécifiques basées sur le genre. Il s’agit le plus souvent d’agressions sexuelles allant jusqu’au viol. Cette pratique s’est banalisée dans certains pays, comme en Afrique du Sud ou aux États-Unis. Les responsables de ces agressions sont souvent les forces de police ou l’armée.

De nombreux témoignages rapportent la pratique du viol curatif de lesbiennes, parfois à la demande des parents. L’impression que leur fille a trahi sa culture pousse certaines familles à planifier des viols, dans le but de la «  corriger  », et parfois de la rendre enceinte de force.

"Ils m’ont enfermée dans une pièce et l’ont fait venir chaque jour pour qu’il me viole, que je tombe enceinte et que je sois obligée de me marier avec lui. Et tout ça jusqu’à ce que je tombe enceinte...".
Témoignage d’une adolescente lesbienne zimbabwéenne, que ses parents ont fait violer à de nombreuses reprises par un homme plus âgé pour la « corriger ».

Les femmes défenseures des droits des personnes LGBT+ sont particulièrement ciblées par ces violences. En avril 2011, Noxolo Nogwaza, militante sud africaine pour les droits des LGBTI, a été violée et assassinée en raison de son orientation sexuelle. Depuis, Noxolo est devenue un symbole de lutte pour la défense des droits sexuels et reproductifs.


© AFP/Getty Images
Ouganda - Une femme proteste contre une lois criminalisant l’homosexualité (condamnation à l’emprisonnement et obligation de dénoncer les comportements homosexuels) et le port de vêtements indécents pour les femmes.

Concernant les personnes trans, beaucoup de pays les obligent aujourd’hui à être stérilisées afin de pouvoir changer légalement de sexe. Pour obtenir un changement d’état civil, la personne doit donc subir une ablation de ses attributs sexuels natifs (ligature des trompes pour la femme et vasectomie pour l’homme) ou la création d’organes artificiels. Il faut aussi qu’un psychiatre dise que cette personne souffre de "dysphorie de genre", comme si c’était une maladie. Dans le cas d’une femme, elle doit renoncer à pouvoir avoir des enfants. En Suède, la loi sur l’identité sexuelle de 1972 imposant une stérilisation aux personnes transsexuelles souhaitant modifier leur état civil a été abolie en janvier 2013. Elle rejoint ainsi l’Allemagne et la Suisse qui sont actuellement les seuls pays européens à avoir modifié la loi en ce sens.

En Belgique, une des conditions pour changer officiellement de sexe est de « ne plus être en mesure de concevoir des enfants conformément à son sexe précédent  » (loi du 10 mai 2007).

Certaines personnes refusent de passer par tout ce processus douloureux et humiliant. Or quand le sexe affiché sur notre carte d’identité ne correspond pas à notre physique, il faut sans cesse expliquer, justifier... et être jugé. Les comportements transphobes sont aussi courants, poussant à la dépression, le suicide...

  • Le sais-tu ?
    • La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie a été créée en 2004 pour attirer l’attention des décideurs, du public et des médias sur ces questions. Elle a lieu le 17 mai de chaque année pour commémorer la décision de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 1990, qui a cessé de considérer l’homosexualité comme un trouble mental.


© Benjamin Girette

Trop de personnes intersexuées subissent des mutilations génitales à leur naissance. En effet, les médecins ne sachant si le nourrisson est un mâle ou femelle, ils effectuent des opération visant à "corriger l’erreur". Le nourrisson bien sûr n’a pas son mot à dire. Ces mutilations peuvent être traumatisantes, important le développement personnel et identitaire des victimes...

Pour encore trop de personnes, ces sujets ne sont pas connus, ou n’ont pas d’importance. Les médias en parlent peu, les politiciens et politiciennes y accordent peu d’importance. Pourtant, ces violences sont quotidiennes. Tellement quotidiennes qu’elles en deviendraient normales ! Il faut lutter contre l’idée que « c’est normal », contre l’idée qu’il n’y a qu’une manière d’être une femme, qu’une manière d’être un homme, qu’une manière d’aimer et de vivre avec une autre personne, qu’une manière d’avoir une famille.


Biélorussie – La police a arrêté les participants d’une manifestation LGBT+ à Minsk, en 2010

© VICTOR DRACHEV/AFP/Getty Images

Qu’en disent les droits humains ?

La question des droits des personnes LGBT+ est encore très controversée au niveau international. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ne fait aucune mention de l’orientation sexuelle. Progressivement, l’Organisation des nations unies (ONU) a affirmé l’obligation des États de garantir à tous une protection efficace contre toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

  • La Déclaration universelle des droits de l’homme, 1948

Signée en 1948 par les Nations unies, la Déclaration universelle des droits humains dit dans son article 1 que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Cette déclaration - qui n’a pas de force obligatoire, mais qui représente un idéal à atteindre pour nos pays - s’oppose aux relations de domination d’une personne sur une autre, d’un groupe sur un autre. Domination des hommes sur les femmes, des blancs sur les noirs et, si on continue la logique, des personnes hétérosexuelles sur les homosexuelles par exemple. L’article 2 dit aussi que ces droits s’appliquent «  sans distinction de race, de couleur, de sexe, etc  ». L’article 16 dit que toute personne a des «  droits égaux au regard du mariage  ». Chaque personne a le droit d’être qui elle veut et d’être avec qui elle veut.

Bien sûr, nous ne sommes pas tous et toutes pareils et des différences physiques existent (sexe, âge, couleur de peau), mais cela ne peut pas justifier l’inégalité et les discriminations.


© Benjamin Girette

Avec le droit, c’est souvent une question d’interprétation. Les défenseurs des droits LGBT+ insistent sur une lecture extensive et évolutive des droits humains. C’est l’idée que l’application de ces droits doit évoluer en fonction des sociétés, de l’évolution des mentalités. Il y a un siècle, les femmes étaient dénuées de droits, aujourd’hui, elles sont devenues des sujets de droit à part entière : ces droits ne sont donc pas figés. Il faut donc étendre l’interprétation des droits humains aux revendications LGBT+, reconnaitre les discriminations que ces personnes vivent et lutter contre. Leurs détracteurs au contraire défendent une lecture restrictive des droits humains, refusant de reconnaitre que ces droits ne sont pas figés. Pour beaucoup de pays encore, l’homosexualité, la transidentité sont considérées comme des anomalies qu’il faut condamner...

  • Les principes de Jogjakarta, 2007

Ces principes ont été adoptés en 2007. Ils sont très importants pour les communautés LGBT+ parce que c’est le premier texte international dédié à ces questions ! Ce n’est pas une norme internationale que les États ont signée : il s’agit de principes écrits par des juristes, mandatés par des ONG, etc. L’idée est de bâtir des principes juridiques internationaux pour s’opposer aux violations des droits humains fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

D’ailleurs, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a reconnu en ces Principes de Jogjakarta un outil très utile pour recenser les obligations des États de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits humains de chaque individu, quelle que soit son identité́ de genre.


Sakris Kupila ouvrant des lettres de solidarité rédigée dans le cadre du marathon des lettres 2017 d’Amnesty International
© Tomi Asikainen /Amnesty International

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