TON ORIENTATION SEXUELLE, TON CHOIX !

Nous possédons tous une orientation sexuelle, ainsi qu’une identité de genre. Lorsque l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne se distingue de celle de la majorité, cette personne devient souvent la cible de discriminations ou de violences.

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Gay pride d’Istanbul, 2010. (c) Vedat Ar ?k

Orientation sexuelle, identités de genre : c’est quoi ?

L’orientation sexuelle, ce sont les inclinations, les pratiques et les désirs sexuels d’une personne. Elle peut avoir pour objet des personnes du même sexe ou de sexe différent (orientation homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle).

L’identité de genre se rapporte à la manière dont une personne se définit par rapport à la masculinité ou à la féminité. Il peut exister une divergence entre l’identité de genre d’une personne et ses caractéristiques sexuelles ou physiologiques.

Les droits sexuels et reproductifs doivent garantir à tout être humain le droit décider si, quand et avec qui il désire avoir des rapports sexuels, avoir des enfants ou se marier sans craindre de discrimination, de pressions ou d’actes de violence. Toute orientation sexuelle ou identité de genre ne peut donc justifier de discrimination, de violence, d’emprisonnement ou de torture.

Que dit le droit international ?

La question des droits des personnes LGBT (lesbienne, gay, bisexuel et transgenre) est encore très controversée au niveau international. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ne fait aucune mention de l’orientation sexuelle. Progressivement, l’Organisation des nations unies (ONU) a affirmé l’obligation des États de garantir à tous une protection efficace contre toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

Il faut attendre 2007 pour que les Principes de Jogjakarta soient présentés devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. C’est un texte de principes qui permet de guider les États dans la mise en place de législations respectueuses des droits des personnes LGBT. Si en théorie, de nombreux pays s’engagent à respecter leurs droits, en pratique, de nombreuses violations ont lieu aux quatre coins du monde.

L’homophobie

On nomme homophobie toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d’exclusion ou de violence à l’encontre d’individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels.
Un acte homophobe, c’est refuser dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne en raison de son homosexualité réelle ou supposée. C’est aussi l’agression physique, écrite ou verbale, la diffamation à l’égard de personnes (hommes ou femmes) au seul motif d’une homosexualité vraie ou supposée. C’est également l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination. C’est enfin, la négation de l’homosexualité ou la gêne provoquée lorsque le sujet est abordé.

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"La marche de la normalité", contre-manifestation organisée en Pologne une semaine après la "marche de l’égalité" pour les personnes LGBT. (c) AI, 2005

Les homosexuels enfants et adultes, partout dans le monde, sont victimes de violations de leurs droits humains  : violation des droits de l’enfant ; torture et traitements cruels, inhumains et dégradants ; détentions arbitraires liées à l’identité ou aux croyances ; restriction de la liberté d’expression, d’association et des droits élémentaires à une procédure régulière etc. L’ Arabie Saoudite, le Yémen, l’Iran, le Nigeria, l’Afghanistan, le Soudan et la Mauritanie continuent d’imposer la peine de mort pour des relations consensuelles homosexuelles .

La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie a été créée en 2004 pour attirer l’attention des décideurs, du public et des médias sur ces questions. Elle a lieu le 17 mai de chaque année pour commémorer la décision de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 1990, qui a cessé de considérer l’homosexualité comme un trouble mental.

Femmes et homosexualité : la double discrimination

Dans de nombreux pays, les lesbiennes sont doublement discriminées, en tant que lesbiennes et en tant que femmes. Elles sont même parfois discriminées par les gays. En plus des violations subies en tant que personnes homosexuelles, elles sont victimes de violences spécifiques basées sur le genre. Il s’agit le plus souvent d’agressions sexuelles allant jusqu’au viol. Cette pratique s’est banalisée dans certains pays, comme en Afrique du Sud ou aux États-Unis. Les responsables de ces agressions sont souvent les forces de police ou l’armée.

De nombreux témoignages rapportent la pratique du viol curatif de lesbiennes, parfois à la demande des parents. L’impression que leur fille a trahi sa culture pousse certaines familles à planifier des viols, dans le but de la « corriger  », et parfois de la rendre enceinte de force.

"Ils m’ont enfermé dans une pièce et l’ont fait venir chaque jour pour qu’il me viole, que je tombe enceinte et que je sois obligée de me marier avec lui. Et tout ça jusqu’à ce que je tombe enceinte...". Une adolescente lesbienne zimbabwéenne, que ses parents ont fait violer à de nombreuses reprises par un homme plus âgé pour la « corriger ».

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Les femmes défenseures des droits des personnes LGBT sont particulièrement ciblées par ces violences. En avril 2011, Noxolo Nogwaza, militante sud africaine pour les droits des LGBT, a été violée et assassinée en raison de son orientation sexuelle. Depuis, Noxolo est devenue un symbole de lutte pour la défense des droits sexuels et reproductifs.

Transsexuels et stérilisations forcées

Beaucoup de pays obligent aujourd’hui les personnes transsexuelles à être stérilisées afin de pouvoir changer légalement de sexe. Pour obtenir un changement d’état civil, la personne doit donc subir une ablation de ses attributs sexuels natifs (ligature des trompes pour la femme et vasectomie pour l’homme) ou la création d’organes artificiels. Dans le cas d’une femme, elle doit renoncer à pouvoir avoir des enfants. En Suède, la loi sur l’identité sexuelle de 1972 imposant une stérilisation aux personnes transsexuelles souhaitant modifier leur état civil a été abolie en janvier 2013. Elle rejoint ainsi l’Allemagne et la Suisse qui sont actuellement les seuls pays européens à avoir modifié la loi en ce sens. En Belgique, une des conditions pour changer officiellement de sexe est de « ne plus être en mesure de concevoir des enfants conformément à son sexe précédent » (loi du 10 mai 2007).

Que demande Amnesty ?

 La dépénalisation de l’homosexualité, lorsque la législation du pays la condamne encore ;
 La révision de toute loi permettant l’exécution des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre (puis, à terme l’abolition de la peine de mort, la flagellation, et tous les châtiments cruels, inhumains et dégradants ;
 La libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers d’opinion détenus uniquement en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre, réelle ou présumée ;
 Faire en sorte que les informations et allégations faisant état de violations des droits humains basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre donnent lieu à des enquêtes rapides et impartiales ;
 Le jugement des auteurs des violations des droits humains basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ;
 La mise en place de mesures législatives et administratives pour interdire et éliminer les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à tous les stades des procédures de justice ;
 Mettre un terme aux discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre dans les lois relatives au mariage civil, et reconnaître les « familles choisies » lorsque le cas se présente, y compris lorsque des frontières ont été franchies ;
 Assurer une protection adéquate de ceux qui militent pour la défense des droits humains dans le contexte de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.

Petit lexique :

La dépénalisation : dépénaliser signifie qu’un acte ou une pratique (ici l’homosexualité) échappe à la sanction pénale. Dépénaliser ne signifie pas légaliser.

Le genre : construction sociale et culturelle qui établit pour chaque sexe les rôles et comportements qui sont considérés comme appropriés.

Transgenre : situation d’un individu dont l’identité de genre est différente de ses apparences et attributs sexuels.

Transsexuels : personne qui souhaite, est en cours ou a changé de sexe.

Stérilisation : méthode de contraception de long terme qui peut être réalisée par voie chimique ou chirurgicale.

Pour aller plus loin...

Le documentaire "Call me Kuchu" sur David Kato, défenseur des droits LGBT en Ouganda

Attention, cette vidéo contient des images qui peuvent choquer. N’hésite pas à les regarder avec un adulte.

Plus d’informations sur les droits sexuels et reproductifs

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