Les stéréotypes et leurs conséquences sur les femmes dans le monde

La question du genre : qu’est ce que c’est ?

Tout d’abord, le genre est différent du sexe. Le sexe est un attribut naturel et biologique que possèdent les hommes et les femmes, et qui implique des différences physiologiques (les poils, la taille, etc.) Le genre n’a en revanche rien de naturel : la société, la culture, ont construit une image qui correspond à chaque sexe que nous assimilons dès l’enfance. Chaque sexe reçoit donc un rôle construit, qu’il est en général très difficile de remettre en cause. Par exemple, on attribue généralement aux femmes le rôle de mère, sachant naturellement s’occuper des enfants et du foyer, alors qu’on considère l’homme naturellement capable de bricoler, de faire de la mécanique…

Alors, vouloir l’égalité des genres, comme le souhaite Amnesty International, qu’est ce que cela signifie ? Est-ce vouloir supprimer les différences naturelles entre hommes et femmes ? Non. Mais c’est vouloir anéantir toutes les images préconçues sur les hommes et les femmes partout dans le monde. Une femme n’est pas destinée à mieux s’occuper des enfants qu’un homme. Cette idée reproduite à travers le monde a par exemple comme conséquence dans certains pays d’obliger les femmes à rester à la maison, de ne pas ou peu étudier, ce qui implique qu’elles ont beaucoup de difficultés à trouver un travail et à gagner un salaire , et ne sont donc pas indépendantes.

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Militants de la campagne pour l’égalité, 2008, Iran. (c) R. Asgarizadeh

Les stéréotypes, qu’est ce que c’est ?

Les images préconçues, ou stéréotypes sur un individu ou une chose sont fréquents. Par exemple, associer le port d’une jupe à une femme permet à l’enfant de faire des liens rapides, notamment en allant aux toilettes et de comprendre plus facilement son environnement. En ce sens, les stéréotypes ne sont pas nécessairement une mauvaise chose. Mais dans la majorité des cas, on glisse rapidement vers les préjugés.

De manière très générale, dans de nombreux pays, la femme est vue comme étant inférieure à l’homme sur le plan de la force, l’intelligence, la maîtrise des émotions… mais plus douce, aimante que l’homme, plus précise et douée pour les tâches ménagères. Cela justifie le fait de l’associer à la maison, à l’environnement familial et de l’exclure de l’éducation ou encore des milieux de décision, comme la direction d’une entreprise ou la politique. Par exemple, les femmes gagnent un salaire généralement plus bas que celui des hommes, ce qui a pour conséquence de les rendre moins indépendantes, car devant souvent se reposer sur le salaire du mari. Par ailleurs, certains métiers intellectuels, manuels et physiques sont souvent attribués aux hommes, comme le métier de médecin, plombier ou ouvrier alors que d’autres métiers en relation avec la maison ou les enfants sont attribués aux femmes comme femme de ménage ou sage-femme. Bien que les femmes travaillent aussi, elles s’occupent la plupart du temps des enfants et occupent rarement un poste important, comme un poste de direction (20% de chefs d’entreprise en Belgique sont des femmes).

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Camps de réfugiés de Mogadiscio, Somalie. La pauvreté regnant dans les camps de réfugiés favorise très souvent la violence sexuelles. (c) AI

Les stéréotypes dans la vie de tous les jours

En ce qui concerne l’éducation, les filles et les femmes sont encore victimes d’exclusion et de préjugés. Les trois quarts des adultes illettrés dans le monde sont des femmes. De plus, les filles se retrouvent plus souvent en sciences humaines et les garçons dans les filières scientifiques et liées au mode technologique. Cela aura également un impact dans la répartition des salaires. Même dans les manuels scolaires belges on retrouve des préjugés sur les filles et les garçons : les images des livres représentent majoritairement des garçons, et lorsqu’on représente des personnes effectuant une activité physique ou en extérieur, il s’agit généralement d’hommes. Il y a plus d’héros que d’héroïnes. Cela sous-entend que les hommes sont plus actifs, et qu’ils sont plus à l’aise pour s’occuper des affaires extérieures, alors que les femmes sont censées être plus à l’aise pour s’occuper des affaires privées : le ménage, la cuisine, les enfants…

Cette image de la femme, présentant généralement celle-ci comme inférieure à l’homme est présente partout, dans notre vie quotidienne, c’est pour cela que cela ne nous choque pas, et que les inégalités persistent. Il nous apparaît alors normal que les femmes gagnent moins d’argent que les hommes, car on a l’idée qu’elles sont plus faibles, moins intelligentes… La publicité, la télévision, les livres ou encore les jouets ont un rôle très important dans la propagation de cette image. On offre souvent des poupées aux filles, et des jouets mécaniques ou de guerre aux garçons. C’est l’idée que la fille est plus douée pour s’occuper d’un bébé, et que l’homme est plus actif et qu’il doit savoir s’occuper d’activités manuelles, parfois violentes.

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Camp de réfugiés au Darfour. © Amnesty International, 2005

Violence et sexisme : conséquences des stéréotypes

Le sexisme (la domination d’un sexe sur l’autre) et la violence envers les femmes sont liés aux préjugés que peuvent avoir les individus. Les exemples ne manquent pas. Ainsi, on observe couramment que, dans l’esprit d’une partie des hommes, une femme en jupe est une « fille facile », qui veut attirer les hommes. Cela peut justifier qu’on aille lui parler dans la rue de façon agressive, ou qu’on essaye de la toucher. Ces préjugés ne sont pas toujours masculins : des femmes peuvent également avoir un tel comportement, ce qui rend la lutte contre les préjugés encore plus difficile. Ainsi, l’égalté de genre, si on souhaite l’atteindre, doit être soutenue par les hommes et par les femmes. Il ne s’agit pas d’abaisser la situation des hommes au profit de la situation des femmes, mais faire en sorte que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, et les mêmes possibilités, mais aussi faire en sorte que les rôles généralement considérés comme féminins, comme l’entretien de la maison, par exemple, ne soient pas méprisés par les hommes. Généralement, le sexisme renvoie une image méprisante des activités attribuées aux femmes, comme la cuisine, ou le ménage, car non viriles. L’image de la virilité impose aux hommes qu’ils soient forts, montrant peu leurs émotions, en contradiction avec l’image de la femme douce et sensible. Cela peut amener une certaine violence envers les femmes, car il faut prouver que l’homme est supérieur.

Les stéréotypes qui touchent les femmes se retrouvent également dans la culture et la tradition des pays, ainsi que dans la loi. La culture et la tradition des pays sont liées à leur histoire, leur situation géographique, etc. Elles ont une influence directe sur les comportements : la langue, l’apparence… Cependant, certaines coutumes s’opposent aux règles internationales, et perpétuent des pratiques discriminatoires et violentes. Amnesty International souhaite que les pays respectent avant tout la réglementation internationale plutôt que leurs coutumes si elles sont contraires à la dignité et aux droits humains, comme l’excision par exemple. De plus, la plupart des États du monde se sont engagés à respecter la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) de l’ONU de 1979.

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Une femme participe à un atelier d’Amnesty et lit un rapport sur la violence sexuelle dans les bidonvilles à Nairobi, au Kenya, 2010. © Amnesty International

Ainsi, même si les stéréotypes ne semblent pas être très dangereux à première vue, ils ont des conséquences énormes sur la façon dont nous percevons les hommes et les femmes, et nous poussent à agir d’une certaine façon, sans vraiment comprendre pourquoi. C’est pour cela qu’Amnesty souhaite analyser certains préjugés, afin de les comprendre et de les combattre.

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