BOSNIE : demande justice pour les victimes de violences sexuelles

Lorsque la guerre d’ex-Yougoslavie a eu lieu, entre 1991 et 1995, tu n’étais pas né, ou en tout cas pas en âge de comprendre ce qu’il se passait. Cela peut te paraître de l’histoire ancienne, et tu n’as pas envie de t’y intéresser car c’est du passé.

Et pourtant, des milliers de femmes victimes de violences sexuelles pendant ce conflit se battent encore aujourd’hui, plus de 20 ans plus tard, pour obtenir des réparations. En effet, le gouvernement de Bosnie-Herzégovine n’a pas pris toutes les mesures pour juger et punir les coupables de violence en temps et en heure. Rien n’a été fait pour leur venir en aide.

Aujourd’hui, les victimes n’ont toujours pas obtenu de réparation. Elles ont pourtant besoin d’assistance psychologique, social et financière. Ce droit est pourtant inscrit depuis des décennies dans le droit international. Il ne s’applique pas en Bosnie-Herzégovine où l’on indemnise en priorité les anciens combattants…

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Mission en Bosnie-Herzégovine d’Amnesty International, novembre 2011 ©AI

C’est pourquoi Amnesty International soutient aujourd’hui la pétition lancée par plusieurs ONG bosniennes qui apportent bénévolement leur soutien à ces femmes, comme Vive Zene, installée dans la ville de Tuzla, où elle prodigue à ces femmes soins médicaux et soins psychologiques gratuits et dispose d’une clinique qui est un havre de paix pour les victimes. Vive Zene les aide aussi à se réintégrer dans leur village quand elles souhaitent retrouver leurs racines, fut-ce en République serbe de Bosnie (Republika Srpska ou R.S.) où vivaient beaucoup d’entre elles, avant d’être faites prisonnières par les soldats serbes.

La pétition demande au gouvernement d’adopter un projet de loi sur les droits des victimes de torture et des victimes civiles de la guerre. En 2013, l’Etat central n’a toujours pas adopté ce dernier alors qu’il permettrait aux victimes de violences sexuelles de mieux faire valoir leur droit à des réparations.

Actuellement, on estime à environ 200.000 personnes les victimes de torture et de viols et les membres de leurs familles. Sachant qu’il s’agit de survivantes puisque beaucoup de ces femmes sont mortes pendant la guerre. Aujourd’hui les femmes croisent parfois leurs anciens bourreaux dans la rue qui n’ont jamais été traduits en justice ni même inquiétés. Elles vivent pour la plupart dans la misère, puisqu’elles sont devenues soutien de famille après la mort de leurs maris ou de leurs frères pendant le conflit des années 1990, et sont souvent incapables de travailler compte tenu des séquelles physiques et psychologiques des tortures qu’elles ont endurées. Elles ne sont pas indemnisées et n’ont pas les moyens financiers de se soigner.

Vingt ans après la guerre, il est temps que la Bosnie-Herzégovine prenne les mesures qui s’imposent. Clique ici et signe la pétition, pour demander au gouvernement bosniaque d’agir, enfin, pour les victimes de violences sexuelles.{{}}

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