Gégé Katana et l’association Solidarité des femmes activistes

Tous les ans, à l’occasion de la Fête des mères, Amnesty International Belgique propose une action de solidarité pour des femmes qui ont besoin de soutien. En 2014, nous te proposions d’envoyer des messages aux femmes victimes de violences sexuelles et à leurs enfants, suivis par notre association partenaire congolaise, la SOFAD.

Gégé Katana, dit « Maman Gégé », est une éminente défenseure des droits humains. Partenaire d’Amnesty depuis des années, elle est venue au mois de janvier 2014, en Belgique, afin de parler de notre campagne Mon corps mes droits.

En 2001, Gégé Katana crée l’association Solidarité des femmes activistes pour la défense des droits humains (SOFAD), à Uvira, Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Cette association fait campagne contre la violence sexuelle, apporte un soutien aux victimes et mène un travail de sensibilisation afin que les femmes puissent défendre leurs droits.

Le travail de la SOFAD (Solidarité des femmes actives pour la défense des droits humains)

La SOFAD est une ONG de la République démocratique du Congo fondée en 2001. La région dans laquelle elle travaille, le Kivu, est souvent en proie à des conflits armés entraînant des violations massives des droits humains et notamment des droits des femmes. Les violences sexuelles y sont très répandues. La SOFAD a pour mission notamment de lutter contre la pauvreté, la violence et l’injustice faites aux femmes et aux jeunes filles. Elle accompagne également les femmes à mener des campagnes auprès du gouvernement pour changer les lois discriminatoires vis-à-vis des femmes (mariage, divorce, etc.). Enfin, elle accompagne les enfants des femmes victimes de violences sexuelles, car ils sont très souvent eux-mêmes victimes de discrimination.

Les résultats de la sensibilisation sont impressionnants.

Beaucoup de femmes se rendent auprès de la SOFAD. Par ailleurs, elle compte de plus en plus de membres, ce qui n’est pas toujours sans conséquence. Ce mouvement fait peur aux hommes, les femmes qui y adhèrent risquent par conséquent de ne pas pouvoir trouver de mari.

La SOFAD a également créé des noyaux de paix. Les femmes ont ressenti la nécessité de mettre en place des structures de paix qui essaient, dans chaque quartier, de suivre ce qui se passe et de dénoncer les violations. Ces noyaux sont des groupes de dialogue et des espaces vers lesquels les femmes peuvent se tourner lorsqu’elles rencontrent un problème. On montre aux femmes comment elles doivent défendre leurs droits et dénoncer ce qui doit l’être. Beaucoup de maris ont quitté les femmes qui font partie de ces groupes.
Ces noyaux ont pour vocation de créer un mouvement social solide et de constituer des piliers non seulement dans chaque province, mais également dans la sous-région. En effet, la SOFAD ne s’occupe pas que de victimes congolaises, mais également de victimes burundaises et rwandaises. Toutes les tribus sont d’ailleurs représentées au sein des noyaux.

La SOFAD compte aujourd’hui 64 ONG partenaires.

Les risques d’un tel travail

Le travail de défenseurs de droits humains comme celui de Maman Gégé n’est pas sans risque. Le fait que la SOFAD veuille se doter d’une existence sociale ou politique ne plait pas, car les femmes ne devraient pas se faire entendre, or leurs voix sont de plus en plus fortes.
L’engagement de Maman Gégé en faveur des droits humains lui a déjà valu des menaces, des arrestations arbitraires, sa maison a déjà été saccagée plusieurs fois. Par ailleurs, en raison de son travail avec les femmes indépendamment de leur origine, la SOFAD est régulièrement accusée de travailler avec l’ennemi par les uns et les autres, et implique parfois de placer des membres de la SOFAD en résidence surveillée. La création de la SOFAD a d’ailleurs coûté la vie à certains de ses membres et d’autres ont dû être placés dans des résidences surveillées. Amnesty a, entre autres, aidé à la sauvegarde de ces personnes.

Les besoins de la SOFAD

Les besoins de la SOFAD sont encore nombreux. Si certains soins existent, il n’y a pas toujours de médecin ou d’équipement spécialisé, de suivi en cas de rechute, de facilités de transport pour avoir accès aux structures de soins. Il y a également un manque de professionnel pour accompagner les victimes ou alors leur coût est trop élevé. La SOFAD a en outre besoin d’avoir accès à la nouvelle technologie en matière de communication afin de pouvoir diffuser l’information le plus largement possible. Elle a encore besoin de chercheurs et bien sûr de fonds pour financer tous leurs besoins.

  • « On m’appelle parfois la Dame de fer, mais j’ai toujours pensé qu’on pouvait faire davantage. Je n’ai pas peur, il y a tant de personnes qui comptent sur nous. La lutte doit continuer ».
  • C’est grâce à ce type d’association qu’Amnesty International réussit à récolter des informations sur ce qui se passe sur place, dans les zones les plus inaccessibles.

QUE PEUX-TU FAIRE ?

PNG - 531.7 ko
Maman Gégé et son équipe

« Lors d’une réunion sur les droits humains à Uvira, j’ai rencontré Amnesty International. Amnesty m’a aidé à récupérer mes biens, à mener des recherches et des actions de plaidoyer. »

En 2005, Amnesty International avait déjà mené une opération de solidarité pour les femmes de la SOFAD. Gégé Katana se félicitait alors du projet. Non seulement les femmes du centre se sont senties moins seules et écoutées, mais cette action avait permis aussi à l’ONG d’être mieux reconnue et protégée. La SOFAD avait alors organisé une cérémonie de lecture des 9 000 messages reçus, en présence des autorités locales (administration, justice, police, etc.).

En 2008, des jeunes belges faisant partie du groupe Amnesty dans leur école sont partis à la rencontre de maman Gégé et de son équipe.

En 2014 encore, une cérémonie en présence des autorités sera organisée et les personnes invitées devront tirer des messages et les lire en public.

Pour prendre contact avec la SOFAD : http://sofadinternational.org/contact

Rejoins un de nos groupes-écoles actifs !

...

Je m’inscris