MURHABAZI, UN HOMME D’EXCEPTION LE BVES UN CENTRE DE TRANSITION

Depuis de 50 ans, les individus victimes de violations des droits humains sont au cœur du travail d’Amnesty. C’est gra ?ce au travail de de ?fenseurs des droits humains, dont vous faites partie, que les choses peuvent changer et que le combat mene ? prend un sens.
Durant cet e ?te ? 2011, deux militantes d’Amnesty International (les responsables des campagnes et du secteur jeunes) sont partis sur le terrain accompagne ?es de deux came ?ramen afin de rencontrer Murhabazi Namegabe, un partenaire d’Amnesty, qui se bat tous les jours contre l’enro ?lement des enfants soldats.

MURHABAZI appelé MOUNA lutte depuis toujours pour les droits humains et plus particulie ?rement pour les droits des enfants. Il a reçu le Prix des Enfants du Monde 2011 pour son long et dangereux combat de plus de 20 ans en faveur des enfants dans la Re ?publique de ?mocratique du Congo, pays ravage ? par la guerre.

  • MURHABAZI "CELUI QUI AIDES LES AUTRES"
    Murhabazi n’e ?tait pas encore ne ? quand il rec ?ut sa premie ?re menace de mort. En 1964 la guerre faisait rage a ? Bukavu, dans l’ouest du Congo et Julienne, sa me ?re qui e ?tait enceinte, courait dans les petites ruelles pour e ?chapper aux combats. Elle n’avait pas vu les barrages des soldats a ? temps. Un soldat pressa le canon de son fusil contre son ventre, mais au moment ou ? il allait tirer, un supe ?rieur cria : « Ne la tue pas ! Laisse-la passer ! »
    Deux semaines plus tard, Julienne mit au jour un garc ?on. Elle l’appela Murhabazi, qui en mashi signifie « Celui qui est ne ? dans la guerre » mais aussi « Celui qui aide les autres »

– Maman dit toujours que nous avons surve ?cu parce qu’il e ?tait dit que je devais nai ?tre. Et que j’e ?tais pre ?destine ? a ? consacrer ma vie a ? prote ?ger les gens en danger.


  • LA CONVENTION DES DROITS DE L’ENFANT, UN SOUFFLE D’ESPOIR
    Tu le sais, le Congo a pendant longtemps été une dictature. Beaucoup de personnes et dont des enfants ne voyaient pas leur droits respectés.

C’est pourquoi l’annonce à la radio que l’ONU (Organisation des Nations Unies) avait mis en place une résolution qui s’appelait Convention relative aux Droits de l’Enfant, a été une très bonne nouvelle pour Mouna. La Convention de ?clarait que tous les enfants du monde avaient droit au bien-e ?tre. On dit aussi que tous les pays qui avaient signe ? la Convention devaient penser au bien de l’enfant dans toutes leurs de ?cisions. Il ne fallait pas attendre, Mouna et d’autres personnes décidèrent de se réunir afin de faire signer cette résolution au gouvernement congolais.

J’e ?tais si content ! J’ai organise ? une re ?union chez moi avec un groupe de profes- seurs, d’e ?le ?ves, de me ?decins et de juristes et je leur ai annon- ce ? ces magnifiques nouvelles. Nous avons de ?cide ? de faire tout ce que nous pouvions pour que le gouvernement du Congo signe la Convention sur les Droits de l’Enfant.

  • 1989, LA NAISSANCE DU BVES
    Le groupe de Murhabazi s’appela BVES (Bureau pour le Volontariat au Service de l’Enfance et de la Sante ?) et ils commenc ?èrent par se renseigner sur la situation des enfants au Congo. Le re ?sultat serait envoye ? au gouvernement accompagne ? d’explications sur ce que le pays devait faire pour respecter la Convention.

    Nous n’avions ni argent, ni voitures ni motos. Nous marchions parfois des jours dans la fore ?t e ?quatoriale pour atteindre les villages les plus e ?loigne ?s. La nuit, nous dormions sur les arbres pour e ?viter les le ?opards et autres animaux dangereux. Parfois, on nous donnait a ? manger dans les villages, parfois on mangeait des fruits dans la fore ?t, mais le plus souvent nous avions faim


    Murhabazi et le BVES se battirent et recueillirent des informations sur la situation des enfants dans les villages du Congo. Un constat terrible.

    Mais dans une dictature il est dangeureux de dire ce que l’on pense et Mouna et son équipe commencèrent à recevoir des menaces.

De ?s qu’on disait quelque chose de ne ?gatif sur le pays, par exemple que les enfants n’allaient pas bien, on e ?tait accuse ? de vouloir renverser le re ?gime. On nous a mis en garde. Si nous n’arre ?tions pas, nous finirions en prison.

  • LES ENFANTS DES RUES
    Murhabazi et le BVES n’arre ?te ?rent pas. Ils parle ?rent a ? la radio une fois par semaine pour que tout le monde connaisse la Convention sur les Droits de l’Enfant et la situation des enfants du Congo. Chaque fois, Murhabazi exigeait que le gouvernement signe la Convention sur les Droits de l’Enfant. Et chaque fois le gouvernement menac ?ait de l’enfermer pre ?textant qu’il cre ?ait de l’inse ?curite ? dans le pays avec ses discours. Malgre ? les menaces contre Murhabazi, le pays adhe ?ra a ? la Convention sur les Droits de l’Enfant en 1990, mais ne la respecta pas.

Les rues de Bukavu grouillaient d’enfants dont personne ne s’occupait. Les parents e ?taient pauvres ou e ?taient morts du sida. Tous ces enfants affame ?s et sales essayaient de survivre comme ils pouvaient. Les gens appelaient les enfants « chiens » mais nous leur disions qu’ils avaient besoin de protection et d’amour, comme tous les autres.



En 1994 le BVES ouvrit son premier foyer pour les enfants des rues et 260 garc ?ons et filles y furent accueillis. Quelques mois plus tard, beaucoup d’enfants e ?taient retourne ?s a ? la maison. Mais il en arrivait constamment de nouveaux.

  • LES ENFANTS SOLDATS
    En 1996, Bukavu fut occupe ?e par diverses arme ?es rebelles congolaises soutenues par le Rwanda. Dans la guerre qui s’ensuivit les enfants devinrent les cibles directes.
    Tous les groupes qui se battaient, y compris l’arme ?e congolaise, enlevaient les gar- c ?ons pour les obliger a ? devenir soldats et les filles pour les utiliser comme esclaves sexuelles. Les enfants de- vaient quitter l’e ?cole, e ?taient emmene ?s dans la fuite des arme ?es et finissaient souvent seuls dans les rues de Bukavu ou d’autres villes.
  • LE BVES UN CENTRE DE TRANSITION POUR LES EX ENFANTS SOLDATS
    Depuis le début et aujourd’hui encore, Mouna et son équipe lutte pour sortir les enfants soldats des groupes armés et de les renvoyer dans leur famille.
    Depuis le début, il a de ?ja ? contribué à la libération de plus de 8.500 enfants soldats.

    Gra ?ce a ? ses efforts, la majorite ? des enfants ont me ?me pu retrouver leur famille. Avec le BVES, il se fait le porte-parole des enfants du Congo, en exhortant constamment le gouvernement, les groupes arme ?s, les organisations et la socie ?te ? en ge ?ne ?ral a ? s’occuper des enfants du pays.

  • LUTTER POUR LES ENFANTS SOLDATS UN COMBAT DANGEREUX
    Mais ce combat est menace ?. Comme beaucoup de de ?fenseurs des droits humains, sa vie a souvent e ?te ? mise en danger. Lui et les autres responsables du BVES doivent se cacher tous les soirs pour ne pas e ?tre assassine ?s.

    Ils reçoivent constamment sur le GSM des menaces de mort.

    « Tu vas mourir ce soir. Fais ton dernier repas ! ». Il participait a ? une re ?union importante avec des membres de l’ONU sur les enfants enro ?le ?s de force au Congo. Il jeta discre ?tement un regard autour de lui. E ?tait-ce quelqu’un dans la salle qui lui avait envoye ? une menace de mort ? Le combat de Murhabazi pour les dizaines de milliers d’enfants qui souffrent le martyr dans la guerre au Congo lui a valu beaucoup d’ennemis.



    Murhabazi nous a confie ? qu’il a fro ?le ? la mort plus de 17 fois. C’est apparemment le prix a ? payer pour lutter contre la barbarie, conside ?rer les enfants comme des e ?tres humains, et donc oser imaginer un avenir pour ce pays.

    Malgre ? les difficulte ?s rencontre ?es, le travail du BVES a permis d’arracher plus de 700 enfants soldats des griffes des groupes arme ?s depuis le de ?but de l’anne ?e. Murhabazi est convaincu qu’il doit continuer ce travail et dit « Si j’apprends qu’il y a des enfants dans un groupe arme ?, rien ne peut m’arre ?ter. Ni menaces de mort ou d’accident. »



1,2,3 ACTION


Tu l’as lu, le travail du BVES n’est vraiment pas facile et pourtant reste essentiel pour les enfants qui vivent à BUKAVU. Il ont besoin de votre soutien. Mouna nous a expliqué lorsque nous étions sur place l’importance de recevoir des lettres de votre part.


« Nous avons rec ?u des cartes de soutien de partout ou ? Amnesty International est actif, pour nous soutenir dans des moments difficiles, pour nous dire "nous sommes avec vous, allez y ! Car la cause que vous de ?fendez est la notre", nous avons rec ?u des millions de cartes de soutien, qui aide ? notre e ?quipe a ? se sentir soutenue. C’est quelque chose de tre ?s important ». Murhabazi


Aujourd’hui, il sont une vingtaine à s’occuper du centre et des enfants.
Nous te proposons dès à présent d’envoyer une lettre de soutien à toute l’équipe du BVES pour leu donner du courage, pour les aider dans leur travail, tout simplement pour leur dire que vous penser à eux.

ENVOYER VOS CARTES ET VOS DESSINS À L’ADRESSE SUIVANTE :

Ville de Bukavu,Commune d’Ibanda,
Province du Sud Kivu,RD Congo
B.P.507 CYANGUGU,RWANDA
Tél. :+250 085 90511

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