Le travail des enfants

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) indique, dans son article 32, que les enfants doivent être protégés contre l’exploitation économique et qu’ils ne peuvent pas effectuer un travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre leur éducation ou de nuire à leur santé ou à leur développement physique, mental, spirituel, moral ou social.
Cependant, de nombreux enfants à travers le monde sont contraints aujourd’hui de travailler. Découvre à travers les témoignages d’enfants et de défenseurs des droits de l’enfant, comme Kailash Satyarth, la réalité de ces enfants astreints au travail.

Bonne lecture !

Dans cette rubrique, nous te proposons donc de parcourir les témoignages d’enfants astreints au travail des enfants et de personnalités inspirantes dans la défense des droits de l’enfant et notamment dans la lutte contre le travail des enfants, comme Kailash Satyarth et Sharmila.

D’abord, rapide zoom sur le travail des enfants

Selon l’IPEC (le Programme international pour l’élimination du travail des enfants de l’Organisation internationale du travail), le « travail des enfants » désigne le travail qui est interdit aux enfants soit en raison de leur âge, soit en raison de la nature des tâches à accomplir.

Il regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental.

Selon les dernières estimations du Bureau international du travail, parmi les enfants âgés de 5 à 17 ans dans le monde, environ 152 millions sont astreints au travail des enfants (c’est-à-dire environ 1 enfant sur 10 dans le monde ou plus de 13 fois le nombre d’habitants en Belgique).

La majorité d’entre eux travaillent dans le secteur agricole et c’est en Afrique et en Asie que le travail des enfants est le plus répandu. Ces deux régions abritent à elles seules 9 enfants sur 10 astreints au travail des enfants.

Cependant, le travail des enfants ne se limite pas au secteur agricole, par exemple. Il englobe d’autres formes de travail comme le travail domestique des enfants, dont nous avons regroupé de nombreux témoignages.

On parle de « travail domestique des enfants » quand des enfants travaillent dans le secteur du travail domestique chez ou pour un employeur ou une famille tiers (les tâches ménagères réalisées dans des conditions raisonnables par des enfants au sein de leur propre famille ne sont donc pas considérées comme une forme de travail domestique des enfants). Il s’agit de considérer « le travail des enfants dans le travail domestique » quand des enfants effectuent un travail domestique alors qu’ils n’ont pas atteint l’âge minimum légal pour le faire, travaillent dans des conditions dangereuses ou encore dans des situations comparables à de l’esclavage.

Divers témoignages

Tu trouveras ici une série de témoignages multiples, recueillis par différents organismes (OIT, UNICEF, Amnesty International, Human Rights Watch), d’enfants astreints au travail, mais aussi d’adultes confrontés à cette réalité du travail des enfants.

Ces divers témoignages permettent non seulement d’aborder les questions liées au travail des enfants et à tout ce qu’il implique, mais également les questions relatives aux droits de l’enfant de manière plus générale.

Petit aperçu de leurs paroles fortes et poignantes, avec les mots de Braulio, Péruvien de 14 ans, recueillis par l’OIT :
« Un jour je ne me sentais pas très bien, j’étais très fatigué et je suis tombé à plusieurs reprises pendant que je travaillais. Quand je suis sorti de la mine, ma brouette s’est renversée et tout le minerai est tombé. Le capitaine me regardait. Il m’a battu violemment pour me punir ».

Zoom sur le travail domestique

Pour en apprendre davantage sur le travail domestique, nous te proposons ici une série de témoignages multiples d’enfants astreints au travail domestique et d’adultes confrontés à cette réalité. Ces témoignages ont été recueillis par le Bureau international du Travail et par l’organisation Human Rights Watch.

Ces divers témoignages mettent en évidence les multiples violations de l’article 32 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) sur le travail des enfants. L’enfant victime de travail des enfants dans le travail domestique n’a souvent pas accès à un logement décent ou à de la nourriture en quantité suffisante. Il est également généralement privé de certains de ses droits fondamentaux (droit à l’éducation, droit à l’accès aux soins de santé, droit aux loisirs, etc.). Enfin, il est particulièrement vulnérable aux mauvais traitements physiques, sexuels, psychologiques ainsi qu’au harcèlement et à la violence, car son lieu de travail est dissimulé aux yeux du public, souvent isolé et il n’a généralement pas de collègues de travail, alors que l’article 32 de la CIDE stipule justement que les enfants ont le droit d’être protégés contre tout travail mettant en danger leur santé, leur éducation ou leur développement. Les États doivent également fixer des âges minimaux à l’emploi et réglementer les conditions d’emploi.

Ces témoignages laissent donc matière à réflexion...

Sharmila, travailleuse domestique

Sharmila - dont le témoignage, recueilli par l’organisation Plan International, t’est ici proposé - est une jeune femme qui a été victime du travail domestique.

Sharmila a maintenant 21 ans et vient du Népal. À ses 16 ans, elle a été emmenée à Dubaï pour travailler comme esclave domestique. Maltraitée, violée et emprisonnée, elle a mis des mois à se sortir de cette terrible situation. Elle livre aujourd’hui son histoire et agit pour éviter que d’autres jeunes filles ne se retrouvent dans une situation similaire.

Kailash Satyarth, sa lutte contre le travail des enfants

Kailash Satyarth est un Indien aujourd’hui âgé de 65 ans. Il a passé une grande partie de sa vie à lutter contre le travail des enfants et en est une personnalité emblématique de cette lutte.

C’est à l’âge de 5 ans, lors de son premier jour d’école, qu’il a pris conscience de la problématique du travail des enfants quand il a vu un garçon de son âge sur les marches de son école en train de cirer des chaussures avec son père. Il a demandé à son instituteur pourquoi ce garçon n’était pas avec eux à l’école. Ce dernier lui a répondu que beaucoup d’enfants pauvres étaient contraints de travailler. Kailash a alors décidé d’en parler au père de ce garçon qui lui a expliqué que son père et son grand-père étaient aussi cireurs de chaussures et qui a ajouté : « Monsieur, ne savez-vous pas que les gens comme vous sont nés pour étudier et les gens comme nous pour travailler ? ». Cette question l’a beaucoup marqué.

À l’âge adulte, Kailash fonde en 1980 le Bachpan Bachao Andolan (« Mouvement pour sauver l’enfance »), qui a sauvé de l’exploitation plus de 87 000 enfants depuis sa création. Pour sauver ces enfants, il organise notamment des raids dans des usines et des ateliers. Il crée également, dans les années 1990, la Global March Against Child Labor (« Marche mondiale contre le travail des enfants »), aujourd’hui constituée de près de 2000 associations et syndicats dans plus de 100 pays. Ses efforts ont aussi permis l’adoption en 1999 de la Convention de l’Organisation internationale du travail sur les pires formes de travail des enfants.

En 2014, Kailash Satyarth reçoit, avec l’adolescente pakistanaise Malala Yousafzai, le prix Nobel de la paix. C’est aux « millions d’enfants qui souffrent » qu’il a adressé ses premiers mots en apprenant que son engagement était récompensé.

Deux témoignages de Kailash Satyarth sont à découvrir :

Le premier est la retranscription d’une conférence TED que Kailash a donnée en 2015 où il parle du sentiment de colère et s’interroge sur les bienfaits de la colère pour provoquer du changement : « (...) la plupart des idées brillantes que j’ai eues sont nées de ma colère ».

Le deuxième témoignage de Kailash Satyarth est un article qu’il a lui-même rédigé pour l’UNICEF en 2016. Il nous parle d’action et de changement : « Une petite étincelle suffit à dissiper l’obscurité dans une pièce. Chacun d’entre nous a en lui cette petite étincelle, fugace, mais vive, et peut décider d’intervenir pour résoudre ces problèmes au lieu de les réprouver les bras croisés ».

Ces paroles permettent d’aborder une réflexion sur la façon dont l’on peut changer les choses. Elles permettent également d’exploiter la question du travail des enfants, bien sûr, des inégalités, mais aussi de plein d’autres droits comme le droit à l’éducation !

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