Olivia et Benjamin, deux voix récompensées !

Le soir du mercredi 15 avril 2026, le grand auditoire de l’IHECS à Bruxelles a vibré au rythme des mots puissants et engagés des huit jeunes finalistes du concours d’éloquence « Une voix pour nos droits », organisé par la Fédération d’éloquence belge (Felobel) et la section belge francophone d’Amnesty International. C’est finalement Olivia Conticello Fund qui a remporté le Prix du jury tandis que le Prix du public a récompensé Benjamin De Luca.

Des prises de paroles vibrantes de l’ensemble des finalistes

Ce soir-là, les finalistes, venant de différentes écoles secondaires de Wallonie et de Bruxelles, se sont exprimé·e·s, à tour de rôle, devant un jury présidé par Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International et composé de Wilson Fache, reporter de guerre, récompensé par le prix Albert Londres en 2023 ; Noah Bundula, créateur du compte Asckipe sur TikTok et Instagram et chroniqueur à la radio ; Coralie Vanderlinden, actrice et metteure en scène ; Isabelle Rorive, professeure de droit à l’ULB ; Léopold Mustin, avocat ; et Nael Giannini, président de la Fédération d’éloquence belge.

Libres d’adopter le style oratoire qui leur plaisait, les huit finalistes, Aishany Mukendi, Aurélie Vin, Benjamin De Luca, Charlotte Vidouse, Ilyes Bayad, Olivia Conticello Fund, Pauline Linchamps et Victoria Lambermont, disposaient d’un temps limité (entre 4 et 5 minutes 30) pour évoquer ou questionner, soit une citation de Michel Foucault : « Là où il y a pouvoir, il y a résistance. », soit une citation d’Hannah Arendt : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »

Entre émotions, révolte, espoir et pragmatisme, chaque prise de parole était unique et profondément personnelle.

Les membres du jury ont félicité l’ensemble des finalistes pour leur originalité, la qualité de leur écriture, leur aisance oratoire et la solidité de leur argumentation.

Le public, venu en nombre pour les soutenir, n’a pas manqué non plus d’être impressionné par ces prestations de qualité.

Le prix du jury décerné à Olivia Conticello Fund

Le Prix du jury a été attribué à Olivia Conticello Fund, élève de première (équivalent de la 5e) au Lycée français Jean Monnet, à Uccle.

Olivia est passionnée par une multitude de choses, mais surtout par la lecture et le fait de découvrir de nouvelles perspectives, de nouvelles histoires et de nouvelles trajectoires. Ce concours était pour elle, nous a-t-elle dit, l’opportunité de hausser sa voix pour parler de sujets qui lui sont chers, notamment la question de l’oppression, et pour lesquels il est crucial, à ses yeux, de s’exprimer.

« Je vous avoue que j’avais abandonné tout espoir de gagner quand j’ai vu les performances des autres qui ont été pour moi formidables. C’est pour ça que j’étais autant émue quand j’ai su que j’avais été choisie ; ce n’est que du bonheur », nous a-t-elle expliqué à la fin de la soirée.

Elle avait choisi d’évoquer la citation : « Là où il y a pouvoir, il y a résistance  », de Michel Foucault. Elle a décidé d’y apporter une dimension personnelle en se fondant sur des expériences vécues, en articulant son discours autour de Dubaï et des contradictions entre l’image véhiculée par les influenceurs et les touristes, et les réalités liées aux violations des droits humains.

« J’ai choisi de parler de Dubaï parce que c’est un sujet qui me touche personnellement. Je parle de mon père, notamment, qui a tendance à idéaliser cet endroit ; je voulais un peu démanteler ce mythe et parler de la face cachée de Dubaï. Avoir gagné, c’est pour moi d’abord une récompense pour tous les efforts fournis. Et c’est surtout le fait que les gens ont écouté mon discours et l’ont compris ; c’est d’une certaine manière une réussite à une petite échelle », nous a confié Olivia.

Le prix du public remporté par Benjamin De Luca

Benjamin De Luca, élève de 6e secondaire à l’Institut Sainte-Thérèse d’Avila à Chênée, dans la région liégeoise, adore écrire et le rap, surtout le rap conscient, il aime aussi beaucoup apprendre de nouvelles choses et augmenter ses connaissances et sa compréhension du monde dans tous les sens du terme.

Il a, quant à lui, opté pour une prestation qu’il qualifie lui-même de « dérangeante », en mêlant humour, argumentation et qualité oratoire autour de la même citation de Michel Foucault. Il a notamment choisi d’interpeller directement le public en lui intimant « l’ordre » de se lever.

« Avoir gagné est une surprise pour moi. À la base, je ne m’en sentais pas capable du tout, car je ne viens pas d’un milieu où l’éloquence est mise en avant. Ma meilleure amie, ma prof de français et ma classe m’ont poussé à participer. J’ai eu un gros coup de chaud à la demi-finale et je suis arrivé en finale pas du tout dans l’optique que j’allais gagner, mais simplement en espérant rendre fières des personnes que j’ai parfois déçues par mes choix et habitudes de vie. Alors, voir toutes ces personnes rire à mes blagues, acquiescer à mes mots, ce n’était que du positif, que du bon. Le niveau des autres candidats et candidates était incroyable, je ne m’attendais pas à gagner. Quand j’ai reçu le Prix du public, mon cœur a commencé à battre dans tous les sens. C’est vraiment une expérience enrichissante, que je recommande à beaucoup de gens », nous a-t-il expliqué.

Un concours pour faire résonner les voix de la jeunesse

Lors de son discours de clôture, Carine Thibaut, la présidente du jury a fait un parralèle entre la jeunesse hongroise et les jeunes qui ont participé à ce concours : « Depuis dimanche, les défenseurs et défenseures des droits humains ont le sentiment que nous pouvons faire reculer les autoritarismes. C’est grâce à la jeunesse hongroise que le dirigeant Viktor Orbán a été démis de ses fonctions après 16 ans de pouvoir. Il est essentiel de voir des jeunes qui choisissent, à travers les mots, l’argumentation et la prestance, de défendre des idées aussi fondamentales que les droits humains. Voir ces huit jeunes monter sur scène pour défendre leurs idées et leurs opinions était un plaisir et cela donne de l’espoir, car cela montre que les mots peuvent être utilisés à bon escient ».

Cette finale a marqué l’aboutissement d’un parcours entamé dès mars avec la demi-finale, où treize élèves s’étaient déjà distingué·e·s par des prises de parole puissantes et engagées. Pour chaque participant·e, ce concours était un défi oratoire, mais aussi l’opportunité de faire entendre sa voix pour dénoncer des injustices ou évoquer des causes qui leur tenaient à coeur.

Bravo aux lauréat·e·s et à l’ensemble des finalistes !

Photos © Amnesty International/Pauline Arnould

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