Huitième édition du Prix Amnesty Jeunes des droits humains
Le Prix Amnesty Jeunes des droits humains récompense en Belgique, depuis maintenant huit ans, des personnalités fortes et engagées en faveur des droits humains.
Son objectif principal est d’offrir aux jeunes des exemples concrets et inspirants d’engagement en faveur des droits humains, tout en leur permettant de développer des capacités d’argumentation et de prise de décision collective.
Dès septembre 2025, les élèves des groupes-écoles Amnesty ont ainsi été sollicité·e·s pour proposer des idées de personnes pouvant prétendre à ce prix, et les membres de ces groupes ont ensuite voté pour les personnes de leur choix parmi sept finalistes présélectionné·e·s par le comité de sélection d’Amnesty International.
Cette année, six autres finalistes avaient été désigné·es aux côtés des fondatrices de l’association The Bridge : Hatim Haddad, fondateur de l’ASBL Thunderbirds, à l’initiative du développement du foot-fauteuil en Belgique ; Arno Moulinier, activiste intersexe et créateur de contenu œuvrant à rendre visibles et accessibles les réalités intersexes ; Jérémie Nzita Mambu, créateur du média alternatif Yurbise qui décrypte l’actualité politique et sociétale en Belgique à destination des jeunes et du grand public en défendant une approche engagée du journalisme ; Ben Kamuntu, ancien membre du mouvement citoyen La Lucha en République démocratique du Congo, aujourd’hui poète et slameur engagé mêlant art et lutte pour les droits humains ; les centaines d’élèves de plusieurs écoles secondaires qui, en octobre 2025, ont organisé des grèves et actions de mobilisation pour dénoncer l’interception de la flottille humanitaire Global Sumud Flotilla et la situation à Gaza ; Corentin Melchior, qui s’engage depuis l’âge de 15 ans pour l’égalité et l’accès aux ressources essentielles, notamment en fondant le collectif Impulsion Collective.
Les fondatrices de The Bridge, lauréates du Prix Amnesty Jeunes des droits humains 2026
Ce sont finalement Adélaïde Charlier, Lucie Morauw, Chloé Mikolajczak et Laurie Pazienza qui ont été choisies cette année par les jeunes activistes d’Amnesty International.
Toutes les quatre sont les cofondatrices de The Bridge, qu’elles présentent comme « un pont entre les citoyen·ne·s et l’Europe ». L’objectif : former, mobiliser et agir pour une Europe plus verte et plus démocratique. Via cette association, ces quatre jeunes activistes pour la justice climatique et sociale ont décidé de mutualiser leurs forces et compétences pour lancer différentes campagnes exigeant des institutions européennes (principalement la Commission européenne et le Parlement européen) des politiques climatiques et environnementales plus ambitieuses et en leur demandant de rendre des comptes lorsqu’elles n’y parviennent pas. Elles cherchent notamment à rendre les institutions européennes plus lisibles et accessibles aux jeunes citoyen·e·s afin de pouvoir se mobiliser rapidement et s’adapter constamment à de nouveaux sujets et modes d’action. Elles poursuivent, par ailleurs, chacune, d’autres activités et projets pour lutter contre le changement climatique, défendre le droit à un environnement sain et sensibiliser un maximum de personnes à ce sujet.
Adélaïde Charlier a 25 ans et est une activiste engagée depuis de longues années déjà pour la justice climatique. Cofondatrice de Youth For Climate Belgium à 18 ans, elle a mené de nombreuses mobilisations, cocréé le collectif LookDown et débattu avec des dirigeant·e·s européen·ne·s. Ancienne conseillère spéciale de Frans Timmermans sur le Green Deal, elle se spécialise aujourd’hui en politique européenne au Collège d’Europe, où elle étudie le lien entre démocratie et crise climatique.
Engagée pour la justice climatique et les droits humains depuis 2019, Lucie Morauw, âgée de 25 ans également, a milité au sein de différents mouvements en particulier Youth for Climate Belgium. Elle est à l’origine ou co-créatrice de collectifs tels que Fair Fashion, Totalement Down et Buffet Belge. Elle mobilise aujourd’hui ses compétences en graphisme et en vidéo pour vulgariser, engager et amplifier des voix peu entendues.
Chloé Mikolajczak, 32 ans, est militante pour l’environnement et la justice sociale. Depuis six ans, elle travaille au sein de nombreuses organisations non gouvernementales européennes sur les enjeux climat-économie et l’influence des lobbies, tout en participant à la création de collectifs citoyens en Belgique et à l’international.
Enfin, Laurie Pazienza est une ingénieure de 30 ans en énergie et en changement climatique chez Climact. Elle est engagée pour la justice environnementale et sociale. Elle anime plusieurs collectifs citoyens et produit le podcast Epicea donnant la parole à des personnes engagées et inspirantes.

C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’Adélaïde et Lucie ont reçu leur prix (au nom des quatre confondatrices de The Bridge) devant plus de 200 jeunes militant·e·s participant à la Journée Oxfamnesty le 4 février 2026.
Et c’est avec émotion que Maïté Meeus, lauréate du Prix Amnesty Jeunes 2022 qui participait, comme intervenante, à cet évènement, leur a remis ce prix.

Adélaïde et Lucie ont remercié l’ensemble des élèves des groupes-écoles Amnesty qui ont participé au vote de cette édition et ont prononcé, chacune, des mots forts et inspirants à destination des jeunes.
« On a commencé notre engagement grâce, entre autres, au travail d’Oxfam et d’Amnesty dans les écoles (...) Merci à vous qui êtes engagé·e·s dans des groupes Amnesty ou Oxfam et encore à l’école. S’il vous plaît, continuez après, car l’engagement, il dépasse les murs de l’école ! Si vous pouvez trouver votre place dans cette société un peu folle, c’est vraiment hyper important de mettre le sens avant l’argent dans votre travail et cela vous amènera vraiment, beaucoup, beaucoup de bonheur ! » a déclaré Adélaïde Charlier.
En coulisse, Lucie Morauw a notamment ajouté : « Nous sommes super honorées en tant que The Bridge. Personnellement, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’un public si jeune vote pour un sujet qui me paraissait si loin d’eux et d’elles. Ça veut dire que notre travail fonctionne assez bien, vu que notre but c’est de rendre accessibles l’Union européenne et toutes ses politiques ».
« Le message que je voudrais faire passer aux jeunes est que la meilleure manière d’agir, c’est d’éteindre nos téléphones et d’aller rencontrer les personnes autour de nous qui sont engagées. Ça peut commencer à l’école ; moi, c’est là que j’ai commencé. Commencez petit, vous allez voir, vous allez changer le monde sans même vous en rendre compte » a complété Adélaïde Charlier.
Pour Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International : « C’est une fierté et une grande joie de voir le prix Amnesty Jeunes des droits humains remis aux fondatrices de The Bridge, qui sont des militantes pur jus, avec les droits humains accrochés au cœur. Et de fierté, il en est aussi question pour célébrer la diversité face à des forces contraires qui tentent de réduire nos droits à toutes et à tous, et en particulier ceux des femmes et des personnes LGTQIA+. Comme nos jeunes militants et militantes ont pu s’en rendre compte aujourd’hui au cours de la journée Oxfamnesty, il va falloir se battre pour cette fierté et pour défendre ces droits si durement conquis ».
Félicitations aux lauréates et merci à l’ensemble des élèves qui ont participé au vote de cette édition 2026 !
Photos : © Amnesty International/ Adrien Dubois
