Gina et Benjamin à l’ambassade des États-Unis

Quelques jours après l’action réalisée pour Ciham Ali Ahmed par de jeunes militant·e·s d’Amnesty en face de l’ambassade des États-Unis, une élève d’une école francophone et un élève d’une école néerlandophone ont accompagné les deux directeurs d’Amnesty Belgique à l’ambassade, afin de remettre plus de 21 000 lettres et signatures concernant Ciham. Une rencontre marquante que ces deux jeunes activistes ne sont pas prêt·e·s d’oublier !

Mobilisé·e·s pour Ciham Ali Ahmed

Gina De Vriendt a 16 ans et étudie à l’Athénée Adolphe Max où elle est membre active du groupe Amnesty de l’école, Benjamin Van Bunderen Robberechts en a 15 et étudie à Maria-Boodschap Lyceum.

Gina et Benjamin ont, ensemble, pris part à un atelier avec d’autres élèves pour imaginer une action en faveur de Ciham Ali Ahmed avant de participer à une rencontre à son sujet, à l’ambassade des États-Unis, et d’y plaider sa cause avec aplomb.


© Maxime Minsen

Ciham Ali Ahmed est née aux États-Unis et a grandi en Érythrée. Elle avait 15 ans quand elle a été arrêtée de manière arbitraire et détenue dans un lieu secret alors qu’elle tentait de quitter l’Érythrée. C’était en décembre 2012. Personne ne l’a revue depuis. Quelques semaines avant sa disparition, son père, Ali Abdu, qui était alors ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement érythréen, avait quitté son poste à la suite d’un désaccord avec le président et s’était exilé. Neuf ans plus tard, sa famille est toujours sans nouvelles de Ciham. Ses proches ne savent pas où elle se trouve et si elle va bien.

En mars 2022, alors que Ciham est toujours portée disparue, de jeunes militant·e·s d’Amnesty de différentes écoles francophones et néerlandophones (dont Gina et Benjamin), ont organisé une action originale, en face de l’ambassade des États-Unis à Bruxelles, pour donner de la visibilité à sa situation et interpeller les autorités américaines qui ne sont jamais intervenues en sa faveur alors que c’est une citoyenne américaine.

Ciham rêvait de devenir styliste de mode et adorait le violet. Les élèves ont donc décidé d’organiser un défilé de mode, alternatif, tout en violet, pour appeler les autorités américaines à intervenir auprès des autorités érythréennes. À l’approche de son anniversaire, neuf minutes de silence ont été observées pour symboliser les neuf années qui se sont écoulées depuis sa disparition. Chaque minute, une bougie noire a été ajoutée sur un gâteau d’anniversaire.

Pour accéder à la vidéo de l’action

Une semaine plus tard, Gina et Benjamin ont été reçu·e·s à l’ambassade des États-Unis par deux représentant·e·s de l’ambassade, aux côtés des deux directeurs d’Amnesty Belgique, afin de leur remettre, en main propre, les plus de 21 000 lettres et signatures récoltées pour Ciham et leur parler de sa situation.

Tandis que Gina prévoit déjà de devenir ingénieure architecte spécialisée dans la construction d’éco-villages, Benjamin, lui, se verrait bien diplomate… mais si leurs projets futurs sont différents, Gina et Benjamin ont au moins un point commun : leur fort engagement pour les droits humains !

Il·elle·s ont accepté de revenir sur cette rencontre afin de partager leur expérience.

Comment avez-vous connu Amnesty ?

Gina : Je connais Amnesty International depuis longtemps car mon frère aîné était membre d’un groupe Amnesty dans son école. Il me parlait des actions qu’il menait et cela m’a très vite intéressée. Quand j’ai intégré son école, j’ai rejoint sans hésitation le groupe Amnesty coordonné par Mme De Winter, une enseignante auquel le groupe doit beaucoup ! C’était l’année dernière. Et depuis, je ne cesse, avec les autres membres, de réaliser des actions dans mon école pour mieux faire connaître et défendre les droits humains.

Benjamin : Comme Amnesty International est très connue, j’en ai entendu parler très tôt, mais c’est au cours d’une conférence de Kumi Naidoo (ancien Secrétaire général d’Amnesty International) à Bruxelles que j’en ai appris davantage sur ses actions. Je participe également aux actions d’Amnesty International proposées, chaque année, par une enseignante très dynamique et engagée de mon école.

Êtes-vous engagé·e·s pour d’autres causes ou dans d’autres activités ?

Gina  : Je suis présidente du Conseil des élèves de mon école et je participe également à un projet de physique avec d’autres élèves, en lien avec l’Institut spatial européen. J’ai aussi pas mal d’activités à côté de l’école. Il y a tellement de choses qui m’intéressent ! Je fais de la musique (je joue de la guitare et de la flûte traversière) et de la danse contemporaine. Et j’aime beaucoup l’écriture, la poésie, le jardinage et la cuisine.

Benjamin : Je suis depuis deux ans le représentant des jeunes auprès de la Commission flamande des droits de l’enfant. Je suis aussi membre de l’« Academy for Urban Action », c’est un laboratoire urbain pour et dirigé par les jeunes, qui met en relation la jeunesse, le monde académique et socioculturel, la société civile et les responsables politiques. On réfléchit à des actions pour faire de Bruxelles une meilleure ville pour tout le monde. On collabore notamment à des projets pour améliorer l’accès aux toilettes publics, et développer davantage d’espaces verts. Dernièrement, je me suis rendu à Genève pour représenter la Belgique, avec d’autres jeunes, au sein de la Commission des droits de l’enfant des Nations unies, dans le cadre du projet « Fight for your rights ». Je suis également membre du mouvement « Climate Justice for Rosa ». Rosa avait 15 ans quand elle est morte le 14 juillet dernier, victime des inondations en Belgique alors que je participais à un camp de jeunesse avec elle. On réclame des actes forts de la part des responsables politiques pour lutter contre le changement climatique. Enfin, je fais aussi de la musique, je joue de la contrebasse et de la basse et je suis dans plusieurs groupes.

Quelle a été l’attitude des représentant·e·s de l’ambassade avec vous ? Avez-vous le sentiment que cette rencontre était constructive et utile ?

Benjamin : Il·elle·s nous ont accueilli·e·s avec bienveillance et étaient très à l’écoute. L’entretien est resté formel, mais il·elle·s ont semblé impressionné·e·s par notre jeune âge et la quantité de lettres et signatures qu’on leur a remises. Je pense que le message est passé et qu’on a véritablement aidé Ciham.

Gina : C’était un peu frustrant car c’était très court, mais c’était très marquant comme moment pour moi et je pense aussi que c’était utile. C’était vraiment bien de participer de bout en bout à l’ensemble du processus (de la création d’une action jusqu’au travail de plaidoyer avec la rencontre à l’ambassade et sa préparation).

Qu’est-ce que cette rencontre vous a apporté ?

Gina : J’estime que c’est vraiment une chance qui a renforcé ma volonté d’agir en faveur des droits humains. J’espère beaucoup avoir l’opportunité de participer à nouveau à la création d’une action comme celle-ci et à de telles rencontres.

Benjamin : C’était une très bonne expérience qui m’a donné envie de participer à d’autres rencontres et actions de ce type.

Toutes les photos (sauf la photo avec un autre copyright) : © Frédéric Moreau de Bellaing

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