De la première étape de sélection à la demi-finale
Lancé en 2023, ce concours de prise de parole sur les droits humains s’adresse, chaque année, aux élèves de 5e et 6e des écoles secondaires de Wallonie et de Bruxelles disposant d’un groupe-école Amnesty ou ayant le projet d’en créer un.
Après une première phase de sélection réalisée, entre septembre 2025 et février 2026, par près d’une dizaine d’écoles qui ont pris part à la quatrième édition de ce concours, 13 élèves ont été sélectionné·e·s : Nestor, Ilyes, Charlotte, Anton, Pauline, Aurélie, Antoine, Krystale, Benjamin, Tanaïs, Victoria, Aishany, Olivia.
Ces dernier·e·s ont participé à une séance de coaching d’éloquence le 11 mars 2026, animée par des membres de Felobel, puis à la demi-finale le 18 mars 2026 dans les locaux d’Amnesty International à Bruxelles.


Lors de la demi-finale, chaque demi-finaliste devait aborder oralement, pendant une durée limitée, l’un des quatre thèmes imposés par Amnesty International et Felobel. Chacun·e avait le choix entre une question sur le droit de grève et trois citations : l’une d’Elie Wiesel sur les effets du silence face à des situations d’injustice et de persécution, une autre de Greta Thunberg sur la désobéissance civile et une dernière d’Angela Davis sur le racisme.

Chaque demi-finaliste s’est exprimé·e sur l’une des trois citations (sachant que la question n’a été choisie par personne) et c’était fort et original !
À l’issue de cette demi-finale, huit finalistes ont été sélectionné·e·s pour accéder à la finale, par un jury composé de Ludovic Laus, un expert des droits humains d’Amnesty International, de Salma Khaliss, une experte de l’éloquence de la Fédération d’éloquence belge et de Blandine Lens, une avocate spécialisée en droit des étrangers et droit d’asile.

Une finale de haut niveau
Lors de la finale le 15 avril 2026, chaque élève disposait de 4 à 5 minutes 30 pour s’exprimer oralement sur un sujet précis lié aux droits humains, à choisir parmi trois sujets imposés (mais seuls deux ont retenu leur attention) :
- « Là où il y a pouvoir, il y a résistance. » Michel Foucault
- Les droits humains, c’est le bon sens.
- « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. » Hannah Arendt
Charlotte Vidouse, en 6e à l’Établissement des Sœurs de Notre-Dame à Namur, a choisi de s’exprimer sur la citation d’Hannah Arendt concernant le droit à l’information. Participer à ce concours est pour elle une chance de faire sortir sa voix, de la faire entendre, de ne pas laisser passer sous silence ce qui la consume.

Pauline Linchamps, en 5e à IATA (Institut d’enseignement des arts techniques, sciences et artisanats) à Namur, a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance. Ce qui l’a motivée à prendre part à ce concours, c’est le fait de pouvoir parler au grand public de sujets qui sont évoqués si souvent, mais rarement de manière approfondie, et ainsi d’apporter sa petite pierre à l’édifice.

Ilyes Bayad, en 5e à Athénée Adolphe Max à Bruxelles, a choisi de s’exprimer a choisi de s’exprimer sur la citation d’Hannah Arendt concernant le droit à l’information. Le fait que ce concours soit consacré aux droits humains était vraiment un élément essentiel pour lui qui s’engage à son échelle pour les défendre et pense que tout le monde devrait agir pour les protéger.

Aishany Mukendi, en 6e à l’Institut de la Vierge Fidèle à Schaerbeek a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance.
Ce concours était pour elle une manière de pouvoir allier deux choses qui lui tenaient à cœur : l’écriture et l’engagement. Elle estime que ce concours permet aussi de faire entendre la voix des jeunes qui ne savent parfois pas toujours comment s’y prendre pour être écouté·e·s.

Olivia Conticello Fund, en 5e Lycée français Jean Monnet à Uccle a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance. Ce concours était pour elle l’opportunité de hausser sa voix pour parler de sujets qui lui sont chers, notamment la question de l’oppression, et pour lesquels il est crucial, selon elle, de s’exprimer. Elle a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance.

Victoria Lambermont, en 5e au Collège de Maredsous à Dené a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance. Elle avait très envie de participer à ce concours afin d’utiliser ses mots pour défendre et faire entendre ce qui est souvent ignoré, pour s’exprimer sur ces droits touchant à la dignité et à l’égalité de chacun, chacune, pour transformer sa voix en engagement concret. Pour elle, parler, c’est déjà agir.

Benjamin De Luca, en 6e à l’Institut Sainte-Thérèse d’Avila à Chênée a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance. Il n’avait pas prévu de participer à ce concours. C’est sa professeure de français qui lui a proposé de tenter l’expérience. Il ne s’en sentait pas capable car il ne vient pas d’un milieu où l’éloquence est mise en avant, mais sa classe entière l’a poussé à le faire jusqu’à ce qu’il accepte.

Aurélie Vin, en 5e au Collège Saint Hubert à Watermael-Boitsfort a choisi de s’exprimer sur la citation de Michel Foucault sur le pouvoir et la résistance. Elle trouve que c’est une chance de pouvoir prendre la parole, via ce concours, sur des questions qui touchent aux droits humains, qui sont essentielles à ses yeux.

Un jury attentif, un public engagé
Le jury de la finale de cette édition réunissait des personnalités prestigieuses de divers horizons : Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International, Wilson Fache, reporter de guerre, récompensé par le prix Albert Londres en 2023, Noah Bundula, créateur du compte Asckipe sur TikTok et Instagram et chroniqueur à la radio, Coralie Vanderlinden, actrice et metteure en scène, co-fondatrice de la compagnie de théâtre 3637, Isabelle Rorive, professeure de droit à l’ULB et co-fondatrice de l’Equality Law Clinic, Léopold Mustin, avocat spécialisé en droits des étrangers et droit d’asile, et Nael Giannini, président de la Fédération d’éloquence belge.



Leur mission : analyser et évaluer non seulement la qualité oratoire, mais aussi la profondeur des messages transmis.
À l’issue de la soirée, deux prix ont été remis : le Prix du jury a été décerné à Olivia Conticello Fund et le Prix du public a été attribué à Benjamin De Luca.


Mais au-delà des trophées, chacun·e des finalistes a marqué l’auditoire. Le jury a salué la qualité et l’originalité de tous les textes, ainsi que la maîtrise oratoire et la sincérité des interventions.
L’éloquence est un moyen au service d’une fin noble
Dans un contexte international où les droits humains sont constamment remis en question, cette soirée a réaffirmé l’importance de les défendre dès le plus jeune âge.
Loin des discours convenus, les finalistes ont su toucher, interpeller et convaincre, en apportant chacun·e leur voix à une cause qui les dépasse, mais qu’ils et elles ont su s’approprier.
La présidente du jury, Carine Thibaut, a également rappelé que « l’éloquence, les mots, cela sert fondamentalement à transformer le monde et à défendre, parfois aussi, celles et ceux, qui n’ont ni les mots, ni la capacité de résister ».
Bravo à l’ensemble des participant·e·s à ce concours, des premières étapes de sélection jusqu’à la finale, pour leurs prises de parole vibrantes !

Merci beaucoup aux membres du jury (de la demi-finale et de la finale) pour leur écoute attentive et leurs retours pertinents, précis et constructifs !


Et un grand merci aux professeur·e·s qui ont soutenu leurs élèves à chaque étape du concours, aux proches des participant·e·s et au public de la finale pour leurs encouragements !

Photographe (pour la finale) : Pauline Arnould
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