Témoignage de Rebecca Kabuo : choisir la non-violence

Le 10 décembre 2019 dernier, journée internationale des droits humains, Amnesty International s’est rendue au Young Activists Summit (YAS) qui se tenait au Palais des nations à Genève. Ce sommet organisé par l’Office des Nations unies, la Radio Télévision Suisse et l’ONG dev.tv donnait la parole à six jeunes femmes activistes du monde entier venues raconter leur parcours exceptionnel.
Découvre le témoignage de l’une d’elles : Rebecca Kabuo.

Une matinée au Young Activists Summit : six jeunes femmes forces de progrès pour les droits humains

La célèbre salle des droits de l’homme et de l’alliance des civilisations est comble, remplie de classes venues de tous les cantons suisses et au-delà. Des centaines de jeunes sont venus écouter ces six jeunes femmes charismatiques, puissantes et libres.

La session jeune de la matinée est officiellement lancée à dix heures tapantes sous les applaudissements déjà conquis de la salle. Puis, place à l’émotion et à l’humilité. C’est au tour de Rebecca Kabuo de prendre la parole.

Témoignage de Rebecca Kabuo

La conviction compte énormément dans le combat de chacune de ces activistes mais les actions complémentaires qu’elles mènent portent leurs fruits. La LUCHA (Lutte pour le changement) est l’organisation dont Rebecca Kabuo fait partie en République démocratique du Congo (dans sa ville de Goma) et qui repose sur deux attendus : la dignité humaine et la justice sociale. Les routes qui y mènent sont pavées de difficultés mais Rebecca a fait son choix : sa lutte sera non-partisane et non violente.

« C’est une voix qui apporte la paix, la confiance en soi : tu ne brises pas, tu ne casses pas et devant le tribunal, tu es libre car tu n’as rien fait ».

La LUCHA, c’est l’impératif de bonne gouvernance à toutes les échelles. Ce sont des petites batailles gagnées les unes après les autres jusqu’aux plus grandes. De l’accès à l’eau jusqu’à des élections libres. La LUCHA, c’est une voix forte contre la corruption « qui a atteint presque tous les niveaux de la République  ».

De fait, pour avoir manifesté et exposé publiquement ses idées démocratiques contre la corruption du gouvernement, Rebecca Kabuo a été emprisonnée six mois lorsqu’elle avait 21 ans. Cela l’a renforcée dans son combat et a fait d’elle une femme plus déterminée que jamais.

« La prison est une autre forme de la lutte, j’y ai appris beaucoup de choses. J’ai raté mon année académique mais c’était six mois de formation et aujourd’hui je suis prête à travailler pour la RDC, pour l’Afrique et pour le monde entier ».

Elle veut désormais aider et accompagner les femmes qui sortent de prison : « Si tu es une femme et que tu vas en prison, tu vas faire quoi ? Après deux ou trois mois, c’est ton mari qui te laisse. Ce sont tes enfants qui sont dans la rue. Est-ce qu’on ne peut pas travailler ensemble pour faire quelque chose et plaider pour ces femmes ?  ». La LUCHA vient de lancer une campagne en ce sens.

« Je dois lever ma voix pour dire non à ce qui se passe dans mon pays ».

Amnesty ne peut que s’inscrire dans les pas de Rebecca et des cinq autres jeunes femmes qui ont témoigné au YAS 2019 pour lancer un appel fort à la jeunesse : n’attendez pas qu’on vous donne une raison d’agir, vous êtes cette raison même. Vous êtes ceux par qui et pour qui le changement naît !

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