Témoignage de Hamangaï Pataxo : naître guerrière

Le 10 décembre 2019 dernier, journée internationale des droits humains, Amnesty International s’est rendue au Young Activists Summit (YAS) qui se tenait au Palais des nations à Genève. Ce sommet organisé par l’Office des Nations unies, la Radio Télévision Suisse et l’ONG dev.tv donnait la parole à six jeunes femmes activistes du monde entier venues raconter leur parcours exceptionnel.
Découvre le témoignage de l’une d’elles : Hamangaï Pataxo.

Une matinée au Young Activists Summit : six jeunes femmes forces de progrès pour les droits humains

La célèbre salle des droits de l’homme et de l’alliance des civilisations est comble, remplie de classes venues de tous les cantons suisses et au-delà. Des centaines de jeunes sont venus écouter ces six jeunes femmes charismatiques, puissantes et libres.

La session jeune de la matinée est officiellement lancée à dix heures tapantes sous les applaudissements déjà conquis de la salle. Puis, place à l’émotion et à l’humilité. C’est au tour de Hamangaï Pataxo de prendre la parole.

Témoignage de Hamangaï Pataxo

Les injustices précèdent les enfants qui n’ont alors pas d’autre choix que de les subir lorsqu’ils viennent au monde. Hamangaï Pataxo en a décidé autrement. Venues faire entendre la voix des peuples indigènes, elle a ému un par terre de jeunes médusés par sa force. Alors à la question « quand devient-on activiste ? » voici ce qu’a répondu la militante brésilienne :

« Nous le peuple indigène, nous n’avons pas de moment précis où l’on devient un activiste de l’environnement. Nous naissons guerriers, nous naissons militants ».

Hamangaï a une conscience aiguë de son rôle sur terre : « Nous, peuple indigène nous défendons la vie, le bien commun et nous pensons collectifs. Nous, indigènes, voulons vivre en paix et que nos territoires soient délimités  ». Le feu brûle l’Amazonie au moment où elle s’exprime dans le cœur vibrant du Palais des nations. Une de ses meilleures amies vient d’être assassinée au Brésil pour avoir porté le même plaidoyer que Hamangaï. La jeune femme sait pertinemment les risques qu’elle encourt.

« Nous les femmes indigènes et autres femmes qui venons des peuples traditionnels, nous luttons pour la défense de nos territoires. Nous les femmes indigènes nous sommes totalement vulnérables. Je ne peux me taire quand je vois ces vies disparues. J’ai 22 ans et la lutte indigène n’a pas commencé maintenant et ne terminera pas demain. »

Comme beaucoup de jeunes activistes, elle a compris que ce sont les jeunes qui fondent l’espoir de demain et que les leaders d’aujourd’hui doivent leur laisser d’urgence une place de choix.

«  J’ai assisté à la COP25, c’est un espace qui n’est pas fait pour les jeunes. Le portugais n’est pas une langue officielle, je ne comprenais pas ce qui se disait et pourquoi j’étais là. Il ne faut pas que cet espace soit un espace d’exclusion. Aujourd’hui je vois que je ne suis pas seule. Ici, je veux pousser un cri d’appel au secours ».

Nul doute que ce cri résonnera loin. Un clin d’œil appuyé aux sœurs Meek qui ont aussi décidé d’agir concrètement pour pallier le manque d’initiatives des États.

Amnesty ne peut que s’inscrire dans les pas de Hamangaï et des cinq autres jeunes femmes qui ont témoigné au YAS 2019 pour lancer un appel fort à la jeunesse : n’attendez pas qu’on vous donne une raison d’agir, vous êtes cette raison même. Vous êtes ceux par qui et pour qui le changement naît !

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