Ciné-débat « L’empire du silence » avec Yves Makwambala

Visionner un documentaire sur la République démocratique du Congo en compagnie d’une figure du mouvement de la Lucha, un mouvement pacifique citoyen pour la démocratie dans ce pays, c’est une chance !
Une opportunité directe de pouvoir poser des questions et interagir avec un défenseur congolais des droits humains qui a pris des risques dans son pays pour défendre les droits humains et promouvoir la démocratie.

Découverte du documentaire « L’empire du silence »

Début mai 2022, des élèves de plusieurs classes de 5e et 6e secondaire de l’Institut des filles de Marie ont découvert le documentaire « L’empire du silence » de Thierry Michel , dans le cadre d’un ciné-débat organisé par les enseignant·e·s du du groupe Amnesty de cette école.

La plupart en sont sorti bouleversé·e·s par ce qu’ils et elles y ont appris  ! Le documentaire regroupe quelques images d’archives et énormément de témoignages de victimes des atrocités commises en République démocratique du Congo depuis 25 ans par des membres de groupes armés (des membres de mouvements rebelles, mais aussi des armées, celles de République démocratique du Congo et des pays voisins). Des crimes de guerres qui n’ont cessé de se répéter dans l’impunité !

Les images et vidéos du documentaire sont fortes, réelles et bouleversantes. Des personnes survivantes dénoncent ce qu’elles ont vécu et parlent des personnes qu’elles ont perdues, tandis que des responsables politiques et militaires sont également interrogés. On y voir aussi le docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix, qui remue la terre entière, et met sa propre vie en danger pour dénoncer les violations des droits humains et lutter contre l’impunité.

Que raconte « L’empire du silence » ?

Le documentaire parle des conflits internes qui ont traversé le pays depuis plusieurs dizaines d’années jusqu’à aujourd’hui, et ont engendré de graves violations des droits humains. Il met l’accent sur l’impunité des auteurs des crimes commis. Ces criminels qui ont créé des milices, armé des hommes, attaqué des villages, tué et violé dès que l’occasion se présentait, sont devenus pour la plupart des membres du gouvernement ou des hauts responsables des armés du pays. Et ce, en toute impunité ! C’est-à-dire, sans poursuites judiciaires pour leurs crimes, sans procès, sans jugement, sans rien ! Ces personnes sont reconnues aujourd’hui comme des personnalités politiques par la Communauté internationale qui les reçoit avec des honneurs qu’elles ne méritent pas.

Plusieurs enquêtes des Nations unies ont été menées sur ces crimes en République démocratique du Congo. Elles ont donné lieu à un très gros rapport, « le rapport Mapping », qui rassemble une multitudes de preuves des crimes commis par ces personnalités politiques et militaires. Ce rapport est essentiel pour pouvoir poursuivre en justice les coupables mais la Communauté internationale refuse de s’en saisir et préfère détourner le regard pour assurer des liens économiques avec le pays.

Car la République démocratique du Congo est un pays extrêmement riche en ressources naturelles et en matériaux nécessaires aujourd’hui pour la fabrication des téléphones et autres technologies. Les richesses de ce pays sont convoitées par les groupes armés et jouent un rôle essentiel dans les conflits qui persistent.

Pour la population civile congolaise, ces richesses sont devenues d’une certaine façon, sa malédiction. Elle est la première victime de ces conflits armés. L’Organisation des Nations unies reste présente dans le pays, mais elle ne fait qu’observer la situation et n’a pas permis de protéger la vie et la sécurité de la population congolaise. Les violations continuent et restent impunies.

Ce documentaire est une porte ouverte sur une histoire tragique encore trop méconnue par le grand public. Certains passages du documentaire sont extrêmement durs, on tient à te prévenir si tu souhaites le découvrir ! Mais il est essentiel de les mettre en avant pour que ces crimes ne soient pas passés sous silence et que l’impunité de ces chefs d’États, personnalités politiques, et militaires cesse !

Ciné-débat partagé avec Yves Makwambala

Après le visionnage du documentaire, les élèves ont pu discuter avec une personnalité importante dans la lutte pour la démocratie en République démocratique du Congo : Yves Makwambala, activiste de la Lucha !

Yves Makwambala était là pour répondre aux questions des élèves et discuter avec eux et elles de la situation actuelle en République démocratique du Congo et des actions réalisées par la Lucha. Il a notamment raconté comment il avait entendu parler d’Amnesty et ce qu’Amnesty avait réussi à faire pour lui.

Mais qui est Yves Makwambala ? Qu’est-ce qu’Amnesty a fait pour lui ? Amnesty International a mené une campagne en faveur de Yves Makwambala et Fred Bauma, un autre activiste de la Lucha, dans le cadre de son Marathon des lettres de 2015. À l’époque, tous deux étaient enfermés en prison à cause de leurs activités à la Lucha. Depuis longtemps, les autorités du pays ne voient pas d’un bon oeil le mouvement de la Lucha et cherchent à intimider et faire taire ses membres. Tu vas vite comprendre pourquoi !

La Lucha est un mouvement de jeunesse en République démocratique du Congo qui veut sensibiliser la population au système démocratique, à l’importance de défendre ses droits et tient à demander des comptes aux autorités. Ils encouragent la population à revendiquer l’application de ses droits de manière pacifique. La Lucha signifie « la lutte pour le changement ». Car comme l’a expliqué Yves Makwambala, la violence et la force ne résoudront pas les problèmes. Cela n’a jamais fonctionné et depuis des années, le cycle de violence et d’horreurs perdure.

Yves Makwambala a donc été arrêté sur base de faux chefs d’accusations comme Fred Bauma. Les charges portées contre lui, bien qu’infondées, étaient très lourdes. Yves se voyait déjà rester en prison pour minimum 15 ans, mais Amnesty l’a soutenu dans le cadre de son Marathon des lettres de 2015, et sa situation a été fort médiatisée ainsi que celle de Fred et du mouvement de la Lucha.

Les autorités de la République démocratique du Congo ont reçu des milliers de lettres de la part des militant·e·s d’Amnesty pour demander la libération de Yves et Fred. La pression internationale était importante et les autorités ont fini par relâcher les deux jeunes activistes. Yves aura passé 18 mois en prison. Aujourd’hui, il vit en Belgique.

Comment Yves a entendu parler d’Amnesty ?

Yves a raconté aux élèves comment il avait entendu parler d’Amnesty. Lorsqu’il était en prison, sa famille venait souvent lui rendre visite et c’était dur pour lui de voir sa mère toujours si triste. Mais un jour, elle est venue le voir et lui a dit qu’elle était contente car Amnesty avait décidé de mettre en lumière sa situation et de le défendre. Il ne savait alors pas ce qu’était Amnesty ni ce que l’organisation faisait comme actions à travers le monde.

À l’aide des réseaux sociaux et de la campagne internationale menée par Amnesty, la lumière a été faite sur le cas de Yves et Fred et il a compris qu’une fois sortis de l’ombre, il était difficile pour les autorités de les maltraiter et de les garder de façon arbitraire en prison. Il a d’ailleurs constaté une différence de traitement en prison par rapport aux autres prisonniers suite à l’intervention d’Amnesty. Les autorités n’osaient plus les violenter.

Comme quoi, les actions d’Amnesty (mettre en lumière des violations des droits humains, informer et sensibiliser la population à ce sujet puis proposer d’agir pacifiquement pour faire pression sur les autorités), ça marche !

Les élèves sont sorti·e·s de la salle bouleversé·e·s par tout ce qu’ils et elles ont appris avec plein de questions et réflexions en tête concernant la République démocratique du Congo. La lumière s’est allumée sur un conflit encore trop méconnu, et les consciences se sont réveillées ! Une belle rencontre pleine d’espoir !

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