Écrire pour les droits 2022

Cette année encore, les écoles peuvent se mobiliser pour les droits humains en écrivant des lettres aux individus dont les droits ont été bafoués, mais aussi aux autorités à travers le monde entier pour les appeler à respecter les droits fondamentaux.
Avec votre classe, participez à notre marathon d’écriture de lettres entre janvier et juin.

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Écrire pour les droits, qu’est-ce que c’est ?

Une lettre peut parfois changer une vie. C’est le principe d’Écrire pour les droits, notre campagne mondiale de rédaction de lettres, que nous menons depuis 20 ans. Aujourd’hui, c’est le plus grand événement de défense des droits humains à l’échelle planétaire.

Chaque année, des gens du monde entier écrivent des millions de lettres pour ceux et celles dont les droits fondamentaux sont bafoués. L’objectif est de faire écrire et signer un maximum de lettres dans le monde entier pour 10 personnes ou groupes de personnes en danger.

Vous pouvez organiser avec votre classe une session d’écriture pour un cas, deux, ou plus. Vous avez la possibilité de choisir les individus que vous voulez mettre en avant lors de la commande. Les kits d’écriture sont gratuits, seuls les frais de port vous seront facturés.

Chaque élève a la possibilité d’écrire deux lettres : une à la personne disposant de l’autorité nécessaire pour agir (roi, président, chef de la police, etc.), et une à la personne ou au groupe de personnes pour qui nous nous battons, afin que ces personnes sachent qu’elles sont soutenues par des milliers de personnes dans le monde.

À la suite de notre appel international à l’action, des représentant·e·s d’États croulent sous les lettres. Des victimes de torture, des prisonnier·e·s d’opinion, des personnes condamnées à mort ou dont les droits humains sont bafoués reçoivent des messages de solidarité de milliers d’inconnu·e·s, venant des quatre coins du globe. Ces personnes savent ainsi que la communauté internationale est au courant de leur situation et milite pour elles.

Les campagnes précédentes ont eu de véritables résultats et nous comptons faire pareil cette année encore !

Pourquoi agir ?

Dans de nombreux pays, les libertés - de dénoncer l’injustice, de vivre sur la terre de ses ancêtres, de ne pas faire l’objet de discrimination - sont menacées. Nos lettres et toutes nos actions pousseront les autorités à prendre des mesures immédiates pour que les auteurs de violences soient traduits en justice, et pour que celles et ceux qui sont injustement détenus ou en danger goûtent à nouveau à la liberté.

Pour qui écrivons-nous cette année ?

Cette année, nous mettons en avant les droits de la liberté d’expression, des femmes et des enfants. Nous défendons 10 cas, ceux de neuf personnes et un groupe de personnes. Ces personnes sont aujourd’hui en prison, portées disparues ou menacées pour avoir exercé leurs droits fondamentaux : leur droit à la liberté d’expression, de manifestation, leur droit à la non-discrimination, à un environnement sain, etc. Elles ont été victimes de torture, mauvais traitements, n’ont pas eu droit à un procès équitable, ont été harcelées ou menacées de mort.

Qu’il s’agisse de personnes qui sont aujourd’hui en prison ou menacées, ces personnes ont toutes besoin de notre appui et d’un petit mot pour garder espoir.

Disons-leur que nous pensons à elles et appelons les gouvernements à respecter leurs droits fondamentaux.

Les droits de l’enfant ne sont pas respectés

Ciham Ali Ahmed - Érythrée et États-Unis, disparue depuis son arrestation

Le 8 décembre 2012, alors qu’elle n’était âgée que de 15 ans, elle a été arrêtée à la frontière avec le Soudan, alors qu’elle essayait de fuir l’Érythrée car elle ne se sentait plus en sécurité dans son pays.

Son père, Ali Abdu, qui était ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement du président érythréen Isaias Afwerki, avait fait défection à la suite d’un désaccord avec le président et s’était exilé peu de temps avant que Ciham essaie également de fuir.

Depuis son arrestation, Ciham est détenue dans un lieu secret et de manière arbitraire (sans jamais avoir été jugée et sans raison légale). Personne ne l’a jamais revue depuis plus de huit ans. Sa famille est sans nouvelles d’elle depuis tout ce temps. Ses proches ne savent même pas où elle se trouve et si elle va bien.

Malgré sa double-nationalité américaine, les États-Unis n’ont rien fait pour l’aider. Nous demandons au gouvernement américain de faire pression sur l’Érythrée pour obtenir la libération de Ciham.

Janna Jihad - Israël et Territoires Palestiniens Occupés, harcelée pour avoir dénoncé les violences de l’armée israélienne en Palestine

« Je veux connaître la liberté dans mon pays. Je veux savoir ce que sont la justice, la paix et l’égalité sans subir le racisme systématique. » Ce sont les mots de Janna Jihad âgée de 15 ans.

Jeune journaliste, Janna risque tout pour dénoncer le système répressif d’Israël dans les territoires palestiniens occupés. Sur Internet, elle partage au monde entier son quotidien, les disparitions forcées, les meurtres et la violence dont est victime son entourage. Aujourd’hui, elle est la cible de menaces de mort et de manœuvres d’intimidation en raison de son travail.

Nous demandons aux autorités israéliennes de mettre un terme à la discrimination dont fait l’objet Janna et de protéger cette jeune fille, ainsi que tous les enfants palestiniens.

Mikita Zalatarou - Bélarus, arrêté après avoir été pris dans des foules quittant des manifestations

En août 2020, Mikita était en ville quand une manifestation se déroulant non loin est brutalement réprimée par la police. Il fuit alors la scène en même temps que les autres manifestants. Le lendemain, il est arrêté, accusé d’avoir jeté des cocktails Molotov sur la police, et torturé. Mikita Zalatarou a été déclaré coupable de troubles à l’ordre public et d’utilisation d’explosifs illégaux, sans que des éléments de preuve suffisants n’aient été présentés. Le tribunal a néanmoins condamné Mikita à cinq ans d’emprisonnement dans une colonie de redressement pour mineurs.

Nous demandons au Bélarus de relâcher immédiatement Mikita.

Les droits des femmes et des personnes LGBTI en danger

Wendy Galarza - Mexique, blessée par balles lors d’une manifestation à Cancún

Le 9 novembre 2020, Wendy a participé à une manifestation organisée par des collectifs féministes à Cancún pour réclamer justice après le meurtre d’une femme connue sous le nom d’Alexis. Lorsque la manifestation a dégénéré, Wendy a essayé de fuir, mais la police l’a attrapée. Les policiers l’ont frappée et lui ont tiré dessus deux fois. Elle a de la chance d’avoir survécu.

Wendy a porté plainte contre la police, et le procureur de l’État a mis plusieurs mois avant d’accepter les éléments de preuve qu’elle présentait. À ce jour, les personnes soupçonnées de lui avoir tiré dessus n’ont pas été traduites en justice.

Nous demandons au Mexique de rendre justice à Wendy.

ONG Sphère - Ukraine, harcelée pour avoir défendu la communauté LGBTI

Anna Charyhina et Vira Tchernyhina ont fondé l’ONG Sphère pour offrir un espace sûr aux femmes et aux personnes LGBTI dans un pays où les attaques et le harcèlement en raison de l’identité sont courants. Elles ont organisé la première marche des fiertés jamais célébrée dans leur ville, Kharkiv, et ont réussi à mobiliser plus de 3000 personnes.

Mais depuis 2017, l’organisation a été la cible de presque 30 attaques de groupes homophobes en raison de ses activités. Anna et Vira signalent ces actes, mais la police n’a amené personne à rendre des comptes. Pendant la marche des fiertés de 2019, la police n’a pas protégé les manifestant·e·s contre les violences. Au contraire, elle y a participé en lançant des insultes homophobes.

Nous demandons à l’Ukraine de protéger l’ONG Sphère et ses membres.

La liberté d’expression : un droit fondamental menacé

Rung - Thaïlande, risque la prison à perpétuité pour avoir réclamé la liberté et la démocratie

Rung, 22 ans, porte la voix des jeunes en Thaïlande. Elle fait partie des nombreux jeunes réclamant l’égalité, la liberté d’expression et des changements systémiques en Thaïlande. En août 2020, Rung était devenue l’une des meneuses des manifestations, et, sous les regards de milliers de personnes, elle a défendu l’égalité, la liberté d’expression et, sujet extrêmement sensible en Thaïlande, une réforme de la monarchie.

Mais en mars 2021, elle a été accusée d’avoir provoqué des troubles et arrêtée par les autorités thaïlandaises. Elle risque maintenant la prison à perpétuité pour avoir simplement revendiqué la liberté dans son pays.

Nous demandons à la Thaïlande que les charges retenues contre Rung soient abandonnées.

Zhang Zhan - Chine, emprisonnée pour avoir enquêté sur l’épidémie de COVID-19

« Nous devons chercher la vérité, quel qu’en soit le prix. » — Zhang Zhan

En février 2020, elle a décidé de se rendre à Wuhan en tant que journaliste citoyenne afin de fournir des informations du terrain sur les événements. Ancienne avocate, elle est passée par les médias sociaux et a signalé que le gouvernement avait arrêté des journalistes indépendants et harcelé les familles de malades du COVID-19.

Zhang Zhan a disparu à Wuhan en mai 2020. Elle a déclaré avoir été arrêtée par les autorités chinoises avant d’être placée en détention à Shanghai. Elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ». Les autorités refusent de la laisser voir sa famille.

Nous demandons à la Chine la libération immédiate et sans condition de Zhang Zhan.

Bernardo Caal Xol - Guatemala, emprisonné pour avoir défendu l’environnement et les droits des peuples autochtones

Depuis 2015, Bernardo Caal Xol s’est opposé de manière pacifique au projet de construction de deux centrales hydroélectriques sur la rivière Cahabón. Cette rivière est l’une des plus longues du Guatemala, et est sacrée pour le peuple Q’eqchi.

En représailles, Bernardo Caal Xol a été la cible de nombreuses attaques dans la presse, à la télévision, par l’intermédiaire de tracts ou encore des réseaux sociaux.

Une enquête pénale a été ouverte contre lui, l’accusant d’actes de violence datant du 15 octobre 2015, lorsqu’il s’était rendu dans la zone concernée pour rencontrer les communautés. Le 30 janvier 2018, Bernardo Caal Xol a été arrêté et envoyé en prison en attendant son procès, puis condamné le 9 novembre suivant à sept ans et quatre mois de prison par le tribunal de Cobán, pour des crimes de vol aggravé et de détention illégale.

Nous demandons au Guatemala de libérer Bernardo Caal Xol, immédiatement et sans conditions.

Imoleayo Michael - Nigeria, arrêté pour avoir dénoncé la violence des autorités

Imoleayo a été arrêté chez lui au milieu de la nuit. Vingt hommes armés ont effectué une descente à son domicile à Abuja, au Nigeria, et sa famille a été enfermée dans une pièce. Il a été arrêté par les autorités deux semaines après avoir participé à une manifestation #EndSARs, en octobre 2020, lors de laquelle des jeunes de tout le Nigeria ont défilé contre les violences, l’extorsion et les homicides dont se rendait responsable la Brigade spéciale de répression des vols (SARS). Imoleayo, jeune programmeur informatique, a soutenu les manifestations en ligne en utilisant le hashtag #EndSARS, devenu viral. Il a été détenu dans des conditions inhumaines.

Il est maintenant poursuivi sur la base d’accusations forgées de toutes pièces pour « conspiration en vue de troubler l’ordre public » et « troubles à l’ordre public ». Imoleayo fait partie des nombreuses personnes qui risquent d’être sanctionnées pour s’être exprimées au Nigeria.

Nous demandons au Nigeria d’abandonner toutes les charges factices retenues contre lui.

Mohamed Baker - Égypte, arrêté pour son travail d’avocat

Mohamed Baker est un courageux avocat spécialiste des droits humains qui défend des personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués. En septembre 2019, il s’est rendu au bureau du service du procureur général de la sûreté de l’État (SSSP) pour défendre son ami Alaa Abdel Fattah, militant de premier plan injustement arrêté. Mais il a alors lui-même été arrêté par les autorités.

Mohamed Baker a passé plus de deux ans en détention dans des conditions inhumaines, sans être inculpé ou jugé. Les autorités ont porté de fausses accusations de terrorisme contre lui, mais il est évident qu’il a été arrêté en raison de son travail de défense des droits humains.

Nous demandons à l’Égypte de libérer immédiatement et sans condition Mohamed Baker.

Ça marche ! Écrire une lettre change une vie

Chaque année, de véritables changements surviennent grâce à vos lettres et vos actions. Des personnes injustement emprisonnées sont libérées, des responsables de violences sont traduits en justice, et des personnes détenues sont traitées plus humainement.

Et surtout, la solidarité compte ! On peut penser qu’écrire à une personne qu’on ne connaît pas ne changera rien, ou que cette personne n’a pas envie de recevoir notre message. Mais lorsqu’on es enfermé·e ou qu’on craint pour notre vie pour avoir dénoncé une injustice, savoir que quelqu’un nous croit et pense à nous a une réelle importance.

Quelle que soit la personne à qui vous décidez d’écrire, elle sera ravie de recevoir les lettre des élèves. Ces personnes ont peut-être peur ou se sentent seules, et vos mots leur apporteront réconfort et espoir.

Dans le cadre de la précédente édition d’Écrire pour les droits, nous vous avions demandé de vous mobiliser notamment pour Germain Rukuki au Burundi, Paing Phyo Min au Myanmar, Nassima al-Sada en Arabie saoudite, Khaled Drareni en Algérie, et Melike Balkan et Özgür Gür en Turquie.

Paing Phyo Min a été libéré en avril 2021, Khaled Drareni en février, Germain Rukuki et Nassima al-Sada en juin, et Melike Balkan et Özgür Gür ont été acquittés en octobre.

Merci à toutes et tous pour la solidarité que vous leur avez témoigné. Écrire pour les droits, ça marche !

Continuons à agir ensemble de janvier à juin 2022 pour 10 nouvelles personnes en danger qui ont besoin de notre aide pour que leur situation change.

Passage à l’action

Si vous êtes intéressé·e, vous pouvez organiser une action d’écriture de lettres avec votre classe, dans le cadre d’un cours de français ou de philosophie et de citoyenneté par exemple. Vous pouvez aussi disposer une table dans un lieu de passage de votre établissement pour interpeller les élèves de différentes classes avec des fiches résumant les cas de chaque personne, des modèles de lettres et une boîte en carton dans laquelle les élèves déposent leur lettre, afin de limiter les contacts.

Nous mettons à votre disposition des kits d’écriture Écrire pour les droits qui contiennent des fiches présentant la situation de ces personnes et des modèles de lettres pour elles.

Pour commander le kit Écrire pour les droits

Nous vous proposons également des fiches pédagogiques pour réaliser des activités en classe liées à la situation de quatre de ces personnes.

Pour accéder aux fiches pédagogiques Écrire pour les droits

Enfin, nous mettons à votre disposition plusieurs courtes capsules vidéos qui expliquent en quelques minutes concrètement l’action Écrire pour les droits, son impact et qui laissent la parole à certaines des personnes en danger mises en avant.

Pour découvrir les vidéos Écrire pour les droits

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