Bonnes nouvelles de juin

Découvre quelques bonnes nouvelles récentes dans le domaine des droits humains : en Hongrie, des poursuites judiciaires qui pesaient contre les organisateurs de Prides ont été abandonnées ; aux États-Unis, Andrea Pedro Francisco a été relâchée ; aux Pays-Bas et au Royaume Uni, des avancées significatives vers une interdiction des thérapies de conversion sont à signaler ; au Vietnam, le défenseur de l’environnement Dang Ding Bach a été libéré ; en France,TotalEnergies a été condamnée pour manquement à ses obligations climatiques ; à Cuba, Jonathan Muir Burgos, un adolescent de 16 ans, a été libéré ; et la Colombie est devenu le premier pays d’Amérique Latine à interdire les mutilations génitales féminines !

Hongrie : abandon des charges contre les organisateurs des marches des fiertés

L’année dernière, deux Prides ont eu lieu en Hongrie, l’une dans la capitale, à Budapest rassemblant plus de 200 000 personnes, et l’autre, dans la ville de Pécs, réunissant des milliers de personnes, malgré leur interdiction qui avait été ordonnée par le premier ministre alors au pouvoir, Viktor Orbán.

À la suite de ces Prides, des poursuites judicaires ont été engagées contre leurs organisateurs, le maire de Budapest Gergely Karacsony, et le militant Géza Buzás-Hábel, organisateur de la marche des fiertés à Pécs,

Le 4 juin, la justice hongroise a finalement abandonné les poursuites qui pesaient contre Gergely Karacsony et Géza Buzás-Hábel.

Ces décisions de justice donnent raison au travail et à la persévérance de tous ceux et toutes celles qui ont toujours considéré le droit de réunion comme un droit fondamental et qui n’ont pas permis à l’arbitraire du précédent gouvernement de Viktor Orbán de priver la population hongroise de ce droit et de sa liberté.

Si l’abandon des poursuites judiciaires à l’encontre des organisateurs de ces marches des fiertés est une grande victoire, ce n’est qu’une première étape. Amnesty International appelle les autorités hongroises à officiellement abroger la loi anti-LGBTI+ de 2021 et à réviser la Constitution hongroise en profondeur afin de garantir l’égalité des personnes LGBTQIA+.

États-Unis : Andrea Pedro Francisco a été relâchée

Andrea Pedro Francisco a fui son pays, le Guatemala, pour demander l’asile aux États-Unis. Le 5 février 2026, elle a été arrêtée par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) des États-Unis à Minneapolis, dans le Minnesota, et placée en détention dans le camp El Paso, alors qu’elle souffrait de graves problèmes de santé.

Amnesty International s’est fortement mobilisée pour dénoncer son absence d’accès à un traitement médical adapté lors de sa détention et obtenir sa libération.

Le 4 juin, Andrea Pedro Francisco a finalement été remise en liberté et a pu retourner chez elle avec sa famille, ce qui va lui permettre d’être opérée.

Merci à toutes les personnes qui se sont mobilisées pour elle !

Pays-Bas et Royaume Uni : vers une interdiction des thérapies de conversion

Le 16 juin, une nouvelle loi a été adoptée aux Pays-Bas interdisant les thérapies de conversion avec 75 votes contre 57. C’est une victoire pour les droits des personnes LGBTQIA+.

Concrètement, ce que l’on appelle « thérapies de conversion » correspond à toutes les pratiques visant à changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, ou à réprimer ses comportements sexuels non hétérosexuels. Elles ciblent les personnes LGBTQIA+, en particulier les personnes transgenres, et peuvent constituer des actes de torture.

Toute tentative de faire subir ces pratiques aux Pays-Bas est à présent passible de deux ans de prison et de 27 500 euros d’amende.

Aujourd’hui ces pratiques sont interdites dans seulement huit autres pays européens : l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Malte et Chypre.

Le 25 juin, un projet de loi sur les pratiques de conversion a été présenté au Parlement britannique. Il concerne l’Angleterre et le pays de Galles. Il s’agit d’une première étape positive et significative vers une éventuelle interdiction de ces pratiques dans ces deux pays.

Le texte prévoit actuellement des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et vise aussi les personnes qui, depuis l’Angleterre et le pays de Galles, encouragent ou facilitent ces pratiques, en dehors de ce territoire.

Ce projet de loi doit maintenant être examiné pendant environ trois mois avant d’être présenté à la Chambre des communes, où les parlementaires pourront déposer des amendements avant de les voter, puis à la Chambre des lords, avant de pouvoir entrer en vigueur. Amnesty International suivra avec attention toutes les étapes d’examen et de vote de cette loi.

Vietnam : le défenseur de l’environnement Dang Ding Bach est libre

L’avocat vietnamien spécialisé dans la défense de l’environnement, Dang Ding Bach, qui figurait parmi les personnes en danger mises en avant dans le cadre de l’édition 2024 du marathon des lettres « Écrire pour les droits », a été libéré fin juin à l’issue de sa peine de prison.

Il avait été arrêté le 24 juin 2021 en raison de ses activités de défense de l’environnement et des droits humains.

Même si l’énorme mobilisation d’Amnesty International et de ses militant·e·s et sympathisant·e·s en sa faveur n’a pas suffi pour obtenir sa libération avant la fin de sa peine de prison, sa libération est un soulagement. Dang Ding Bach a remercié, à sa sortie de prison, toutes les personnes qui lui avaient témoigné leur soutien.

France : Procès climatique : TotalEnergies condamnée

Le 25 juin, après huit ans de procédure et en pleine canicule, le tribunal judiciaire de Paris en France a condamné TotalEnergies pour manquement à ses obligations climatiques, plus précisément pour non-respect de son devoir de vigilance.

La multinationale était poursuivie par plusieurs organisations non gouvernementales et la Ville de Paris. Le tribunal a estimé que TotalEnergies devait réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation de ses produits. La justice a donné six mois à TotalEnergies pour mettre son plan de vigilance en conformité en prenant en compte notamment les émissions de CO₂ de ses clients. Ce plan sera ensuite analysé à nouveau par la justice française. Une avancée significative dans la lutte contre le dérèglement climatique !

Cuba : libération de Jonathan Muir Burgos, 16 ans

En mars 2026, Jonathan Muir Burgos, un adolescent de 16 ans, a été arrêté et placé en détention dans une prison de haute sécurité pour adultes, après avoir participé à des manifestations à Morón, dans la province de Ciego de Ávila, à Cuba. Ces manifestations visaient à protester contre des coupures d’électricité prolongées et des pénuries alimentaires.

Il était accusé de « sabotage », une infraction grave passible d’une peine de 15 ans de prison alors qu’il n’avait fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Il était le plus jeune prisonnier d’opinion à Cuba.

Á la suite d’une forte mobilisation pour exiger sa libération, menée par Amnesty International et de nombreuses autres organisations de défense des droits humains, Jonathan Muir Burgos a finalement été libéré le 24 juin !

Si sa libération est un soulagement, cela ne signifie pas que la politique répressive du régime cubain à l’encontre des manifestations citoyennes va cesser.

La situation de Jonathan Muir Burgos n’est pas un cas isolé car la criminalisation des mineur·e·s qui participent à des manifestations sociales est fréquente à Cuba. Il est donc important de rester mobiliser face à ces détentions arbitraires.

Colombie : interdiction des mutilations génitales féminines

Le 11 juin, la Colombie est devenu le premier pays d’Amérique latine à interdire les mutilations génitales féminines (MGF) après que la loi « Filles sans mutilations génitales féminines » ait été approuvée par le Congrès colombien.

L’adoption de cette loi par la chambre haute de la Colombie (qui doit maintenant recevoir l’approbation présidentielle avant d’entrer en vigueur) marque une avancée historique pour les droits des filles dans le pays.

L’Organisation mondiale de la santé définie les « mutilations génitales féminines » comme toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la fille ou de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales.

Les conséquences de ces pratiques, immédiates et à long terme sont lourdes, tant sur le plan physique que sexuel et psychologique. Rien ni personne ne peut justifier une telle violence.

En Colombie, même si aucun chiffre officiel précis n’existe, on estime que des centaines de filles sont victimes de mutilations génitales féminines, entraînant parfois la mort. L’adoption de cette loi devrait donc permettre de mieux protéger les filles contre ces pratiques et de renforcer les politiques de prévention et de prise en charge des victimes.

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