Inculpé pour avoir sauver des vies
Seán Binder est un sauveteur bénévole allemand qui a vécu une grande partie de sa vie en Irelande. Entre 2017 et 2018, il a secouru des bateaux transportant des personnes migrantes et réfugiées en détresse au large de l’île de Lesbos en Grèce.
Les actions qu’il menait avec d’autres bénévoles consistaient à repérer les bateaux en détresse afin de pouvoir porter secours aux personnes qui tentaient de traverser la Méditerranée au péril de leur vie pour rejoindre un lieu sûr. Ces actions avaient pour but de permettre à ces personnes d’arriver en toute sécurité sur l’île de Lesbos et de leur fournir une première assistance, c’est-à-dire simplement d’aider des personnes dans le besoin.
En février 2018, Seán est arrêté et placé en détention avant d’être relâché 48 heures plus tard. Six mois plus tard, il est de nouveau arrêté et reste détenu pendant plus de 100 jours avant d’être libéré sous caution.
Lors d’un premier procès, en 2023, certaines accusations portées contre lui, comme celle d’espionnage, sont abandonnées. Toutefois, d’autres chefs d’accusations graves sont maintenus, tels que « trafic d’êtres humains », « appartenance à une organisation criminelle », et « blanchiment d’argent ».
Amnesty International et ses militant·e·s ont soutenu Seán depuis plusieurs années. De nombreuses cartes de soutien provenant d’écoles en Belgique lui ont notamment été adressées au cours de ces dernières années. À ce sujet, il a notamment déclaré lors de son procès : « votre soutien me donne le sentiment que je ne serai pas seul dans cette salle d’audience, ce qui compte énormément pour moi. Merci de votre solidarité ! »
Entre le 4 décembre 2025 et le 16 janvier 2026, Seán a comparu devant la Cour d’appel de Lesbos en Grèce. S’il avait été reconnu coupable, il risquait jusqu’à 20 ans de prison, simplement pour avoir sauvé des vies !
Seán a enfin été acquitté !
Après sept ans d’accusations infondées et poursuites abusives, Seán Binder et ses 23 co-accusé·e·s ont finalement été acquitté·e·s le 16 janvier 2026 de toutes les charges retenues contre eux ou elles.
Seán s’est dit profondément soulagé par cette décision et a déclaré : « Aujourd’hui, il a été clairement établi, comme cela aurait toujours dû être le cas dès le départ, que fournir une aide humanitaire vitale est une obligation et non un crime. Qu’utiliser WhatsApp est normal et ne constitue pas la preuve d’un acte criminel. Que l’achat de machines à laver pour un camp de réfugié·e·s ne fait pas de quelqu’un un expert en blanchiment d’argent. Cet acquittement doit créer un précédent ».
En rendant ce jugement, la Cour a voulu envoyer un signal fort aux états membres de l’Union européenne : « La solidarité, la compassion et la défense des droits humains ne doivent pas être sanctionnées, mais protégées et saluées. »
Merci à toutes les personnes, en Belgique et ailleurs dans le monde, qui se sont mobilisées, sans relâche, en faveur de Seán Binder ! Pour rappel, il faisait partie des personnes mises en avant dans le cadre de l’édition 2019/2020 du marathon des lettres « Écrire pour les droits » d’Amnesty International. Un bel exemple de l’impact positif et concret que la mobilisation citoyenne peut avoir sur la situation des personnes en danger.
