Les bonnes nouvelles d’octobre

Découvre quelques bonnes nouvelles récentes dans le domaine des droits humains : en Australie, l’expansion d’une mine de charbon a été refusée par la justice ; en Ukraine, les droits des personnes LGBTQIA+ ont été inscrits dans la stratégie nationale des droits humains ; en Hongrie, des lois anti-LGBTQIA+ ont été supprimées ; en Pologne, le Parlement a voté des projets de lois en faveur des droits reproductifs des femmes ; en Serbie, le mouvement étudiant contre la corruption a remporté les élections ; au Brésil, le Président Lula prônant la démocratie a été réélu ; et le prix Nobel de la Paix 2026 a récompensé Navi Pillay pour son engagement pour les droits humains.

AUSTRALIE : Refus par la Haute Cour d’un projet d’expansion d’une mine de charbon

Le 7 octobre, la plus haute instance judiciaire d’Australie, la Haute Cour, s’est prononcée contre un vaste projet d’expansion d’une mine de charbon, le combustible le plus émetteur de CO2 et donc largement responsable du changement climatique. Cette nouvelle mine aurait représenté plus de 800 millions de tonnes d’émissions de CO2 au total. La Haute Cour a estimé que les responsables du projet n’avaient pas correctement pris en compte les impacts locaux des émissions de charbon, qui contribuent directement au dérèglement climatique dont les communautés locales paient déjà le prix à travers des inondations, des incendies, des vagues de chaleur extrême et la sécheresse.

De plus, le « timing » de la décision a toute son importance ! En effet, l’Australie est présidente des négociations de la COP31, la 31e conférence sur le changement climatique, qui aura lieu entre le 9 et le 20 novembre 2026. En tant que présidente, elle ne peut pas prétendre être un leader climatique crédible si elle continue à produire des combustibles fossiles à grande échelle.

En 2025, la Cour internationale de Justice a rendu un avis et a estimé que le fait de ne pas éliminer progressivement les combustibles fossiles pouvait constituer un acte illégal au regard du droit international. Donc, cette décision s’inscrit dans la dynamique mondiale en faveur de la responsabilité des États face aux dommages climatiques.

UKRAINE : Inscription des droits LGBTQIA+ dans sa stratégie nationale des droits humains

Le 12 octobre, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a signé un décret approuvant la nouvelle stratégie nationale des droits humains qui reconnaît explicitement les personnes LGBTQIA+ comme un groupe particulièrement exposé aux discriminations. Cette reconnaissance est une étape importante car elle ouvre la voie vers un renforcement de la lutte contre les crimes de haine, les discours haineux et les discriminations, mais aussi vers l’amélioration de l’accès à la justice et aux services sociaux et médicaux de la communauté LGBTQIA+.

Il s’agit maintenant, pour le gouvernement, de construire un plan d’action comprenant des mesures concrètes à ce sujet.

HONGRIE : Suppression des lois anti-LGBTQIA+ de l’ère Orban

Le 13 octobre, le Parlement hongrois a voté la suppression de plusieurs clauses discriminatoires d’une loi anti-LGBTQIA+ adoptée par Viktor Orbán en 2021. Ce texte interdisait toute évocation ou représentation des personnes LGBTQIA+ auprès des mineur·e·s. Le nouveau texte adopté contient également de nouvelles mesures en ce qui concerne la lutte contre les violences sexuelles faites aux mineur·e·s.

Il s’agit de la toute première abolition majeure des restrictions ciblant la communauté LGBTQIA+ depuis la prise de fonction du nouveau premier ministre, Péter Magyar. Les associations de défense des personnes LGBTQIA+ se disent satisfaites de ce changement, mais restent quand même prudentes car beaucoup de changements doivent encore être apportés.

POLOGNE : Avancée importante pour les droits reproductifs des femmes

Ce que l’on appelle « les droits reproductifs » sont l’ensemble des droits et libertés qui concernent la santé liée à la reproduction. Ce sont les droits qui permettent aux personnes de décider par elles-mêmes si elles veulent tomber enceinte ou non, à quel moment, si elles veulent prendre une contraception ou avoir recours à un avortement (c’est-à-dire à une interruption volontaire de grossesse, un IVG).

En Pologne, l’avortement n’est autorisé que dans deux cas : lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel (comme un viol ou un inceste) ou lorsqu’elle met en danger la vie ou la santé de la mère.

Le 20 octobre, le Parlement polonais a adopté deux projets de loi qui dépénalisent partiellement le recours à l’avortement. Ces nouveaux projets de loi prévoient que l’aide à l’interruption volontaire de grossesse soit dépénalisée et rétablissent l’accès à l’IVG en cas de graves malformations du fœtus. Même si le président Karol Nawrocki pourrait encore y appliquer son veto, ce vote représente une étape importante dans le renforcement des droits reproductifs en Pologne.

SERBIE : victoire de la jeunesse contre 14 ans de pratiques autoritaires

En Serbie, un mouvement d’opposition porté par des étudiant·e·s a remporté la majorité des sièges au Parlement le 25 octobre. Cette victoire met fin à 14 années de pouvoir autoritaire du dirigeant nationaliste pro-russe, Aleksandar Vučić et marque l’aboutissement d’une mobilisation citoyenne sans précédent de la Gen Z. Elle est le résultat de deux années de mobilisations étudiantes pour la restauration de la démocratie, le respect des droits humains, la fin de la corruption, pour la vérité et la justice.

Ce mouvement étudiant est né à la suite de l’effondrement du toit de la gare de Novi Sad, au nord de la Serbie, alors qu’il venait d’être rénové. Cet accident a coûté la vie à 16 personnes, et a été pris comme symbole de la corruption, par les étudiant·e·s qui, sans relâche, jusqu’aux élections, ont dénoncé la corruption généralisée, le manque de responsabilité des politiques et l’absence de justice et de transparence dans le pays.

BRÉSIL : Un sursaut de la jeunesse contre les extrêmes qui piétinent les droits humains

Le 25 octobre au Brésil, le candidat sortant, le président Lula a remporté l’élection présidentielle face au candidat d’extrême-droite Flavio Bolsonaro. Une issue inattendue d’après les sondages, rendue possible par une mobilisation massive et spontanée de la Gen Z durant l’entre-deux tours.

Quelques jours avant les élections, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les rues pour appeler à résister aux atteintes aux droits humains, aux attaques contre l’Amazonie et la justice sociale et à l’affaiblissement de l’État de droit.

Cette victoire s’inscrit dans un mouvement global où la Gen Z mondiale fait front commun face au rétrécissement des libertés civiques et aux pratiques autoritaires.

PRIX NOBEL DE LA PAIX : Navi Pillay

Le prix Nobel de la Paix 2026 a récompensé Navi Pillay pour son engagement de toute une vie en faveur des droits humains, de la justice et de la reddition des comptes.

Navi Pillay a débuté sa carrière d’avocate en défendant des militant·e·s anti-apartheid en Afrique du Sud et elle a été la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat·e·s dans ce qui s’appelait alors la province du Natal, en 1967. Elle a ensuite été nommée juge par intérim à la Haute Cour d’Afrique du Sud en 1995 et, la même année, elle a été élue par l’Assemblée générale des Nations unies à un poste de juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, dont elle a été la présidente pendant huit ans. Elle a également été juge à la Cour pénale internationale de 2003 à 2008. En 2008, Navi Pillay a été nommée Haute-commissaire aux droits de l’homme à l’Organisation des Nations unies. En 2021, elle a été nommée présidente de la Commission internationale indépendante des Nations unies chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé. Elle a supervisé le rapport des Nations unies qui a conclu qu’Israël commettait un génocide à Gaza.

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