Monde : une large victoire pour l’accès des femmes à la justice à l’ONU

Le 9 mars 2026, lors de sa session annuelle, la Commission de la condition de la femme de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté ses Conclusions concertées pour renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, malgré plusieurs semaines de fortes tensions.
Le texte a été approuvé par une très large majorité d’États : 37 pays ont voté en faveur, six se sont abstenus et un seul s’y est opposé. Ce soutien massif marque un engagement fort de la communauté internationale en faveur des droits des femmes.
Tout au long des négociations, un petit groupe d’États a tenté d’affaiblir le texte ou d’en empêcher l’adoption. Mais la majorité des pays a résisté à ces pressions, refusant de revenir sur des acquis essentiels en matière d’égalité de genre. La mobilisation de la société civile et des mouvements féministes a joué un rôle clé. Pendant des mois, organisations et militantes se sont engagées pour défendre ces avancées et maintenir la pression sur les gouvernements.
L’adoption de ces conclusions concertées permet de protéger des normes d’égalité des genres existant de longue date et de garantir ainsi que des avancées obtenues de haute lutte soient protégées et vigoureusement défendues. Pour Amnesty International, ce résultat envoie un signal fort : malgré les attaques contre les droits humains, les États restent nombreux à défendre la justice de genre.
Belgique : une première victoire judiciaire majeure dans le Farmer Case contre TotalEnergies

Un peu plus de deux ans après le lancement du « Farmer Case », une étape vient d’être franchie : le 18 mars, le tribunal de l’entreprise de Tournai a jugé l’action recevable. Pour Hugues Falys, agriculteur belge confronté aux conséquences du dérèglement climatique, et pour les organisations qui le soutiennent, c’est un tournant. Pour la première fois en Belgique, la justice reconnaît clairement que des victimes du changement climatique peuvent poursuivre une multinationale, même si celle-ci n’est pas basée dans leur pays. Cette décision confirme que les entreprises fortement émettrices, comme TotalEnergies, ne peuvent plus échapper aussi facilement à leurs responsabilités en invoquant des questions de compétence territoriale. Elle reconnaît aussi une réalité de plus en plus visible : le dérèglement climatique a des impacts directs et parfois dévastateurs sur des secteurs comme l’agriculture.
Sur le fond, le tribunal a toutefois décidé de surseoir à statuer. Autrement dit, il met la procédure en pause dans l’attente d’une décision : celle du procès en cours à Paris contre TotalEnergies, intenté notamment par plusieurs organisations et la ville de Paris pour manquement à son devoir de vigilance climatique. Ce jugement est attendu le 25 juin 2026 et pourrait peser lourd dans la suite de l’affaire belge.
Malgré ce délai, les soutiens du Farmer Case saluent une avancée importante. Cette recevabilité ouvre la voie à d’autres actions similaires en Europe et renforce une jurisprudence climatique encore émergente, mais en pleine construction. Elle affirme aussi que la justice peut devenir un levier important pour contraindre les grands acteurs économiques à rendre des comptes face à la crise climatique.
États-Unis : libération de Leqaa Kordia après plus d’un an de détention arbitraire

Le 13 mars, après plus d’un an de détention, Leqaa Kordia a enfin été libérée par l’Agence fédérale de l’immigration des États-Unis (ICE). Cette jeune palestinienne a ainsi pu retrouver sa famille dans le New Jersey.
Arrêtée en mars 2024 après avoir participé à une manifestation contre le génocide à Gaza, Leqaa Kordia avait été détenue de manière arbitraire. Son arrestation et sa détention ont soulevé de graves préoccupations en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne le respect de la liberté d’expression et du droit de réunion pacifique.
Durant sa détention, plusieurs violations de ses droits fondamentaux ont été signalées. Ses pratiques religieuses n’ont pas été respectées : elle n’a pas eu accès à une alimentation adaptée à sa foi, ni à un espace pour prier. Elle n’a pas non plus été prévenue lorsque des hommes entraient dans son dortoir, y compris lorsqu’elle ne portait pas son voile. Ces conditions illustrent des manquements graves au respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes détenues.
Cette libération constitue une étape importante, mais elle ne fait pas disparaître les injustices subies. Leqaa Kordia n’aurait jamais dû être arrêtée, encore moins détenue arbitrairement. Cette affaire rappelle que les États ont l’obligation de garantir et de protéger les droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, de rassemblement et de religion. Si cette libération apporte un soulagement, la mobilisation reste essentielle.
Ukraine : un couple homosexuel reconnu comme une famille

En mars, une décision importante a été rendue en Ukraine : la Cour suprême du pays a confirmé qu’un couple homosexuel pouvait être reconnu comme une famille. Concrètement, cela signifie que deux personnes du même sexe qui vivent ensemble peuvent être considérées comme une vraie vie familiale, même si la loi ne reconnaît pas officiellement leur union.
L’affaire concernait un diplomate ukrainien en poste à l’étranger et son compagnon. Il souhaitait que celui-ci soit reconnu comme membre de sa famille pour pouvoir l’accompagner dans sa mission. Les autorités avaient refusé, en s’appuyant sur la loi ukrainienne, qui ne reconnaît que le mariage entre un homme et une femme. Le couple a alors saisi la justice, et un premier tribunal leur a donné raison en affirmant qu’ils formaient bien une famille dans les faits. Cette décision vient maintenant d’être confirmée par la plus haute juridiction du pays.
C’est une décision très importante. Elle crée un précédent (c’est-à-dire un exemple que d’autres juges pourront suivre) et rappelle que la justice doit protéger la vie privée et familiale de toutes les personnes, y compris les personnes LGBTI+. Mais cette avancée reste partielle. En Ukraine, les couples de même sexe ne peuvent toujours pas se marier ni bénéficier des mêmes droits que les couples hétérosexuels. La décision reconnaît leur réalité au cas par cas, mais ne change pas encore la loi.
C’est donc une évolution encourageante, elle améliore concrètement la situation de certains couples et fait avancer les droits mais elle montre aussi qu’il reste encore du chemin à parcourir pour une reconnaissance complète et une égalité réelle.
États-Unis : un verdict historique contre Meta et YouTube pour atteinte à la santé mentale d’une mineure

Le 25 mars une autre décision importante a été rendue, cette fois-ci à Los Angeles. Un jury américain a reconnu Meta et YouTube coupables de négligence dans la conception de leurs plateformes. En cause : des fonctionnalités jugées addictives, accusées d’avoir contribué à détériorer la santé mentale d’une jeune femme.
Ce verdict marque un tournant. Pour la première fois, des géants technologiques sont tenus responsables des effets néfastes de leurs algorithmes sur des mineurs. Les jurés ont estimé que les entreprises connaissaient les risques liés à certaines fonctionnalités, comme le défilement infini, sans pour autant avertir les utilisateurs et utilisatrices ni mettre en place des protections suffisantes pour les plus jeunes.
Le tribunal a ordonné le versement de 6 millions de dollars de dommages et intérêts, mais les entreprises concernées, ainsi que leur maison mère Google, ont contesté cette décision et annoncé leur intention de faire appel. Malgré cela, ce jugement pourrait avoir des répercussions considérables : il ouvre la voie à des milliers d’autres procédures en cours aux États-Unis concernant les impacts des réseaux sociaux sur les jeunes.
Ce verdict s’inscrit dans une dynamique plus large. Dans une autre affaire jugée au Nouveau-Mexique, un jury a également estimé que Meta était responsable de préjudices liés à la santé mentale et à la sécurité des enfants, lui infligeant une lourde amende. Cette décision constitue une avancée importante dans la reconnaissance des responsabilités des plateformes numériques.
Bélarus : la libération de 250 prisonnier·ère·s politiques, une avancée importante

Le 19 mars, les autorités du Bélarus ont libéré 250 personnes emprisonnées pour des raisons politiques. Parmi elles figurent des défenseur·e·s des droits humains, comme Marfa Rabkova, Nasta Loika et Valentin Stefanovitch. Après des années de détention injuste, cette libération représente un immense soulagement pour les personnes concernées et leurs proches.
Arrêtées pour des accusations à caractère politique, c’est-à-dire liées à leurs opinions, leur engagement ou leur participation à des manifestations, ces personnes n’auraient jamais dû être privées de liberté. Certaines, comme Mikita Zalatarou, étaient encore mineures au moment de leur arrestation. Cette décision marque donc une avancée importante et un signal encourageant, dans un contexte où la répression reste très forte dans le pays. Mais cette avancée ne doit pas être confondue avec une véritable justice. En effet, ces personnes n’auraient jamais dû passer un seul jour en prison. Leur libération, issue de négociations avec les États-Unis, ne répare pas les violations subies et ne remplace pas la nécessité de demander des comptes aux responsables.
Surtout, de nombreuses personnes restent encore détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux, tandis que de nouvelles arrestations continuent d’être signalées. La répression, qui s’est intensifiée après l’élection présidentielle contestée de 2020 au Bélarus, est toujours en cours aujourd’hui.
Cette libération est donc une étape importante, qu’il faut saluer, mais elle rappelle aussi qu’il reste encore beaucoup à faire pour mettre fin aux détentions arbitraires et garantir une réelle justice.
