Bonnes nouvelles de mai

De la relance au sein de l’Union européenne d’un appel à une loi sur le viol fondée sur le consentement, autour du principe du « Oui, c’est oui », marquant une avancée importante dans la reconnaissance et la protection des victimes de violences sexuelles, à une Brussels Pride record en Belgique réunissant plus de 216 000 personnes pour les 30 ans de la marche des fiertés et témoignant de la force continue des mobilisations LGBTQIA+, en passant par l’adoption par l’ONU d’une résolution historique renforçant les obligations des États face à l’urgence climatique et posant un cadre plus exigeant en matière de responsabilité internationale, ou encore la confirmation définitive par la Cour de cassation belge de la condamnation de l’État pour des crimes commis durant la colonisation du Congo et la reconnaissance judiciaire majeure des violences coloniales, plusieurs avancées importantes ont marqué la scène internationale. Voici quelques bonnes nouvelles qui ont marqué le mois de mai.

Union européenne : un nouvel élan pour une loi sur le viol fondée sur le consentement « Oui, c’est oui »

Le 28 avril 2026, le Parlement européen a adopté un rapport relançant l’appel à instaurer une définition du viol fondée sur le consentement à l’échelle de l’Union européenne. Nous relayons ici cette information, car elle n’a pas été mentionnée dans les « bonnes nouvelles » du mois d’avril, alors qu’elle constitue une avancée importante dans le débat européen sur les violences sexuelles.

Cette initiative marque une étape significative dans la volonté d’harmoniser les législations des États membres et de renforcer la protection des victimes à travers une définition commune du viol basée sur le consentement.

Ce rapport intervient dans un contexte où les violences sexuelles restent massives et largement sous-déclarées en Europe. Les données disponibles montrent qu’une femme sur six dans l’Union européenne est victime de violences sexuelles à l’âge adulte, et qu’une sur dix sera violée au cours de sa vie. Face à cette réalité, l’idée d’une définition commune fondée sur le consentement est de plus en plus considérée comme une réponse nécessaire et structurante.

Le texte s’appuie sur le principe du « Oui, c’est oui », selon lequel tout acte sexuel doit reposer sur un consentement libre, explicite et actif. Cette approche représente un changement important par rapport à certains cadres juridiques encore centrés sur la contrainte, la violence ou la menace.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique déjà engagée dans plusieurs États européens, où des législations fondées sur le consentement ont été adoptées ces dernières années, notamment en Suède, en Espagne, en France, ainsi qu’aux Pays-Bas ou en Croatie. Dans ces pays, la notion de consentement actif a progressivement transformé les cadres juridiques et les débats publics autour des violences sexuelles.

La prochaine étape dépend désormais de la Commission européenne, appelée à transformer cet appel politique en proposition législative.

Belgique : Brussels Pride 2026 — une participation record pour les 30 ans de la marche des fiertés

Le 16 mai 2026, la Brussels Pride a rassemblé environ 216 000 personnes dans le centre de Bruxelles. Cette édition, marquant le 30e anniversaire de l’événement, confirme l’ampleur croissante de la mobilisation en faveur des droits et de la visibilité des personnes LGBTQIA+ dans la capitale européenne.

Sous le thème « When Times Get Darker (Quand les temps deviennent plus sombres), We Shine Brighter (nous brillons plus fort)  », la marche a traversé le centre-ville au départ du Mont des Arts, réunissant une foule nombreuse et festive. L’événement a mêlé célébration, revendications politiques et expressions culturelles, dans un contexte international où les droits des personnes LGBTQIA+ restent régulièrement contestés ou fragilisés.

Par rapport à l’édition précédente, qui avait réuni environ 70 000 personnes en 2025, la participation de 2026 marque une hausse considérable et témoigne d’un ancrage de plus en plus important de la Pride. Au-delà des chiffres, cette édition anniversaire met en lumière la continuité d’un mouvement de visibilité et de revendication qui, depuis 30 ans, fait de la Brussels Pride un moment central de mobilisation pour l’égalité, les droits et la reconnaissance des personnes LGBTQIA+ en Belgique et en Europe.

ONU : adoption d’une résolution historique pour renforcer les obligations climatiques des États

Le 21 mai 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution majeure visant à consolider les obligations des États en matière de lutte contre le changement climatique. Le texte a été approuvé par 141 pays, malgré l’opposition de huit États, dont les États-Unis, Israël, la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite.

Portée par le Vanuatu, petit État insulaire particulièrement exposé aux conséquences du dérèglement climatique, cette résolution constitue une avancée importante pour les défenseur·ses de la justice climatique. Elle s’appuie sur l’avis consultatif rendu récemment par la Cour internationale de Justice (CIJ), qui affirme que les États violant leurs obligations climatiques peuvent commettre un acte « illicite » au regard du droit international.

Le texte adopté rappelle l’obligation des États de protéger le climat et insiste sur la nécessité de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Il souligne également l’importance d’une sortie progressive des énergies fossiles afin de prévenir des catastrophes humaines et environnementales toujours plus graves.

Cette résolution représente un signal fort pour les populations déjà touchées par les conséquences du changement climatique, notamment les communautés confrontées à la montée des eaux, aux sécheresses ou à la destruction de leurs moyens de subsistance. Pour les États insulaires, comme le Vanuatu, elle constitue une reconnaissance essentielle de leur combat pour la justice climatique et la responsabilité des grands émetteurs de gaz à effet de serre.

Malgré plusieurs concessions obtenues par certains États opposés au texte, notamment la suppression d’un projet de registre international des dommages climatiques, la résolution ouvre la voie à un renforcement du droit international climatique et à de futures avancées en matière de responsabilité et de réparations.

Cette adoption montre également qu’une large majorité d’États reconnaît désormais l’urgence climatique comme une question centrale de droits humains, de justice et de solidarité internationale.

Enfin, cette avancée montre aussi la force des mobilisations citoyennes, des mouvements sociaux et de la société civile à travers le monde, car, si on en est arrivé jusqu’ici aujourd’hui, c’est grâce à une campagne intensive lancée au départ par un petit groupe de jeunes étudiant·e·s en droit dans les îles du Pacifique, soutenue ensuite par un grand nombre d’organisations et de personnes !

Belgique : condamnation définitive de l’État pour crime contre l’humanité durant la colonisation du Congo

Le 22 mai 2026, la Cour de cassation belge a confirmé définitivement la condamnation de l’État belge pour des crimes commis durant la période coloniale au Congo. Cette décision historique reconnaît la responsabilité de la Belgique dans la politique de ségrégation raciale et d’enlèvements forcés d’enfants métis menée pendant la colonisation.

La Cour a rejeté le pourvoi introduit par l’État belge contre l’arrêt rendu le 2 décembre 2024 par la cour d’appel de Bruxelles. Cette décision devient donc définitive et oblige l’État à indemniser cinq victimes de cette politique coloniale.

Les victimes avaient engagé une action en justice contre l’État belge pour crime contre l’humanité. Elles dénonçaient les séparations forcées imposées aux enfants métis, arrachés à leurs familles et placés dans des institutions au nom d’une politique raciste mise en œuvre par les autorités coloniales belges.

Cette condamnation constitue une avancée majeure pour la reconnaissance des violences coloniales et des souffrances infligées aux populations concernées. Il s’agit également d’une décision historique à l’échelle européenne : c’est la première fois qu’un État européen est condamné à indemniser des victimes de crimes liés à la colonisation.

Cette reconnaissance judiciaire marque une étape importante dans la lutte contre l’impunité des crimes coloniaux et dans la quête de vérité, de justice et de réparation portée depuis des années par les victimes et leurs familles.

Honduras : trois suspects arrêtés dans l’affaire de l’assassinat de Juan López

Le 13 mai 2026, les autorités honduriennes ont procédé à l’arrestation de trois hommes soupçonnés d’avoir planifié et commandité l’assassinat de Juan López, défenseur de l’environnement et figure engagée dans la protection des ressources naturelles de la région de Tocoa. Parmi les personnes arrêtées figure l’ancien maire de la ville de Tocoa, ce qui marque une avancée significative dans cette affaire très suivie par les organisations de défense des droits humains, en particulier par Amnesty International.

À la suite de leur arrestation, un juge a ordonné leur placement en détention provisoire dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire. La prochaine audience est prévue pour le 12 août 2026.

Cette évolution représente une étape importante dans la lutte contre l’impunité au Honduras, où les attaques visant les défenseurs de l’environnement et des droits humains demeurent une source de préoccupation majeure. Depuis l’assassinat de Juan López, de nombreuses organisations nationales et internationales se sont mobilisées pour réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances du crime et que les responsables soient traduits en justice. Amnesty International a notamment mis en avant la situation de Juan López dans le cadre de l’édition 2025/2026 du marathon des lettres « Écrire pour les droits ».

La campagne de sensibilisation menée autour de cette affaire, combinée à un soutien apporté à la communauté locale en matière d’assistance juridique et de communication, a contribué à accroître la visibilité du dossier. Cette mobilisation aurait permis de maintenir une pression constante sur les autorités honduriennes et de favoriser les avancées observées ces derniers mois dans l’enquête.

Comme quoi, les mobilisations citoyennes peuvent réellement faire la différence ! En signant une pétition, en écrivant une lettre, en relayant une campagne ou en participant à des actions de plaidoyer, tu contribues à maintenir l’attention sur des affaires qui risqueraient autrement de tomber dans l’oubli. Dans le cas de Juan López, la pression exercée par des milliers de personnes et d’organisations a probablement joué un rôle important pour que les autorités poursuivent leurs efforts et que des avancées concrètes soient enfin obtenues dans la recherche de justice.

France : l’Assemblée nationale abroge à l’unanimité le Code noir et les textes encadrant l’esclavage

Le 28 mai 2026, l’Assemblée nationale française a adopté à l’unanimité une proposition de loi visant à abroger officiellement le Code noir ainsi que l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage dans les colonies françaises. Bien que ces textes n’aient plus d’effet juridique depuis l’abolition de l’esclavage en 1848, ils n’avaient jamais été formellement retirés du droit français.

Cette décision marque une avancée symbolique importante dans le travail de mémoire autour de l’histoire de l’esclavage en France. Les 254 député·e·s présent·e·s, issu·e·s de tous les groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale, ont soutenu le texte porté par le député guadeloupéen Max Mathiasin.

Promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, le Code noir organisait juridiquement l’esclavage dans les colonies françaises. Il réduisait les personnes esclavagisées au statut de biens meubles et prévoyait des sanctions extrêmement violentes en cas de fuite ou de résistance. Son maintien dans les textes de droit était depuis longtemps dénoncé, notamment par Amnesty International, comme une contradiction avec les valeurs républicaines contemporaines.

Le président Emmanuel Macron avait lui-même apporté son soutien à cette initiative, estimant que la présence de ces textes dans l’ordre juridique français constituait « une trahison de ce qu’est la République  ». La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a également souligné que si le Code noir n’avait plus d’effet juridique, « son empreinte et son poids sont toujours là ».

Le vote intervient 25 ans après la loi Taubira de 2001, qui avait reconnu la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Plusieurs député·e·s ont rappelé que cette abrogation ne met pas fin aux débats sur les conséquences contemporaines de l’esclavage, mais qu’elle constitue un geste fort de reconnaissance et de justice symbolique envers les millions de personnes qui en ont été victimes.

La loi prévoit également la remise d’un rapport gouvernemental consacré à l’héritage du droit colonial, à ses effets de long terme sur les discriminations et le racisme, ainsi qu’à la place de l’histoire de l’esclavage dans les programmes scolaires.

Cette décision représente ainsi une étape importante dans la reconnaissance du passé esclavagiste de la France et dans la volonté de faire davantage correspondre les textes juridiques aux principes d’égalité et de dignité humaine défendus aujourd’hui.

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