Les victoires de 2019

Alors que les inégalités, l’injustice et les discours haineux semblent plus généralisés que jamais dans le monde, il serait pardonnable de penser que l’année 2019 a été une mauvaise année pour les droits humains.
Pourtant, nous avons aussi remporté des victoires considérables. Des militants du monde entier se sont mobilisés pour se battre pour nos droits humains, et, grâce à leur travail de campagne acharné, nous avons obtenu plusieurs avancées remarquables. Voici certains des moments forts en 2019 !

Janvier

Asim Omar Hassan acquitté

Asim Omar Hassan, étudiant et militant soudanais, a été arrêté le 2 mai 2016 et accusé d’avoir tué un policier durant les manifestations organisées à l’Université de Khartoum le mois précédent. Accusé d’un meurtre qu’il n’avait pas commis, il a été jeté en prison, torturé et condamné à mort. Après une forte mobilisation autour de son cas et un deuxième procès, Asim a été déclaré non coupable et acquitté par la justice, le 22 janvier 2019, à seulement 24 ans.

Julián Carrillo, défenseur des droits humains et de l’environnement

En hommage à Julián Carrillo, un militant mexicain en faveur de l’environnement assassiné en octobre 2018 pour ses actions, Amnesty International a rédigé un rapport sur l’inaction du gouvernement mexicain en ce qui concerne la protection des défenseurs des droits humains liés à l’environnement, comme Julián. Quelques heures à peine après la publication du rapport, les responsables présumés de l’assassinat de Julián Carrillo ont été arrêtés, ce qui démontre l’impact immédiat que le travail d’Amnesty peut avoir sur la justice.

Février

L’exécution de la militante saoudienne Israa al Ghomgham annulée

Israa al Ghomgham, 29 ans, avait été arrêtée avec son mari Moussa al Hashem en décembre 2015 en raison de leur participation pacifique à des manifestations antigouvernementales. L’Arabie saoudite avait alors requis la peine de mort contre Israa, qui aurait été la première femme à être condamnée à mort pour avoir participé à des manifestations. En février 2019, grâce à l’attention de la communauté internationale et au travail de campagne d’Amnesty, les autorités saoudiennes ont annulé l’exécution d’Israa al Ghomgham. Cependant, Israa encourt toujours une peine de prison et Amnesty continue à faire campagne en faveur de sa libération immédiate et inconditionnelle.

Mars

Le mois de mars 2019 fut marqué par des événements majeurs dans la défense des droits humains : Shawkan en Égypte et Bayram et Giyas en Azerbaïdjan ont été libérés ! Des avancées également en Ukraine envers les droits des femmes et au Kirghizistan pour les personnes en situation de handicap.

Libération de Shawkan

Mahmoud Abou Zeid, alias Shawkan, photojournaliste, avait été arrêté le 14 août 2013 au Caire, en Égypte, pour avoir pris des photos lors d’une manifestation violemment réprimée par les autorités en place. Il risquait d’être condamné à mort. Le 4 mars 2019, Shawkan a finalement été libéré après avoir passé plus de 5 ans et demi en prison. Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour lui : nous avons reçu plus de 8 300 cartes en sa faveur de la part d’élèves d’écoles primaires et secondaires de Bruxelles et de Wallonie. Si la forte pression exercée sur les autorités au sujet de son cas a certainement joué un grand rôle dans sa libération, sa liberté n’est cependant pas totale, car la justice a décidé qu’il devrait passer 12 heures par jour au poste de police durant les 5 prochaines années.

8 mars : Journée internationale des droits des femmes et changement majeur en Ukraine

En Ukraine, un rassemblement organisé par la défenseure des droits humains Vitalina Koval à Oujgorod, dans l’ouest du pays, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes s’est déroulé pacifiquement et les manifestants ont été protégés par la police. L’événement a marqué un changement majeur dans la région, car les précédents rassemblements de ce type organisés par Vitalina Koval les années précédentes avaient été la cible de groupes d’extrême droite, et les participants n’avaient pas été protégés par la police.

Avancée en faveur des personnes en situation de handicap au Kirghizistan

En 2002, Goulzar Douichenova a perdu l’usage de ses jambes après un accident de voiture impliquant un conducteur en état d’ivresse. Depuis cet accident, elle consacre son temps en faveur des droits des personnes en situation de handicap au Kirghizistan. Un combat qui a porté ses fruits, puisque le 14 mars 2019, le président du Kirghizistan a ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Vous avez été nombreux à vous mobiliser en sa faveur dans le cadre de notre action Écrire pour les droits. Près de 250 000 messages ont été envoyés pour soutenir son combat.

Libération de Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov

Le 9 mai 2016, Bayram et Giyas, deux jeunes étudiants d’Azerbaïdjan, ont partagé une photo sur les réseaux sociaux, après avoir tagué « Joyeuse fête de l’esclavage » sur la statue de l’ancien président du pays et père de l’actuel président, afin de dénoncer l’autoritarisme du régime. Initialement condamnés à 10 ans de prison pour le simple fait d’avoir exprimé leur opinion, Bayram et Giyas ont été libérés le 16 mars 2019, après près de 3 ans derrière les barreaux. En Belgique francophone, près de 7 000 cartes ont été complétées dans des écoles en leur faveur. Vos actions ont un impact !

Avril

Victoire de l’amour en Turquie

En avril, l’amour a triomphé, lorsqu’une interdiction totale, en place depuis novembre 2017, de tous les événements organisés par des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBTI) à Ankara, en Turquie, a été levée par une cour d’appel administrative. « C’est un tournant pour les droits des personnes LGBTI en Turquie et une grande victoire pour des militants en faveur des droits des personnes LGBTI : l’amour a une fois de plus triomphé », a déclaré Fotis Filippou, directeur des campagnes pour l’Europe à Amnesty International.

Mai

L’amour a triomphé une nouvelle fois en mai !

Taiwan légalise le mariage entre personnes de même sexe

Taiwan est devenu le premier pays en Asie à légaliser le mariage entre personnes de même sexe, lorsque le pays a adopté une loi historique le 17 mai. Les premiers mariages entre personnes de même sexe ont eu lieu le 24 mai. Amnesty faisait campagne depuis des années avec des groupes de défense des droits des personnes LGBTI de Taiwan dans le but d’obtenir ce résultat. Nous travaillons maintenant en vue de mettre fin à toute discrimination des personnes LGBTI à Taiwan.

Juin

Greta Thunberg et Fridays for Future récompensés par Amnesty International

La militante pour le changement climatique Greta Thunberg et le mouvement de collégiens, de lycéens et d’étudiants Fridays for Future ont été récompensés par le prix Ambassadeur de la conscience 2019 d’Amnesty International. Le mouvement Fridays for Future a été lancé par Greta Thunberg, une adolescente suédoise qui a décidé en août 2018 de sécher l’école chaque vendredi pour protester devant le Parlement suédois jusqu’à ce qu’il prenne des mesures fortes pour lutter contre le dérèglement climatique. Nous pouvons facilement dire que l’année 2019 aura largement été marquée par les nombreuses manifestations organisées en faveur du climat à travers le monde.

Victoire historique pour les femmes en Grèce et avancée au Danemark

La Grèce a enfin adopté une législation reconnaissant qu’un rapport sexuel non consenti est un viol et le gouvernement danois s’est engagé à faire de même. Ces mesures témoignent de la persévérance et du courage de victimes et de militants depuis plusieurs années et créent un véritable élan en Europe, qui fait suite à l’analyse publiée en 2018 par Amnesty sur les législations archaïques qui étaient toujours en place dans 31 pays européens et sur d’autres obstacles à l’accès à la justice pour les victimes de viol. Cette année, Amnesty International et SOS Viol lance une nouvelle campagne contre le viol en Belgique à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020. De nombreuses actions auront lieu.

Juillet

Libération de Mohamed Mkhaïtir

Mohamed Mkhaïtir a été arrêté en Mauritanie, le 5 janvier 2014, et condamné à mort pour avoir publié un billet de blog traitant de l’esclavage et de la discrimination liée aux castes. Les autorités l’ont maintenu en détention dans un lieu tenu secret, où il n’avait que des contacts limités avec sa famille et aucun contact avec ses avocats. Le 29 juillet 2019, Mohamed Mkhaïtir a été libéré après plus de 5 ans de détention arbitraire. À sa libération, il a déclaré à Amnesty International : « Sans vos efforts, je n’aurais pas été libéré ».

Août

Hamid Babaei a été libéré

Hamid Babaei, doctorant iranien de l’Université de Liège, a été arrêté à Téhéran en août 2013, accusé « d’atteinte à la sécurité nationale par la communication avec des États hostiles », dans ce cas-ci la Belgique, et condamné à 6 ans de prison. Il a en réalité refusé d’espionner d’autres étudiants iraniens en Belgique pour le compte du ministère du Renseignement. Hamid a bénéficié d’un soutien exceptionnel en Belgique. Plusieurs pétitions ont été lancées en sa faveur, avec plus de 55 000 signatures récoltées en Belgique francophone. Le 6 août 2019, Hamid Babaei a été libéré après avoir purgé la peine de 6 ans à laquelle il avait été condamné. Même s’il n’a pas été libéré avant la fin de sa peine, Hamid Babaei a indiqué que le soutien reçu en prison de la part des militants d’Amnesty l’avait beaucoup aidé.

Evelyn Hernández déclarée innocente

Le 6 avril 2016, Evelyn Hernández salvadorienne âgée de 21 ans, a subi une urgence obstétricale conduisant à une fausse couche. Le personnel qui s’est occupé d’elle à l’hôpital l’a dénoncée à la police. Evelyn a été arrêtée, jugée et condamnée à 30 ans d’emprisonnement pour homicide avec circonstances aggravantes. Le 19 août 2019, elle a finalement été déclarée innocente au cours d’un second procès. Il s’agit là d’une victoire retentissante pour les droits des femmes au Salvador.

Septembre

Après les libérations de Mohamed Mkhaïtir, Hamid Babaei et la victoire retentissante pour les droits des femmes au Salvador avec Evelyn Hernández, le mois de septembre 2019 est également marqué par deux libérations majeures : celles d’Oleg Sentsov et d’Ahmed H.

Oleg Sentsov libre !

Oleg Sentsov, réalisateur ukrainien, a été condamné, le 25 août 2015, par un tribunal militaire russe à 20 ans de réclusion pour avoir été reconnu coupable de « terrorisme » à l’issue d’un procès inéquitable fondé sur des « aveux » extorqués sous la torture. Les accusations étaient motivées par des considérations politiques, après qu’Oleg Sentsov eut exprimé son opposition à l’occupation de la péninsule de Crimée, en Ukraine, par la Russie, ce qui faisait de lui un prisonnier politique. Le 7 septembre 2019, après plus de six ans passés derrière les barreaux et une forte mobilisation d’Amnesty International, Oleg Sentsov a été libéré.

Ahmed H. peut rejoindre sa famille

En août 2015, Ahmed H. a quitté son foyer à Chypre pour aller aider ses parents et d’autres membres de sa famille à fuir le conflit syrien et à trouver refuge en Europe. Arrivés à la frontière serbo-hongroise, des heurts ont éclaté entre la police et des migrants. Ahmed a tenté d’apaiser les émeutes, mais il est arrêté, placé en détention en Hongrie et injustement déclaré coupable à 10 ans de prison pour « complicité d’actes terroristes », peine qui sera par la suite réduite. Des mois d’actions ont été entrepris pour Ahmed H. Plus de 24 000 personnes ont participé à la campagne d’Amnesty International. Le 28 septembre 2019, les autorités chypriotes ont enfin autorisé Ahmed H. à retrouver sa famille après avoir été séparé de son épouse et de ses filles depuis presque quatre ans.

Octobre

Hajar Raissouni libérée

Hajar Raissouni, journaliste, a été arrêtée le 31 août 2019 avec son fiancé Amin Rifaat, alors qu’ils sortaient d’un cabinet médical à Rabat, au Maroc, accusés d’avoir consenti à un avortement et eu des rapports sexuels hors mariage. Le médecin et deux autres membres du personnel médical ont également été arrêtés, accusés d’avoir pratiqué un avortement ou d’y avoir participé. Hajar Raissouni et son fiancé ont tous deux été condamnés à un an d’emprisonnement pour avortement « illégal ». Le 16 octobre 2019, Hajar Raissouni a été remise en liberté à la faveur d’une grâce royale accordée également à son fiancé et aux membres du personnel médical impliqué dans cette affaire.

Novembre

La solidarité n’est pas un crime

L’actualité du mois de novembre 2019 est marquée par deux victoires considérables envers les actions légitimes des bénévoles humanitaires à l’égard des personnes migrantes. En effet, Pierre Mumber et Scott Warren ont été déclarés non coupables à l’issue de leur procès respectif. Pierre Mumber, guide de haute montagne français avait offert du thé et des vêtements chauds à quatre demandeurs d’asile originaires d’Afrique de l’Ouest dans les Alpes et était accusé d’« aide à l’entrée irrégulière d’un étranger ». Scott Warren, quant à lui, était venu en aide à des migrants à la frontière entre les États-Unis et le Mexique en leur fournissant de la nourriture, de l’eau, une assistance médicale et un abri.

Décembre

Décision historique envers la responsabilité sociale et environnementale des entreprises

Aux Philippines, la Commission des droits humains a annoncé que 47 entreprises du secteur des énergies fossiles et grandes émettrices de carbone pourraient être amenées à répondre de violations des droits des habitants du pays (droit à la vie, à la santé, à l’alimentation, à l’eau ou encore au logement) pour les dégâts provoqués par le changement climatique. Cette décision historique ouvre la porte à d’autres actions en justice, et même à des enquêtes judiciaires, au terme desquelles les entreprises exploitant les énergies fossiles et d’autres grands pollueurs pourraient soit être obligés à payer des dommages et intérêts, soit voir leurs responsables condamnés à des peines d’emprisonnement pour les préjudices liés au changement climatique. Tirons parti de l’impulsion créée par cette décision pour amener les pollueurs et les gouvernements à rendre des comptes !

Sierra Leone : espoir pour des milliers de filles enceintes exclues de l’école

Le 12 décembre 2019, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est prononcé contre l’interdiction faite par le gouvernement de Sierra Leone aux jeunes filles enceintes de suivre des cours et de passer des examens dans un établissement scolaire. Elle a ordonné sa révocation immédiate, c’est-à-dire sa suppression. L’éducation est un droit, et les gouvernements ne peuvent pas décider de le supprimer à titre de sanction. De plus, cette mesure d’interdiction aggravait la marginalisation de ces jeunes femmes.

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