Yecenia Armenta est libre !

La décision prise par un juge, le 7 juin 2016, dans le nord du Mexique, d’acquitter Yecenia Armenta Graciano, mère de deux enfants, et de la remettre en liberté met fin à quatre ans d’injustice.

Comme pour Phyoe Phyoe Aung au Myanmar, des sympathisants d’Amnesty dans le monde entier (y compris en Belgique et notamment dans les écoles) ont écrit des centaines de milliers de lettres, courriels et tweets, entre autres, en faveur de Yecenia Armenta au cours de notre marathon des lettres "Écrire pour les droits".

Yecenia a tenu à remercier tous ceux qui l’avaient soutenue dès sa sortie de prison :

"En ce moment, j’ai beaucoup de sentiments partagés et je ne les ai pas encore assimilés. Je me sens très heureuse et je suis très touchée. J’ai l’impression d’être sortie de la circulation. Je veux voir mes enfants.

À toutes les personnes qui m’ont soutenue, je voudrais vous dire un immense merci. Sans votre soutien, tout cela aurait été impossible. Je tiens à vous remercier d’avoir continuer le combat et de ne pas laisser tomber ce beau travail qui est de se battre pour les droits humains. Parfois, la justice prend tu temps, mais elle arrive toujours.

À toutes les femmes qui souffrent des mêmes traitements que j’ai subis, je voudrais vous dire de ne jamais arrêter de lutter. C’est un combat quotidien, ne perdez pas la foi. Parlez, ne vous taisez pas. Grâce à cela, ma liberté m’a été rendue. Je ne me tairais pas."

En juillet 2012, Yecenia Armenta est arrêtée par la police. Alors qu’elle conduisait, des policiers en civil l’ont arrêtée, l’ont fait sortir de sa voiture, lui ont bandé les yeux et l’ont emmenée. Ils l’ont attachée, l’ont suspendue la tête en bas, l’ont passée à tabac et l’ont violée, tout en la terrifiant avec des menaces de mort violentes contre ses deux enfants. « Je voulais juste qu’ils me tirent une balle dans la tête pour que tout s’arrête », a raconté Yecenia.

Après près de 15 heures de torture, ses agresseurs l’ont menacée d’aller chercher ses enfants, de les violer et de les tuer. C’est à ce moment là qu’elle a craqué et qu’elle a fait ce que les policiers lui demandaient : elle a signé des "aveux" indiquant qu’elle avait commis le meurtre de son mari alors qu’elle avait toujours les yeux bandés.

Aujourd’hui, malgré cette injustice, Yecenia a enfin été libérée !

Les tortures particulièrement cruelles infligées à Yecenia Armenta Graciano font partie des pratiques habituelles dans tout le pays de la police mexicaine, qui présente régulièrement des éléments de preuve illégaux lors des procédures pénales. Sa remise en liberté apporte une petite lueur d’espoir à tous ceux qui sont injustement emprisonnés à travers le pays.

Amnesty International mène un travail de campagne sur un certain nombre d’affaires relatives à des actes de torture au Mexique. Yecenia Armenta Graciano fait partie d’un groupe de femmes courageuses qui ont lancé une campagne nationale visant à « briser le silence » au sujet des violences sexuelles et des autres tortures qui leur ont été infligées.

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