Su Changlan a été libérée

Après avoir passé trois années en prison pour avoir défendu les droits humains, et notamment les droits des femmes et des enfants, la militante chinoise Su Changlan a enfin été libérée ce jeudi 26 octobre.
Malheureusement, ces trois années passées derrière les barreaux ont été difficiles et son état de santé est très préoccupant...


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Une mobilisation massive pour exiger sa libération et la soutenir

Vous avez été nombreux et nombreuses à vous mobiliser pour obtenir sa libération. Merci !

Nous avons reçu plus de 6200 cartes en sa faveur de la part de jeunes d’écoles primaires et secondaires de Bruxelles et de Wallonie ainsi que des dizaines de milliers de signatures de militant-e-s du monde entier exigeant sa libération !

Enfin libre mais en mauvaise santé

C’est un soulagement de savoir que Su Changlan ne passera pas une autre nuit derrière les barreaux. Cependant, elle n’aurait jamais dû être privée de liberté. Sa condamnation injuste a été aggravée par ses conditions de détention effroyables.

Il faut savoir qu’en prison Su Changlan était entassée avec 50 à 70 autres personnes dans une cellule de 80 m2, elle avait un tout petit espace pour dormir et avait accès à des installations sanitaires honteuses. De plus, elle avait des problèmes cardiaques et son état de santé s’est détérioré rapidement, malgré les traitements médicaux qui lui ont été donnés en prison car ils étaient insuffisants et inadaptés à sa condition.

Il est impératif que les autorités veillent à ce que Su Changlan puisse bénéficier des soins adaptés dont elle a besoin et qu’elle n’a pas été autorisée à recevoir en prison. Elle ne doit pas subir les mesures de harcèlement et d’ingérence auxquels sont généralement soumis les militants des droits humains lorsqu’ils sont remis en liberté.

Car libération ne veut pas dire être laissé tranquille… Plusieurs fois, les autorités chinoises ont harcelé et intimidé des militant-e-s après leur libération. En limitant leurs déplacements et leurs communications, ou en les empêchant même de rentrer chez eux par exemple.

Retour sur son arrestation et sa condamnation

Pour rappel, Su Changlan avait été arrêtée en octobre 2014, après avoir exprimé sur les réseaux sociaux son soutien aux manifestations pro-démocratiques qui s’étaient déroulées à Hong-Kong.

Fervente défenseure des droits fondamentaux (droits des enfants migrants, droits des femmes en matière de santé et de procréation, droits politiques), les autorités chinoises avaient décidé de la réduire au silence.

Son procès a eu lieu en avril 2016, mais il a fallu attendre mars 2017 pour que sa condamnation à trois ans de prison soit confirmée. Le jugement énonçait clairement que Su Changlan était déclarée coupable en raison de ses critiques envers le Parti communiste chinois, qu’elle a publiées sur des réseaux sociaux et des sites Internet étrangers.

Avant son arrestation et son emprisonnement en 2014, Su travaillait avec des femmes habitant dans des zones rurales, dans la province de Hainan en Chine. Elle défendait pacifiquement leur droit à l’héritage et veillait à ce que les bénéfices provenant des biens communs soient justement partagés. Elle militait aussi contre la traite des enfants et le mariage forcé par exemple. Plusieurs fois menacée et arrêtée en raison de ses engagements, elle avait été forcée à démissionner de son poste d’institutrice.

Amnesty remercie toute les personnes qui ont soutenu Su Changlan, qui était une prisonnière d’opinion, détenue simplement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression !

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