Les bonnes nouvelles de mai

Droit des personnes de même sexe à se marier, droit à la vie et à la liberté d’expression, droit à la justice : voilà plusieurs domaines où des avancées ont pu être constatées aux quatre coins du monde en ce mois de mai.

NIGÉRIA/PAYS-BAS - Le jugement concernant Shell est une avancée cruciale vers la justice

Sais-tu que la compagnie pétrolière Shell est accusée d’être à l’origine d’une série d’effroyables violations des droits humains commises par le gouvernement nigérian contre le peuple ogoni dans les années 1990 ?

Esther Kiobel, Victoria Bera, Blessing Eawo et Charity Levula ont engagé des poursuites contre Shell aux États-Unis en raison, selon elles, du rôle que cette entreprise a joué dans l’arrestation illégale, la détention et l’exécution de leurs maris par l’armée nigériane, à la suite de la violente répression des manifestations organisées par les Ogonis contre la pollution dévastatrice causée par Shell dans la région.

Mais la Cour suprême américaine a estimé que les États-Unis n’étaient pas compétents pour examiner cette affaire.

Amnesty International a alors aidé Esther Kiobel à porter l’affaire devant la justice néerlandaise en 2017, et a publié un rapport intitulé In The Dock, qui décrit en détail l’implication de Shell dans les arrestations et les exécutions.

C’est dans ce contexte que le tribunal de district de La Haye aux Pays-Bas a rendu, ce 1er mai, un jugement provisoire dans l’affaire intentée par Esther Kiobel et les trois autres veuves concernant l’implication de Shell dans l’arrestation illégale, la détention et l’exécution de leurs époux par l’armée nigériane.

Le tribunal a statué en faveur des plaignantes, assurant qu’il était compétent pour juger cette affaire même si les faits de l’affaire remontaient à près de 30 ans. Le tribunal a également exigé que Shell remette des documents internes confidentiels aux avocats des plaignantes qui auront la possibilité d’interroger les témoins.

« Cette décision judiciaire marque une avancée cruciale en direction de la justice pour Esther et les autres plaignantes. En outre, elle établit un important précédent pour les autres victimes autour du monde qui cherchent à amener des entreprises puissantes à rendre des comptes et luttent pour obtenir justice », a déclaré Mark Dummett, directeur du programme Responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International.

Amnesty International a salué la décision du tribunal, qui a ordonné à Shell de rendre publics certains documents internes, mais regrette qu’il n’ait pas ordonné que soient remis tous les documents demandés par les avocats d’Esther.

BRUNÉI DARUSSALAM - Une première étape vers l’abrogation de lois odieuses

As-tu déjà entendu parler du Brunéi Darussalam ? Il s’agit d’un petit pays d’Asie du Sud-Est. Il est situé sur l’île de Bornéo entre la Malaisie et la mer de Chine.

Ce mois-ci, les autorités du Brunéi Darussalam ont annoncé qu’elles ratifieront la Convention de l’ONU contre la torture. Il s’agit là d’une bonne nouvelle, cependant, elles vont tout de même maintenir le moratoire sur la peine capitale, en vertu de l’ordonnance du Code pénal fondée sur la charia (SPCO) récemment promulguée.

« Nous saluons l’annonce selon laquelle la peine de mort ne sera pas appliquée, tout en déplorant que les autorités du Brunéi Darussalam continuent de défendre le nouveau Code pénal et ses dispositions odieuses. Même si les condamnations à mort ne sont pas mises en œuvre, la peine de mort et d’autres châtiments cruels et inhumains sont toujours inscrits dans la loi et peuvent être prononcés contre des accusés reconnus coupables », a déclaré Rachel Chhoa-Howard, chercheuse sur le Brunéi Darussalam à Amnesty International.

« Le simple fait de promulguer des lois prévoyant des peines telles que la lapidation et l’amputation favorise un environnement haineux et toxique. Les autorités doivent honorer leur promesse et signer la Convention de l’ONU contre la torture. Elles doivent abroger immédiatement ces dispositions légales impitoyables et indéfendables. »

MYANMAR - Libération de journalistes de Reuters

Bonne nouvelle : les journalistes de Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo ont été amnistiés et libérés le 7 mai dernier. Il s’agit d’une victoire importante pour la liberté de presse au Myanmar, pays d’Asie du Sud-Est où celle-ci est régulièrement mise à mal.

« Tous ceux qui ont fait campagne en faveur de leur libération saluent la décision du gouvernement, tout en déplorant que le pays conserve toute une série de lois répressives qui servent à arrêter des journalistes, des militants et des détracteurs présumés des autorités. Tant que ces lois ne seront pas abrogées, les journalistes et les militants vivront sous la menace permanente d’être arrêtés et placés en détention. », a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional pour l’Asie de l’Est et du Sud-Est à Amnesty International.

Au cours des dernières semaines, Amnesty International a constaté une nette hausse des arrestations pour des raisons politiques, la plupart correspondant à des critiques visant l’armée. Le gouvernement doit donner suite à sa sage décision de libérer Wa Lone et Kyaw Soe Oo, en remettant en liberté tous les autres journalistes et prisonniers d’opinion détenus pour des accusations infondées et en abrogeant toutes les lois qui servent à bâillonner la liberté d’expression.

GAMBIE - Avancée vers l’abolition de la peine de mort

Début mai, le président de la Gambie, Adama Barrow, a remplacé 22 condamnations à mort par des peines de prison à perpétuité. Il s’agit d’une avancée importante pour le pays, qui semble s’éloigner doucement de la peine de mort.

« Il y a quelques jours, Amnesty International a rencontré le président Adama Barrow, qui nous a confirmé sa détermination à supprimer ce châtiment cruel. Il est encourageant de le voir adopter une nouvelle mesure concrète contre la peine de mort. », a déclaré Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice pour la région Afrique de l’Ouest et Afrique centrale à Amnesty International.

Si cette décision est une avancée positive, Amnesty International souhaite toutefois que les autorités aillent plus loin, en abolissant sans attendre la peine de mort pour tous les crimes, notamment dans la future Constitution du pays. Nous espérons qu’il suivra nos recommandations l’engageant à abroger les lois draconiennes relatives aux médias, à réformer le secteur de la sécurité et à mettre fin aux discriminations contre les femmes.

TAÏWAN - Le premier pays d’Asie à légaliser le mariage entre personnes de même sexe

Les législateurs à Taiwan ont adopté une loi qui fait de l’île le premier endroit en Asie où le mariage entre personnes de même sexe devient légal, et ce à compter du 24 mai.

« Taïwan entre aujourd’hui dans l’histoire de la lutte en faveur de l’égalité pour les personnes LGBTI. L’amour a triomphé de la haine et l’égalité de la discrimination. C’est un moment à chérir et à fêter, qui vient clore une campagne longue et ardue au terme de laquelle Taïwan devient le premier pays d’Asie à légaliser le mariage homosexuel », a déclaré Annie Huang, directrice d’Amnesty International Taïwan.

Le gouvernement taïwanais ne doit cependant pas s’arrêter là : toutes les formes de discrimination fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre et le fait d’être intersexué doivent être éliminées !

NEW HAMPSHIRE - 21ème État américain à abolir la peine de mort

Dans le petit État du New Hampshire, situé au nord-est des États-Unis, cela fait des années qu’un prisonnier n’a plus été condamné à mort. Cependant, la peine capitale figurait toujours au sein du code pénal. Le 31 mai, elle a définitivement été abolie : le Sénat a annulé un veto du gouverneur républicain Chris Sunini avec une majorité suffisante ! Il s’agit d’une excellente nouvelle.

Cela confirme les conclusions tirées par Amnesty International au sein du rapport sur la peine de mort en 2018, rendu public en avril dernier. Pour rappel, le nombre d’exécutions recensées à travers le monde a diminué de 31 %, atteignant le chiffre le plus faible enregistré depuis au moins 10 ans.
Les statistiques pour l’année 2018 montrent également que la peine de mort est résolument en recul, et que des mesures concrètes sont prises partout dans le monde pour mettre fin à ce châtiment cruel et inhumain.

L’État du New Hampshire n’a visiblement pas échappé à cette tendance positive. Croisons les doigts pour que d’autres suivent le mouvement !

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