La lettre de Eynulla Fatullayev aux militants et sympathisants d’Amnesty

Le 30 décembre 2009, de nouvelles charges ont été retenues contre Eynoulla Fatoullaïev, initialement incarcéré pour diffamation en avril 2007. Plus tard en 2007, il avait été condamné pour terrorisme, incitation à la haine à l’égard d’une ethnie et évasion fiscale. Amnesty International estime que ces accusations ont été forgées de toutes pièces et considère cet homme comme un prisonnier d’opinion.

Aujourd’hui, Amnesty se félicite de la libération de Eynoulla Fatoullaïev

Traduction en français :

" À tous les militants d’Amnesty International

Cher(e)s ami(e)s,

Je suis un ancien prisonnier d’opinion et je m’appelle Eynulla Fatullayev. Il y a quelques jours, j’ai regagné ma liberté chérie, grâce aux efforts de la communauté internationale. Je suis absolument certain que c’est votre soutien et votre combat inlassable pour le respect de mes droits qui m’ont permis de retourner à la vie. Le régime politique azéri, qui est marqué par un despotisme criminel, m’a maintenu derrière les barreaux durant près de quatre ans. J’ai été, à plusieurs reprises, transféré d’une prison à une autre et ai été inculpé d’accusations absurdes et inconcevables. Toutes ces mesures répressives, cruelles et impitoyables servaient un objectif : maintenir emprisonné le plus longtemps possible le journaliste qui s’était montré assez courageux pour défier ce régime criminel. J’étais entre la vie et la mort. J’ai été témoin du mal et ai vu des agents du mal. J’ai été confronté quotidiennement au mal car j’étais soumis à l’autorité de personnes horribles. Et il y avait une raison à cela : je m’étais efforcé d’exprimer mon avis sur les voleurs corrompus qui ont ruiné l’avenir de mon pays.

À présent, alors que je tente de reconstruire ma vie, je vois clairement que la vie dans des chambres de torture n’a pas de sens, elle met un terme aux rythmes normaux de l’existence. En prison, la vie est supprimée car la violence cherche à effacer tous les signes de vitalité et de viabilité.

Cependant, c’étaient vous, mes amis et mes sauveurs d’Amnesty International qui ont maintenu allumée la flamme de l’espoir dans mon âme. J’ai reçu des messages de vous alors que je me trouvais dans les lieux les plus éloignés et dans des situations désespérées. Ces messages ont conforté mon âme et m’ont donné de l’espoir dans des situations inextricables. Votre travail de campagne et vos lettres ont maintenu l’espoir en moi et m’ont aidé à sortir de l’abîme de désespoir. Amnesty International a, de nouveau, prouvé son inestimable valeur, son espoir de salvation.

Je vous suis reconnaissant. Vous avez sauvé ma famille de la mort et je ne vous oublierai jamais, jusqu’à la fin de mes jours. Je n’étais pas seul dans ma prison, en hiver ou en été, les jours sombres ou les jours brillants. Et de nouveau, c’était Amnesty International qui a contribué à cela. Beaucoup de personnes dans mon pays - mes lecteurs, ceux qui soutenaient mon combat ou simplement ceux qui ont sympathisé avec mon sort étaient certains que je quitterai le pays pour éviter de nouvelles persécutions. Cependant, je n’ai moralement pas le de droit de faire cela car ma salvation et ma libération vont de pair avec la salvation de notre société qui est annihilée par ce pouvoir autoritaire. C’est ma mission de servir les idéaux préconisés par Amnesty International chaque heure, chaque jour, chaque année. C’est notre mission de sauver ce monde de l’injustice. Pour parvenir à cet objectif, il est essentiel de mettre la conscience en mouvement. Comme l’a dit l’un de mes auteurs préférés Fazil Iskander : « Jamais personne dans l’histoire n’a essayé de faire de la conscience l’instrument principal d’un gouvernement national. Je ne veux pas dire le seul instrument, je veux dire le principal. Dans l’hypothèse où nous pourrions demander à Dieu si nous pouvons diriger le peuple à l’aide de la conscience, il répondrait : ‘C’est ce que j’ai cherché à faire par le biais de mon Fils, cependant, aucun dirigeant ne l’oserait. »

Merci beaucoup pour le soutien que vous apportez à la conscience et à Dieu car la conscience est la présence de Dieu parmi nous.

Je vous salue tous.

Bien à vous, "

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