Violences faites aux femmes : la Belgique doit respecter ses obligations

Un phénomène d’une ampleur affolante...

En Belgique, les femmes subissent encore de nombreuses violences, qu’elles soient psychologiques, physiques, sexuelles ou institutionnelles. Allant du harcèlement de rue, dont sont victimes 98 % des femmes selon une enquête de Vie féminine de 2018, à sa forme la plus extrême, le féminicide, dont au moins 21 femmes ont été victimes cette année.

Sais-tu ce que l’on appelle « féminicide » ? Il s’agit du meurtre d’une ou de plusieurs femmes ou filles en raison de leur condition féminine.

Selon les statistiques de criminalité diffusées par la police, le nombre de viols déclarés a augmenté entre 2014 et 2018, passant de 3188 à 3416. Cependant, on estime que seuls 10 % des victimes portent plainte, et donc le nombre total de viols est en réalité bien plus important.

Un sondage réalisé en 2014 par Amnesty International a montré que près d’un quart des femmes interrogées ont été victimes de viol conjugal, et 13 % de viol en dehors du couple. En 2018, une étude de Vie féminine a montré que 98 % des femmes sont victimes de harcèlement dans les lieux publics.

... qui persiste malgré les bonnes volontés

En 2016, la Belgique a ratifié la Convention du conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, appelée également Convention d’Istanbul.

Dans le cadre de la procédure de suivi de son application, plus de cinquante associations belges se sont rassemblées pour contribuer à la rédaction d’un rapport alternatif sur sa mise en œuvre. Il en ressort que malgré les différents Plans d’action officiels contre les violences faites aux femmes, la violence persiste. La Belgique ne met toujours pas en oeuvre l’ensemble des mesures nécessaires pour y parvenir.

Les problèmes constatés sont nombreux : manque de données officielles disponibles sur les violences ; insuffisance de places d’hébergement d’urgence pour les victimes de violence conjugale ; grandes lacunes dans la prévention primaire et l’éducation anti-sexiste ou encore insuffisance de formation destinée aux professionnels de première ligne (c’est-à-dire notamment les policiers, les assistants sociaux ou les juges).

En outre, en matière d’asile et de migration, les conditions de protection des femmes victimes de violences dans le cadre d’un regroupement familial sont très strictes et ne tiennent pas compte de leurs problèmes spécifiques.

Il est plus que temps d’agir !

Amnesty International appelle le gouvernement belge et les entités fédérées à assurer un profond changement de pratiques, mettre en place une politique intégrée impliquant tous les niveaux de pouvoir en collaboration avec les associations et assurer une revalorisation des budgets alloués à la lutte contre les violences, qui doit devenir une priorité systématique.

Toi aussi, soutiens le changement de politique et de pratiques en Belgique dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Signe notre pétition.

Toutes les infos
Toutes les actions

Rejoins un de nos groupes-écoles actifs !

...

Je m’inscris