Protège les enfants du Kasaï en République démocratique du Congo

Depuis 2016, dans la région congolaise du Kasaï, située au centre de la République démocratique du Congo (RDC), des milliers d’enfants ont été recrutés par des groupes armés pour participer aux combats et sont exposés à une violence effroyable.
L’an dernier, Amnesty International avait demandé au gouvernement congolais de prendre de toute urgence des mesures efficaces pour protéger les enfants des violences qui sévissent dans cette région.
Cette année encore, Amnesty International lui demande instamment de protéger les enfants contre ces multiples violations des droits humains !

Trois ans de conflit, trois ans de violence

En avril 2016, un conflit a débuté dans la région congolaise du Kasaï, après que le gouvernement national a refusé de reconnaître Jean-Pierre Mpandi comme le chef légitime, Kamuina Nsapu, des Bajila Kasanga.

Aujourd’hui, un conflit oppose dans cette région plusieurs groupes armés (milices) et l’armée du Congo. Un « groupe armé » n’est pas « l’armée ». Il est dirigé par des personnes qui agissent séparément de l’État.

Les partisans du groupe armé Kamuina Nsapu se sont mis à attaquer des bâtiments publics, la police et d’autres symboles de l’État. Un conflit armé a alors débuté entre le pouvoir de l’État et les partisans de Kamuina Nsapu. Les violences n’ont alors fait que s’intensifier entre les attaques des forces gouvernementales, des groupes armés et des milices.

Cette crise est reconnue pour son effroyable brutalité des différentes parties au conflit à l’égard des civils. Elle a fait des milliers de morts et a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes à l’intérieur du Kasaï tout comme vers l’Angola, pays de l’autre côté de la frontière. L’instabilité a crée l’une des situations humanitaires les plus graves au monde.

Des enfants exploités et maltraités

Dans le cadre du conflit, des milliers d’enfants ont été recrutés par des groupes armés pour participer aux combats et sont exposés à une violence effroyable. Selon l’organisation des Nations unies, 60 % des membres de groupes armés sont des enfants.

Les enfants ont commencé à entrer dans les groupes armés dès juin 2016. Ils sont alors envoyés au combat ou utilisés comme boucliers humains par des adultes. Ils ont été forcés à rejoindre les troupes des groupes armés, souvent drogués contre leur gré, ou alors incités à se joindre aux partisans de Kamuina Nsapu par les mensonges ou les encouragements de leurs proches. En effet, le groupe Kamuina Nsapu a recruté massivement des enfants, souvent sous la contrainte, fréquemment très jeunes et utilisés en première ligne dans les combats, souvent non armés ou munis de bâtons.

Les affrontements entre la milice Bana Mura, soutenue par les forces gouvernementales et accusée d’avoir perpétré les pires crimes dans plusieurs villages du Kasaï, et les Kamuina Nsapu ont aussi donné lieu à des homicides d’enfants et à des viols de femmes et de filles. En 2018, les Nations unies ont signalé que 60 filles étaient prisonnières de la milice Bana Mura depuis avril 2017.

Jusqu’à présent, rien n’indique qu’une enquête a été menée sur les enlèvements d’enfants et on ne sait pas non plus si tous les enfants enlevés par des groupes armés ont été libérés.

Ces enfants, dont certains n’avaient que onze ans, ont décrit en 2017 à Amnesty International des atrocités comme celles d’être enrôlés et utilisés par les parties au conflit. Des enfants ont raconté qu’ils avaient été forcés de participer aux hostilités, certains blessés par balle. Ils ont ajouté que les dirigeants du groupe Kamuina Nsapu les avaient obligés à boire des liquides « mystiques », soi-disant pour les protéger des balles durant les combats.

A t-on le droit de recruter des enfants pour qu’ils soient soldats ?

La République démocratique du Congo a ratifié (un peu comme signé mais en plus fort car cela rend le traité ou la convention obligatoire) un instrument international qui protège les enfants contre le recrutement par des groupes armés. En effet, l’article 4 du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés dit que « les groupes armés qui sont distincts des forces armées d’un État ne devraient en aucune circonstance enrôler ni utiliser dans les hostilités des personnes âgées de moins de 18 ans  ». Les groupes armés n’ont donc pas le droit de recruter des enfants !

Que doit faire la République démocratique du Congo d’après ce Protocole ?
Cet État doit prendre toutes les mesures possibles pour empêcher le recrutement et l’utilisation d’enfants, notamment des mesures juridiques pour interdire et sanctionner ces pratiques.

Est-ce que la République démocratique du Congo respecte ses obligations ?
Non, l’équipe d’experts des Nations unies dénonce un problème d’impunité très sérieux… Cela signifie que le gouvernement congolais ne prend pas les mesures qu’il faut pour punir les auteurs de ces violences et protéger les enfants.

De nombreuses préoccupations

L’année dernière, en 2018, Amnesty International avait exprimé ses préoccupations quant à la situation catastrophique des droits humains au Kasaï.

Nous avions demandé au gouvernement congolais de prendre de toute urgence des mesures efficaces pour protéger les enfants des violences qui sévissent dans cette région.

Aujourd’hui, la situation des enfants reste toujours préoccupante !

Signe la pétition !

Sais-tu que le recrutement d’enfants de moins de 15 ans dans des forces armées ou des groupes armés ou le fait de les faire participer activement à des combats constituent un crime de guerre ?

Le gouvernement de République démocratique du Congo doit prendre des mesures immédiates pour lutter effectivement contre l’impunité. Il doit tout faire pour protéger les enfants contre le recrutement forcé et contre les autres violations des droits humains auxquelles ils sont exposés.

Sais-tu que les gouvernements sont attentifs à l’opinion publique ?
Une mauvaise image au niveau international peut les empêcher d’agir dans d’autres domaines. C’est pourquoi, maintenant que tu sais que des enfants sont victimes de violations des droits humains au Kasaï, tu peux réagir aux côtés de milliers d’autres personnes pour que cette situation cesse.

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