Pologne : dis non aux restrictions de l’avortement

Le Parlement en Pologne commence à débattre d’une proposition de modification de loi qui rendrait encore plus stricte la loi polonaise sur l’avortement qui est déjà l’une des plus restrictives d’Europe.
En période de confinement dû au COVID-19, la population polonaise ne peut pas manifester pour protester et faire pression sur le Parlement pour qu’il n’adopte pas de telles mesures qui limiteraient encore plus l’accès à l’avortement.
Il est donc essentiel que l’on soit aussi nombreux que possible à se mobiliser en ligne contre ces restrictions à l’avortement.

De dangereuses nouvelles restrictions de l’avortement

Les droits des femmes et des filles sont à nouveau attaqués en Pologne.

Dans ce pays, la loi sur l’avortement est déjà l’une des plus restrictives d’Europe. En effet, l’avortement n’y est autorisé qu’en cas de viol ou d’inceste, lorsque le fœtus souffre d’une malformation sévère ou mortelle, ou d’une maladie incurable mettant sa vie en danger, ou lorsque la vie ou la santé de la femme ou de la jeune fille est en danger.

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la pandémie de COVID-19, le Parlement polonais risque de limiter encore plus les possibilités pour les femmes d’avorter alors même que ces possibilités étaient déjà très réduites.

À partir du 15 avril 2020, le Parlement doit débattre d’une modification de la loi sur l’avortement qui, si elle était adoptée, renforcerait les restrictions à l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Cette proposition de modification de la loi intitulée « Stop avortement  » a été soumise, il y a plusieurs années, par un groupe anti-choix (c’est-à-dire un mouvement contre l’avortement et le choix des femmes dans ce domaine). Elle vise à supprimer l’un des trois motifs d’avortement autorisés dans le droit polonais, à savoir l’existence de malformations graves ou mortelles du fœtus.

Un impact grave sur la santé des femmes

Les statistiques officielles montrent que la plupart des avortements légaux en Pologne sont pratiqués pour ce motif. Les recherches menées par Amnesty International en Irlande, au Salvador, au Nicaragua et au Paraguay montrent que dans tous ces pays, ces restrictions à l’avortement sûr et légal ont un impact très fort sur les femmes et les jeunes filles. Elles ont un impact sur leur santé, sur leur bien-être, voire sur leur vie.

Si elle était adoptée, la proposition « Stop avortement » mettrait inévitablement en danger la santé des femmes et les priverait d’un droit reconnu par le droit international relatif aux droits humains. En effet, dans les textes internationaux relatifs aux droits humains, les malformations graves ou mortelles du fœtus font partie des motifs minimaux pour lesquels les femmes et les filles doivent avoir accès à un avortement sûr et légal.

Actuellement, en Pologne, les femmes se heurtent à des obstacles considérables lorsqu’elles tentent de recourir à des avortements légaux, en partie à cause de la « clause de conscience », qui permet aux médecins de refuser de les prendre en charge pour des raisons religieuses. Dans le climat actuel, les médecins et les infirmières qui acceptent de pratiquer des avortements légaux sont soumis à des pressions et craignent souvent d’être poursuivis en justice ou stigmatisés.

L’éducation sexuelle également dans le collimateur des autorités

Le Parlement va également débattre d’une autre proposition de loi visant à criminaliser l’éducation sexuelle. Sa formulation large et vague met en danger les parents qui parlent de sexe à leurs enfants et toute personne qui qui diffuse un contenu pertinent pour les jeunes sur les médias sociaux, entre autres. Dans un pays où l’avortement n’est légal que dans des circonstances limitées, l’importance de l’éducation sexuelle est encore plus vitale ; par exemple, elle contribue à réduire les grossesses chez les adolescentes. Le texte du projet de loi suggère également que les militants qui luttent pour le respect des droits des LGBTI (personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées) infiltrent l’éducation sexuelle en Pologne, qui « promeut l’homosexualité et prive et démoralise les enfant ».

Ensemble, on peut empêcher un retour en arrière

Il y a plus de trois ans, en octobre 2016, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues des villes de Pologne. Sous une pluie torrentielle, elles ont pris part à une mobilisation sans précédent contre des propositions de restriction quasi totale à l’accès à l’avortement. Ces femmes participaient à un mouvement qui a été qualifié de « protestation noire  » (Black Protest), et elles ont gagné.

En période de confinement dû au COVID-19 et en raison de l’impossibilité pour la population polonaise de manifester, cette victoire est aujourd’hui menacée.

Avec ton aide, on peut éviter ce dangereux retour en arrière. Signe notre pétition adressée au Président et aux députés polonais pour leur demander de rejeter les restrictions à la loi sur l’avortement.

Toutes les infos
Toutes les actions

Rejoins un de nos groupes-écoles actifs !

...

Je m’inscris