Arabie saoudite : stop aux interdictions de quitter le pays

Raif Badawi est un blogueur et activiste saoudien. Après avoir passé dix ans en prison, il est désormais libre, mais n’a pas encore pu revoir son épouse et ses enfants. Sa famille a quitté son pays pour des raisons de sécurité après son arrestation, et Raif est aujourd’hui visé, comme beaucoup d’autres défenseur·e·s des droits humains en Arabie saoudite, par une interdiction de voyager pendant dix ans. Il ne peut donc pas quitter le territoire saoudien.

Le régime saoudien et les droits humains

Quel est le régime politique du pays ? Quelle est la place de la religion dans la vie quotidienne des saoudiens ? Quelle est la situation des droits humains en Arabie saoudite ?

Voici, ci-dessous, quelques éléments de réponse pour te permettre de comprendre pourquoi un grand nombre de défenseur·e·s des droits humains d’Arabie saoudite n’ont pas le droit de quitter leur pays.

Depuis 1744, date de l’année de la création du premier État saoudien, le régime n’a pas vraiment changé, c’est toujours une monarchie absolue, familiale, islamique et richissime qui détient le pouvoir. Le pouvoir se transmet de générations en générations ou entre frères, et reste entre les mains d’une même famille, la famille Al Saoud.

L’Arabie saoudite est puissante sur la scène internationale. C’est le plus grand pays du Moyen Orient et du monde arabo-musulman avec l’Algérie. Avec une superficie de 2 millions de km carrés, elle est 65 fois plus grande que la Belgique et est entourée exclusivement par des pays musulmans. Elle abrite aussi les deux lieux les plus sains de cette religion : la Mecque et la Médine et se considère comme au centre du monde musulman sunnite. L’Islam est central dans le mode de vie des saoudiens et le Coran est constitutif de la Constitution saoudienne. C’est aussi l’économie qui fait la puissance du pays depuis la découverte de pétrole en 1938, le pays est devenu le premier producteur mondial de pétrole. Se sentant forte et puissante, la famille royale estime qu’elle n’a pas à rendre de comptes sur la situation des droits humains dans son pays.

En Arabie saoudite, il n’y a tout simplement de liberté d’expression, de liberté d’association, de liberté de religion, de partis politiques, d’élections libres nationales et on n’en passe !

S’opposer au régime, c’est directement mettre sa vie en danger  ! Un grand nombre d’opposant·e·s sont ainsi poursuivi·e·s, jeté·e·s en prison et parfois condamné·e·s à mort. Celles et ceux qui ont pu sortir de prison ont souvent reçu une interdiction de quitter le pays.

Ces activistes qui ne peuvent pas quitter le pays

Au cours des trois dernières années, l’Arabie saoudite s’est efforcée d’améliorer son image internationale. Le gouvernement a fait usage de grands événements sportifs pour présenter l’Arabie saoudite comme un pays ouvert et réformateur. Mais cette transformation superficielle cache une autre réalité : la répression constante et implacable de nombreuses personnes, simplement pour avoir exprimé leurs opinions.

Raif Badawi n’est pas le seul activiste visé par une interdiction de voyager. Loujain al Hathloul, Samar Badawi ou encore Nassima al Sada ne sont que quelques-uns des noms figurant sur une longue liste de militant·e·s à qui les tribunaux ont interdit de quitter le pays après des années d’emprisonnement.

L’Arabie saoudite cherche depuis longtemps à intimider les défenseur·e·s des droits humains et les activistes pacifiques par des arrestations et des condamnations. Mais même après avoir purgé leur peine, ces personnes ne sont toujours pas libres. Elles doivent vivre sous le coup d’une longue interdiction de voyager, allant de 5 à 20 ans. Cette interdiction est parfois imposée sans aucune décision de justice, et les personnes concernées la découvrent lorsqu’elles tentent de voyager et en sont empêchées par les autorités saoudiennes dans les aéroports ou aux postes frontières.

Signe la pétition pour mettre fin à cette situation inacceptable. Demande au roi Salman de lever les interdictions de voyager imposées aux militant·e·s et défenseur·e·s es droits humains ainsi qu’à leurs familles, afin qu’il·elle·s puissent réellement être libres.

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