Au Burkina Faso, les mariages forcés et précoces ne diminuent pas

Malgré les engagements du gouvernement et la pression exercée par la société civile, le nombre de mariages forcés et précoces ne diminue pas au Burkina Faso.
À l’approche de la journée internationale des droits des femmes on te propose de prendre part à une action sur les réseaux sociaux pour interpeller le Président burkinabè sur le sort des femmes et des filles de son pays soumises au mariage forcé et précoce.

De nombreuses promesses restées lettre morte

Depuis 2013, le Burkina Faso a accepté plusieurs recommandations visant à mettre fin au mariage précoce et forcé.
En 2015, une stratégie nationale visant à le faire reculer de 20% d’ici 2025 avait été adoptée. Cet objectif, malgré le fait qu’il reste faible et lointain, était un premier pas.
En 2016, suite au succès de la campagne Écrire pour les droits, le ministre de la justice du Burkina Faso avait rencontré une délégation d’Amnesty International. Il avait confirmé vouloir changer la loi pour élever l’âge légal du mariage des filles à 18 ans.

Malgré toutes ces annonces, force est de constater qu’en 2018, les choses n’ont pas changé et de nombreuses filles continuent à être mariées très jeunes, sans qu’on leur demande leur avis. Le taux de mariage précoce et forcé au Burkina Faso reste parmi les plus élevés du monde.

Le mariage précoce et forcé, c’est quoi au juste ?

Le mariage forcé, c’est quand l’un des partenaires, ou les deux, n’est pas en mesure de consentir librement à se marier, parce qu’il est soumis à des pressions, forcé ou menacé de violences. Au Burkina Faso, ce problème touche la plupart du temps les filles et les jeunes femmes.

Dans le pays, le mariage forcé est omniprésent, surtout dans les zones rurales. Selon l’UNICEF, plus de 52% des femmes sont mariées avant l’âge de 18 ans et 10% avant l’âge de 15 ans.
Les femmes doivent se marier très jeunes (elles n’ont parfois pas 11 ans !), avec des hommes souvent beaucoup plus âgés qu’elles (parfois, la mariée a entre 20 et 50 ans que moins que son partenaire).

Différentes raisons poussent les parents à marier leur fille très tôt. Ce peut-être pour des questions de transmission (pour conserver le patrimoine et la lignée – au Burkina Faso, une veuve doit épouser un membre de la famille de son mari décédé pour préserver la lignée, c’est le « lévirat ») ; la tradition ; la pauvreté (la fille est mariée en échange d’une dot) ; la protection de l’honneur, etc…
De manière générale, le mariage forcé entre groupes sociaux ou familles est considéré comme un moyen de consolider les relations. Dans certains cas, la promesse de mariage se fait dès la naissance, ou au cours de l’enfance de la future mariée.


© Sophie Garcia/Corbis for Amnesty International
Une adolescente enceinte se tient devant la crèche d’un refuge de la Fondation Cardinale Emile Biyenda, Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Une atteinte aux droits des femmes et des enfants

Le mariage forcé et précoce est interdit par la Constitution du Burkina Faso et par le droit international, mais les autorités continuent de fermer les yeux sur le problème. La loi n’est pas appliquée de façon stricte et trop souvent, la loi ne s’applique pas aux mariages traditionnels et religieux, qui sont très courants.

  • Le sais-tu ?
    Selon les normes internationales, un mariage ne peut être contracté qu’avec le plein et libre consentement des futurs époux. Les Nations unies ont reconnu le fait que le mariage avant 18 ans constitue un préjudice pour l’enfant. Le mariage d’enfant est admis comme étant un mariage forcé, car un enfant n’a pas la maturité suffisante pour donner un consentement libre et éclairé.

Le mariage forcé et précoce prive les filles et les femmes de leur enfance et de leur avenir. Une fois marié, le rôle de la femme est de donner des enfants et de les élever. Elles doivent aussi réaliser la grande majorité des tâches ménagères, travailler à la ferme. Très peu ont la chance d’aller à l’école ou de travailler à l’extérieur.

Il faut savoir qu’au Burkina Faso, seules 64% des filles ont accès à l’éducation. Nombre d’entre elles sont forcées d’interrompre leur scolarité pour se marier ou effectuer des tâches domestiques. À l’âge de 19 ans, la majorité des filles sont mariées et presque la moitié d’entre elles ont déjà au moins un enfant… L’instruction des filles n’est pas vue comme quelque chose d’important.
Pourtant, une étude l’Organisation mondiale de la santé a montré que dans presque tous les pays, moins les filles sont âgées et éduquées, plus elles risquent de subir des violences physiques au sein de leur nouvelle famille.

Les violences physiques et sexuelles envers les filles et les femmes sont courantes dans les mariages précoces et forcés. De plus, les filles se retrouvent souvent enceintes alors que leur corps n’est pas encore prêt à porter des enfants, ce qui entraine de nombreuses complications liées à la grossesse.

Amnesty demande au gouvernement du Burkina Faso de respecter ses engagements et de mettre vraiment fin à ces pratiques qui ne respectent pas les droits fondamentaux et le droit international.

Participe à notre action sur Twitter pour demander au gouvernement du Burkina Faso de respecter ses engagements

Le gouvernement du Burkina Faso doit respecter ses promesses !
Pour faire pression sur lui, on te propose de participer à notre mobilisation sur Twitter dès maintenant et jusqu’au 8 mars.

Notre cible : Président Roch Marc Christian Kabore (Président du Burkina Faso)
Son compte Twitter :@rochkaborepf

Voilà des propositions de tweets que tu peux reprendre sur Twitter si tu as un compte Twitter :

  • @rochkaborepf En 2015 vous vous engagiez à mettre fin aux mariages forcés et précoces. De nombreuses filles de moins de 18 ans continuent d’être mariées contre leur gré au Burkina. Il est temps d’agir
  • @rochkaborepf Des promesses non tenues perpétuent le mariage des enfants au Burkina et compromettent leur éducation. Il est temps d’agir

Merci pour ton aide !

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