Prix Amnesty Jeunes des droits humains

Décerné pour la première fois en février 2019, le Prix Amnesty Jeunes des droits humains récompense un jeune ou un groupe de jeunes vivant en Belgique et reconnu par les jeunes pour la qualité de son action en faveur des droits humains, en Belgique ou ailleurs.

Pourquoi un Prix Amnesty Jeunes des droits humains ?

En lançant ce prix, notre idée n’est pas seulement de célébrer une action ponctuelle en faveur des droits humains mais de poursuivre des objectifs multiples tels que :

  • encourager votre participation parce que votre avis compte et peut avoir un effet sur des décisions prises par une organisation telle qu’Amnesty International ;
  • développer votre capacité d’argumentation au moment de prendre une décision collective ;
  • favoriser la rencontre de personnalités stimulantes dont vous pouvez vous inspirer !

Concrètement, comment les candidats ont-ils été sélectionnés ?

Dès le début de la rentrée scolaire, nous avons décidé de solliciter les groupes-écoles Amnesty pour leur demander de nous proposer des candidats.

Un comité de sélection, composé notamment de membres d’un groupe-école, s’est ensuite réuni en décembre pour présélectionner 7 personnes ou groupes de personnes parmi les candidats proposés.

Le vote final reposait sur les membres des groupes-écoles Amnesty qui devaient voter pour les candidats de leur choix à la fois à titre individuel mais également de manière collective (le vote collectif du groupe comptant plus qu’un vote individuel).

7 candidats présélectionnés

Les 7 candidats présélectionnés au profil varié étaient :

  • Cécile Djunga

Âgée de 29 ans, elle est comédienne engagée, présentatrice et productrice de radio et télévision. En septembre 2018, elle a posté une vidéo sur un réseau social dans lequel elle parle des messages racistes qu’elle reçoit de la part des internautes et téléspectateurs depuis un an. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Un groupe-école a dit à son sujet que « face à toutes ces insultes et à cette violence, qui se sont accrues suite à son témoignage posté sur Facebook, Cécile Djunga a eu le courage de résister, de prendre la parole en public, et nous pensons que son initiative mérite d’être récompensée. À travers son action, elle nous motive en tant que jeunes à nous engager encore davantage pour faire avancer la cause des droits humains dans notre école, dans le monde, mais aussi dans notre pays. Son message nous rappelle que le racisme ordinaire (blagues sur la cour de récréation, discriminations à l’embauche, harcèlement, etc.) est inacceptable et qu’il est nécessaire de continuer à sensibiliser les jeunes à ce genre d’injustice et à la nécessité de défendre la Déclaration universelle des droits de l’homme.  »

  • Un groupe de jeunes engagés contre le harcèlement dans les transports en commun dans le cadre du projet BruxElles et d’un partenariat entre la STIB et Plan International Belgique

Ce groupe est constitué de 14 jeunes (neuf filles et cinq garçons) qui sont âgés de 15 à 18 ans et engagés dans le projet photo « BruxElles » (soutenu par Canon et Equal.brussels) de l’association Plan International Belgique. Ces jeunes activistes ont arpenté les rues de Bruxelles, appareil photo à la main, pour exprimer leur ressenti face au harcèlement sexuel dans la capitale. Ils ont échangé, interviewé des personnes dans la rue et pris des photos. À travers leurs images, ils souhaitaient transmettre un message aux jeunes, aux responsables politiques et aux adultes afin de leur demander d’agir à leur niveau en matière de sécurité et de harcèlement sexuel.

  • Adriana Costa Santos

Âgée de 24 ans, elle est a rejoint la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés depuis plusieurs années. Désormais co-présidente de la Plateforme, Adriana est avant tout une jeune activiste engagée qui passe un grand nombre de ses journées et de ses nuits, entre le Parc Maximilien, le centre d’hébergement de la Porte d’Ulysse à Haren, le « Hub humanitaire » installé gare du Nord et le bureau de Plateforme à Jette, à essayer de faire en sorte qu’aucun demandeur d’asile ou réfugié ne dorme dehors.

  • Des élèves du secondaire du collège Saint-Augustin d’Enghien qui ont organisé une marche pour dénoncer le règlement intérieur qui interdisait le port du short et du bermuda

En mai 2018, environ 150 garçons du collège Saint-Augustin d’Enghien se sont donnés rendez-vous un matin entre 7h50 et 8h à quelques centaines de mètres de leur école. Ils ont pris la direction du collège tous ensemble. Quelques heures plus tard, le principal du collège réunissait les délégués de classe et annonçait que le bermuda en toile mi-long et de couleur unie était finalement autorisé.

  • Des élèves de l’école primaire du Laveu et de Vieille Montagne à Liège qui se sont mobilisés au sujet du prix inéquitable des maillots de foot des Diables Rouges

C’est à l’initiative des élèves que ce projet a vu le jour. Tout est parti d’un article de presse présenté en classe. Les élèves ont été indignés lorsqu’ils ont appris qu’un maillot de football vendu 65 euros en Belgique a, en fait, rapporté 60 cents à l’ouvrier qui l’a fabriqué. Immédiatement, les élèves, soutenus par leur instituteur, ont tenu à entamer une action. Cela a commencé par une lettre dénonçant cette injustice envoyée aux médias locaux, mais aussi à tous les joueurs de l’équipe nationale et à l’Union belge. Ils ont ensuite décidé de lancer une pétition. Pendant huit mois, près de 100 élèves ont travaillé ensemble pour réaliser un clip musical créé à l’occasion de la Coupe du monde 2018. Ils ont obtenu le soutien et l’appui de nombreuses personnes et partenaires notamment d’Oxfam-Magasins du monde.

  • Félicien Boagaerts

Âgé de 21 ans, Félicien Boagaerts est chroniqueur sur la radio Classic 21 et fondateur de «  Biais Vert », chaîne YouTube qui sensibilise et vulgarise les grandes questions climatiques. Il est à l’origine de la création de la vidéo « J’peux pas, j’ai climat  » publiée en novembre pour appeler la population à participer à la marche sur le climat du 2 décembre 2018 à Bruxelles. En plus de ses actions sur YouTube, Félicien Bogaerts mène également un travail de sensibilisation en faveur du respect du droit à l’environnement à travers des rencontres avec des ministres, dans des universités et des écoles.

  • Abdel en Vrai

Âgé de 29 ans, Abdel en vrai est un Youtubeur qui se positionne très régulièrement dans ses vidéos en faveur du respect des droits humains. Il a notamment réalisé récemment une vidéo contre la détention des enfants migrants en Belgique ou, en partenariat avec Amnesty International, contre la vente d’armes de la Région wallonne à l’Arabie saoudite.

Adriana Costa Santos, lauréate du Prix Amnesty Jeunes des droits humains 2019

C’est finalement Adriana Costa Santos qui a remporté ce prix qui lui a été remis lors de la journée Oxfamnesty le 13 février 2019 à Charleroi.

En l’espace de quelques années, Adriana est devenue l’une des figures marquantes de l’action citoyenne au Parc Maximilien.

Arrivée du Portugal après un bachelier en relations internationales, Adriana, aujourd’hui âgée de 24 ans, n’a plus quitté la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés qu’elle avait rejointe initialement pour un mois de bénévolat en octobre 2015.

Elle jongle actuellement entre ses actions au sein de la Plateforme et ses études, en consacrant la majeure partie de son temps à la défense des droits fondamentaux des personnes migrantes.

Lors de la remise du prix, Adriana a appelé les jeunes à continuer à s’engager pour un monde plus humain et solidaire.

Quand nous lui avons demandé quel était le message qu’elle souhaitait faire passer aux jeunes qui s’engagent pour la défense des droits humains, elle nous a notamment répondu :
« Nous vivons des temps difficiles, qui demandent de l’attention, de la résilience, de l’intelligence collective. Mon grand-père m’expliquait un jour que les temps difficiles rendent les gens plus informés, plus concernés, plus engagés dans la construction d’un avenir plus doux. Cet avenir plus doux aura probablement un impact sur les citoyens, qui seront, à l’inverse, moins attentifs, moins prêts à réagir à la perte de droits. N’ayons donc pas peur de ces temps troublés. Ils sont une opportunité ! Ils vont renforcer notre caractère, notre capacité à nous mobiliser et nous feront connaître l’importance d’agir ensemble pour participer au changement que nous voulons voir dans le monde. »

Pour découvrir l’interview exclusive d’Adriana

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