Shawkan emprisonné pour son travail de photojournaliste

Le maintien en détention du photojournaliste Mahmoud Abu Zeid, dit Shawkan, par les autorités égyptiennes, montre à quel point ces dernières sont hypocrites quand elles affirment défendre la liberté de la presse.

Mahmoud Abu Zeid dit "Shawkan" a été arrêté le 14 août 2013, alors qu’il prenait des photos des forces de sécurité en train de disperser avec violence les participants à un sit-in au Caire. Plus de 600 manifestants ont été tués ce jour-là.

Mahmoud Abu Zeid est un prisonnier d’opinion. Cela fait maintenant plus de quatre ans qu’il est en détention provisoire et que son procès est sans cesse reporté, uniquement pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression.

Cet homme de 30 ans devrait être libre, et non pas en train de languir en prison tandis que sa santé se dégrade. Le journalisme n’est pas un crime !

Mahmoud Abu Zeid souffre d’une hépatite C et est privé des médicaments dont il a besoin. Ses avocats ont déposé des dizaines de demandes de remise en liberté pour raisons de santé auprès du procureur, mais en vain.

Lorsque Shawkan a été arrêté en 2013, tout portait à croire qu’il risquait la réclusion à perpétuité, mais son sort pourrait être bien pire puisqu’il risque aujourd’hui d’être condamné à mort.

« Vous continuez à me donner la sensation que je ne suis pas seul. Vous tous êtes devenus ma force et mon énergie, et sans vous je ne peux pas traverser ça. Continuez à crier : le journalisme n’est pas un crime. »
Extrait d’une lettre écrite en prison de Shawkan

Depuis plusieurs années, Amnesty International demande sa libération immédiate et sans condition ainsi que l’abandon de toutes les charges le visant.

Son maintien en détention sans procès depuis plus de quatre ans est une violation du droit international, ainsi que des engagements pris par les autorités égyptiennes en matière de liberté d’expression.

Le président Abdel Fattah al Sissi a déclaré en novembre 2015 : « il y a largement la place pour des médias libres en Égypte ». Il a ajouté qu’« aucun autre pays au monde ne pourrait se targuer d’accorder une telle liberté aux médias  ». Pourtant, selon le Syndicat de la presse égyptienne, des dizaines de journalistes se trouvent actuellement derrière les barreaux en Égypte.

Amnesty International a déjà recueilli des dizaines de milliers de signatures dans le monde entier dans le cadre de la pétition lancée pour faire pression sur les autorités égyptiennes. Mais cela ne suffit pas ! On a besoin de toi pour continuer à interpeller les autorités sur son cas.

Signe notre pétition pour demander aux autorités égyptiennes d’abandonner toutes les charges pesant à l’encontre de Shawkan et de le libérer immédiatement et sans condition.

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