Écrire Un enfant de 14 ans enlevé, torturé et emprisonné

Cette histoire se passe en Égypte au nord du continent africain, c’est là qu’habite Aser Mohamed.

Aser Mohamed n’avait que 14 ans lorsque des agents de la sécurité de son pays sont venus le chercher chez lui en refusant de révéler l’endroit où ils l’emmenaient. Cet évènement s’est passé il y a deux ans, plus exactement, le 12 janvier 2016.

Enlevé par la sécurité nationale et introuvable pendant 34 jours !

Après son arrestation, pendant 34 jours, personne n’a eu de nouvelles de Aser Mohamed... pas même ses parents. Il a subi ce qu’on appelle une « disparition forcée ».

Cela peut te paraître incroyable ! Un enfant enlevé par des agents de sécurité qui disparait pendant 34 jours ! Pourtant, c’est ce qu’il s’est passé.

Pendant ces 34 jours, sa famille et ses avocats l’ont cherché dans des prisons, des postes de police et auprès du bureau du procureur... Chaque fois, les autorités ont nié détenir l’enfant.

Aucune enquête n’a été ouverte à propos de cette disparition forcée.

Pas d’avocat, pas de famille, seul face aux autorités

Après avoir été détenu dans un lieu inconnu pendant 34 jours, le 15 février 2016, Aser Mohamed a été interrogé en l’absence de son avocat devant le service du procureur général de la sûreté de l’État, au Nouveau Caire. Il n’a été autorisé à appeler sa famille et son avocat qu’après avoir été interrogé par le procureur.

Torturé, contraint d’avouer des infractions qu’il n’a pas commises

Au cours de ses premiers jours de détention, Aser Mohamed affirme qu’on l’a torturé et soumis à des mauvais traitements pour lui faire avouer des infractions qu’il n’a pas commises. Il dit avoir reçu des décharges électriques et avoir été suspendu par les membres pendant de longues heures dans des positions douloureuses.

Aucune enquête n’a été ouverte à propos de ces actes de torture.

Emprisonné dans des conditions inhumaines

En attendant d’être jugé par un tribunal, Aser est emprisonné au poste de police de Talbeya à Gizeh. Le placement en détention provisoire d’un mineur de moins de 15 ans est pourtant interdit par la loi égyptienne.

Depuis le 15 février 2016, il y attend dans des conditions inhumaines son procès qui est sans cesse reporté. Il partage une cellule de 4x6 mètres avec 12 détenus et n’est pas autorisé à en sortir.

Aser Mohamed risque 15 ans d’emprisonnement

Aser fait l’objet de plusieurs accusations, notamment d’appartenir à la confrérie interdite des Frères musulmans et d’avoir commis un attentat contre un hôtel.

Il risque de faire l’objet d’un procès inéquitable fondé sur ses « aveux » obtenus sous la torture.

S’il est déclaré coupable, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

Des menaces de torture

Aser affirme que le procureur a menacé de le renvoyer à l’Agence de sécurité nationale pour être à nouveau torturé s’il tentait de revenir sur ses déclarations.

  • Comment agir pour Aser Mohamed ?

Nous te proposons de prendre ton stylo pour demander aux autorités égyptiennes :

 de libérer Aser Mohamed immédiatement, car sa détention est illégale
 de lui permettre de consulter son avocat, d’avoir accès à des soins médicaux et de voir sa famille
 de mettre fin à tous les mauvais traitements auxquels Aser Mohamed est soumis, et de traduire en justice dans le cadre de procès équitables tous les responsables d’actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Pour écrire une lettre aux autorités égyptiennes, c’est simple :
Tu télécharges notre modèle de lettre que tu peux envoyer à une des adresses que nous te proposons.
Tu peux écrire par exemple au Ministre de l’Intérieur, Magdy Abdel Ghaffar ou bien au Procureur général, Nabil Sadek.

Tôt le matin du 12 janvier 2016, des policiers armés et des agents de l’Agence de sécurité nationale en civil ont fait une descente au domicile familial d’Aser Mohamed et l’ont arrêté. Ils n’ont pas présenté de mandat d’arrêt ou d’autorisation de perquisition. Les agents ont refusé d’informer ses parents de l’endroit où ils l’emmenaient, mais ils leur ont dit qu’ils le ramèneraient environ deux heures plus tard, ce qu’ils n’ont pas fait. Pendant les 34 jours qui ont suivi, sa famille ne savait pas où il se trouvait et ne pouvait pas le contacter.

Les proches d’Aser Mohamed ont tout mis en œuvre pour le retrouver. Ils l’ont cherché dans les postes de police de Bulaq al Dakrour, Omraneya, Talbeya, Haram et Guizeh, au Caire. Tous ont affirmé ne pas le détenir. Les proches d’Aser Mohamed ont également signalé sa disparition et envoyé des télégrammes au ministère public, au ministère de l’Intérieur et au procureur général. Ils n’ont reçu aucune information ni aucune réponse. Ils n’ont pas eu de nouvelles de lui avant le 15 février, lorsqu’Aser Mohamed a pu leur téléphoner lors de son transfert au camp des forces centrales de sécurité de Guizeh, situé à 10,5 km au nord du Caire, sur l’autoroute reliant Le Caire et Alexandrie.

Lors de son appel, Aser Mohamed a dit à sa famille qu’il avait déjà été déplacé et qu’il avait été interrogé par le procureur de la sûreté de l’État, ce qui représente une infraction au droit égyptien, puisqu’il aurait dû être déféré au parquet spécialisé dans les affaires impliquant des mineurs. Une fois que sa famille a su où il se trouvait, ses parents se sont rendus au camp des forces centrales de sécurité pour tenter de le voir et de vérifier s’il était en bonne santé. Mais les autorités du camp ne leur ont pas permis de le voir et ont déclaré qu’ils ne pourraient lui rendre visite que lorsqu’il aurait passé neuf jours dans le camp. Lorsque les parents d’Aser Mohamed ont enfin pu le voir, celui-ci leur a dit que durant sa disparition forcée, il avait été détenu dans les bureaux de l’Agence de sécurité nationale, dans le quartier du 6 octobre (au Caire), avec des adultes.

Aser Mohamed a dit à sa famille qu’il a été torturé au cours de ses trois premiers jours de détention et qu’il a reçu des décharges électriques à répétition sur le corps et a été suspendu par les membres pendant de longues heures dans des positions douloureuses. Il souffre en conséquence d’une luxation des épaules due à la suspension. L’Agence de sécurité nationale a refusé qu’il voie un médecin et il a seulement reçu des soins de la part d’un de ses compagnons de cellule, qui se trouvait être médecin. Il a ajouté que l’Agence de sécurité nationale l’a torturé pour le forcer à « avouer » avoir participé à un attentat le 7 janvier 2016 contre l’hôtel Three Pyramids à Guizeh, au Caire, et avoir poussé d’autres personnes à commettre des infractions.

L’Agence de sécurité nationale a envoyé Aser Mohamed devant le procureur le 15 janvier, en même temps qu’un rapport d’enquête officiel. Le rapport d’enquête affirmait qu’il n’avait été arrêté que plus tôt ce jour-là, c’est-à-dire le 15 février. Le rapport ne fait aucune référence aux 34 jours précédents qu’il a passés en détention au secret. Le procureur a accusé Aser Mohamed d’appartenir à la confrérie interdite des Frères musulmans et d’avoir participé à l’attentat du 7 janvier contre un hôtel. Il affirme que lorsqu’il a nié ces accusations, le procureur lui a répondu : « Il semblerait que vous ayez envie de retourner aux décharges électriques », ce qui laisse entendre que le procureur savait que lors de sa détention aux mains de l’Agence de sécurité nationale, Aser Mohamed avait été soumis à des actes torture et avait notamment reçu des décharges électriques, dans le but de le faire « avouer ». Le procureur n’a pris aucune mesure pour enquêter sur les personnes responsables d’actes de torture et d’autres mauvais traitements et pour que ces personnes répondent de leurs actes.

Le procureur a officiellement inculpé Aser Mohamed et a autorisé la prolongation de sa détention pour une durée de 15 jours renouvelable. Le ministère public a déféré l’affaire d’Aser Mohamed à la Cour pénale du Caire (branche du terrorisme) en avril 2016. La prochaine audience aura lieu le 8 octobre. Amnesty International a réuni des informations sur de nombreux cas dans lesquels l’Agence de sécurité nationale du ministère de l’Intérieur a eu recours à des disparitions forcées pour intimider l’opposition et empêcher la dissidence pacifique. Au moins trois ou quatre personnes disparaissent chaque jour dans le pays.

L’augmentation du nombre de disparitions forcées coïncide avec la prise de fonction du ministre de l’Intérieur, Magdy Abd el Ghaffar, qui a été membre du Service de renseignement de la sûreté de l’État pendant plusieurs années, la police secrète du régime de l’ancien président Hosni Moubarak responsable d’enlèvements, d’actes de torture et d’autres crimes de droit international et de graves violations des droits humains. Pour plus d’informations, veuillez consulter le dernier rapport et le communiqué de presse d’Amnesty International sur l’Égypte dans lesquels le cas d’Aser Mohamed est évoqué.

Le rapport intitulé « Égypte. Des centaines de personnes soumises à une disparition et à la torture dans le cadre d’une vague de répression », publié le 13 juillet, est disponible à l’adresse : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/07/egypt-hundreds-disappeared-andtortured-amid-wave-of-brutal-repression/.

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS,
en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :

  appelez les autorités égyptiennes à libérer Aser Mohamed immédiatement, car sa détention est illégale

  en attendant sa libération, demandez-leur de lui permettre de consulter son avocat, d’avoir accès à des soins médicaux et de voir sa famille sans restriction ;

  engagez-les à mettre fin à tous les mauvais traitements auxquels Aser Mohamed est soumis, et à traduire en justice dans le cadre de procès équitables tous les responsables d’actes de torture et d’autres mauvais traitements.

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