Maroc : demande la fin des actes d’intimidation visant Nawal Benaissa

Au nord du Maroc, dans la région du Rif, un mouvement social est né, le mouvement Hirak.
Nawal Benaissa est devenue une figure de proue de ce mouvement qui demande des conditions de vie décentes et plus de justice sociale.
En raison de son activisme, elle a été plusieurs arrêtée de manière arbitraire et est aujourd’hui harcelée par les forces de sécurité.

Le mouvement Hirak

Au nord du Maroc, dans le Rif, en octobre 2016, un poissonnier est mort broyé par un camion de ramassage des ordures alors qu’il essayait de récupérer du poisson qui avait été confisqué par les autorités locales.

Cet évènement tragique a été suivi de manifestations portant sur des sujets socio-économiques. Par la suite, ce mouvement a pris le nom de mouvement Hirak.

Entre mai et juillet 2017, les forces marocaines de sécurité ont arrêté et poursuivi des centaines de manifestants, parmi lesquels des dizaines de mineurs. Certains défenseurs des droits humains ont également été condamnés à des peines de prison à l’issue de procès qui étaient loin de respecter le droit à un procès équitable.

Tout au long de cette période, les autorités ont interdit plusieurs manifestations et ont systématiquement recouru à une force excessive contre les manifestants.

En mai 2017, le dirigeant du mouvement, Nasser Zefzafi, a été arrêté.

Nawal Benaissa est alors devenue l’une des principales porte-paroles du mouvement.

Nawal Benaissa, une défenseure des droits humains harcelée par les autorités marocaines

«  Je ne pouvais accepter la manière dont les gens de ma région étaient traités. En tant que mère inquiète pour l’avenir de mes quatre enfants, j’ai vraiment compris les raisons qui ont poussé ces jeunes hommes et jeunes femmes à protester et à demander des conditions de vie décentes et plus de justice sociale », a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« Quand Nasser Zefzafi et d’autres militants ont commencé à se rassembler et à créer le mouvement Hirak, j’ai ressenti le besoin de faire entendre ma voix. J’ai quitté ma cuisine pour descendre dans la rue afin de demander que les droits universels soient respectés. »

Entre juin et août 2017, Nawal Benaissa a publié sur Facebook plusieurs déclarations dans lesquelles elle encourage à rejoindre des actions de protestation, et elle critique le recours excessif à la force contre les manifestants.

Nawal Benaissa a été arrêtée quatre fois entre juin et septembre 2017. Elle a également subi des manœuvres d’intimidation et de harcèlement constantes de la part des autorités. Alors qu’elle était détenue, les autorités ont exigé qu’elle supprime sa page Facebook - qui comptait plus de 80 000 abonnés -, ce qu’elle a fait.

Le 15 février 2018, elle a été condamnée à une peine de 10 mois de prison avec sursis et à une amende d’un montant de 500 dirhams (environ 50 dollars américains) pour «  participation à une manifestation non autorisée », « insulte à agents de la force publique », et « incitation à commettre des infractions pénales  ».

Pourtant ce n’est pas un crime de se joindre à des actions de protestation pacifiques et de réclamer le respect des droits humains !

Sais-tu ce que signifie une condamnation à une peine de prison avec sursis ? Cela signifie que la personne condamnée n’a pas à effectuer cette peine de prison si elle se comporte bien mais qu’elle n’est pas considérée comme innocente.

La condamnation de Nawal Benaissa à de la prison avec sursis a donc clairement pour but de l’intimider, de la réduire au silence et de criminaliser son militantisme et son rôle au sein du mouvement Hirak.

Les autorités marocaines doivent mettre fin au harcèlement visant Nawal Benaissa et sa famille et laisser Nawal librement militer en faveur de la justice sociale pour les habitants de sa région.

Soutiens Nawal Benaissa en signant notre pétition.

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