Halte à l’afflux d’armes vers le Yémen

Depuis 4 ans, le conflit au Yémen a entrainé la mort de plus de 6 800 personnes. Certaines d’entre elles ont sans doute été touchées par une balle provenant d’une arme belge. En effet, la Région wallonne transfert sans scrupule des armes à la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen. Il est temps que cela cesse !

4 ans de conflit, une situation toujours plus catastrophique

Créé en 1990, le Yémen est un tout jeune pays du Moyen-Orient qui se situe juste à côté de l’Arabie saoudite.

Au départ, la guerre au Yémen dont tu as peut-être déjà entendu parler, était une guerre tribale et confessionnelle interne au pays. Mais à présent, c’est devenu un conflit avec des enjeux régionaux dans lequel est impliquée l’Arabie saoudite notamment.

Torture et exécutions, répression visant des militants, des journalistes et des universitaires, assassinat d’un journaliste dans un consulat à l’étranger, crise humanitaire de plus en plus grave... La liste des violations des droits humains commises au Yémen est encore longue.

Les autorités saoudiennes essaient de détourner notre regard de ces atteintes aux droits humains à grand renfort de campagnes publicitaires coûteuses.

Mais le conflit au Yémen est difficile à ignorer.

Fin mars 2015, une coalition de neuf pays, dirigée par l’Arabie saoudite, a décidé de lancer des frappes aériennes au Yémen, contre les Huthis (un groupe armé qui avait pris le contrôle de la région).

Ces attaques se sont poursuivies, au mépris du droit humanitaire qui interdit de s’en prendre aux civils et qui défend le principe de proportionnalité (c’est-à-dire que les frappes ne doivent pas être excessives par rapport à l’avantage militaire direct attendu).

Depuis le 25 mars 2015, plus de 6 872 personnes auraient déjà trouvé la mort et plus de 10 768 personnes auraient été blessées parmi la population civile au Yémen. Le monde a été choqué par des images de civils mutilés et tués, de Yéménites mourant de faim ou encore d’écoles, d’hôpitaux ou de marchés détruits par des bombes sur lesquelles on pouvait lire « Made in the USA  » ou « Made in the UK  ».

Pourtant, malgré toutes ces horreurs, les intérêts économiques passent pour certains avant les droits humains. Non seulement nos États occidentaux n’osent pas publiquement critiquer l’Arabie saoudite, mais ils continuent en plus de signer des accords de vente d’armes, s’élevant à plusieurs millions voir milliards de dollars ! Et ce, alors même que nous avons des preuves que ces mêmes armes sont utilisées pour commettre des crimes de guerre.

Des preuves qui s’accumulent

En début d’année 2019, Amnesty International a révélé que des armes belges se trouvaient aux mains de milices actives sur le territoire du Yémen. Des mitrailleuses légères Minimi conçues par la FN Herstal sont en effet actuellement utilisées par le groupe armé les « Brigades des Géants », entraîné et financé par les Émirats arabes unis, mais placé sous le contrôle d’aucun gouvernement.

Pour en savoir plus, consulte notre enquête en cliquant sur ce lien

En mai 2019, c’est cette fois la presse qui est à l’origine de nouvelles révélations. Pour justifier ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite, ces dernières années, la Région wallonne n’a cessé d’assurer qu’elles n’étaient destinées qu’à la Garde royale et la Garde nationale saoudiennes, qui agissaient à l’intérieur du pays. Or, après une enquête minutieuse, dénommée #BelgianArms, plusieurs médias ont révélé la présence de la Garde nationale au Yémen, équipée de chars dont les tours d’artillerie et les munitions ont été fabriquées par l’entreprise CMI en Belgique.

Étant donnée l’étendue des violations des droits humains déjà commises par la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen, il y a de fortes chances que ces armes soient utilisées pour en commettre de nouvelles. Nous devons faire cesser ces transferts d’armes !

Certains pays, dont l’Allemagne, la Norvège et les Pays-Bas, ont commencé à limiter leurs ventes d’armes à la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. D’autres, comme la Belgique via la Région wallonne, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne ou le Canada, maintiennent leur approvisionnement.

Signe notre appel mondial

Nous pouvons faire pression sur les États afin qu’ils mettent un terme aux transferts d’armement, réduisent les violations des droits humains et la souffrance des civils, et fassent comprendre à la coalition que les atteintes persistantes aux droits fondamentaux ne seront pas tolérées.

Participe à notre appel mondial pour faire cesser les transferts d’armes à destination de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis !

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