Des milliers de Centraméricains envoyés vers la mort

Chaque année, le Mexique force illégalement des milliers de personnes à retourner dans leurs pays - le Honduras, le Guatemala et le Salvador - où elles risquent d’être confrontées à des situations dangereuses pour leur vie. Cette pratique s’appelle le refoulement. Elle est illégale en vertu du droit international. Elle doit s’arrêter maintenant.

Des personnes soumises à de graves violations des droits humains

Ces personnes, originaires de différents pays d’Amérique centrale, fuient les menaces de mort, les attaques et les vols perpétrés par de puissants gangs qui contrôlent de larges parts du territoire de leurs pays. Beaucoup d’entre elles doivent entreprendre un dangereux voyage pour chercher protection au Mexique et elles sont souvent mal informées par l’Institut national de la migration (INM) à propos de leur droit de demander asile dans le pays.

  • Des chiffres affolants !
    Amnesty International a constaté que sur les 297 personnes qui avaient été détenues par l’INM, 40 % des réponses pointaient du doigt un possible « refoulement ». Ces témoignages concernaient des personnes qui avaient demandé explicitement l’asile ou exprimé avoir peur pour leur vie dans leur pays d’origine. L’INM a néanmoins ignoré leurs témoignages et les a renvoyées dans leurs pays.
    L’étude a montré que 75 % de ces personnes détenues par l’INM n’étaient pas informées de leur droit de demander l’asile au Mexique. Or, le droit mexicain l’exige de manière explicite et des représentants de l’État ont assuré à Amnesty International que cette disposition était appliquée.

Les réfugiés qui font face aux agents de l’INM ont parfois été ridiculisés par ceux-ci. Les agents ne leur demandent pas ou ne se soucient pas de savoir pourquoi ils ont quitté leurs pays et ils les renvoient dans leur pays alors que la mort pourrait les y attendre. Ceci est contraire à la loi mexicaine.

  • À savoir
    Les agents de terrain de l’INM sont souvent le premier point de contact entre les migrants et demandeurs d’asile et les autorités mexicaines. Pourtant, ils n’ont pas de noms sur leurs uniformes officiels et, dans de nombreux cas, fonctionnent comme une force sans visage destinée à appréhender les migrants et les demandeurs d’asile et à les transférer dans des centres de rétention sans une évaluation individualisée des circonstances personnelles et des besoins de protection de chaque détenu.

L’espoir est permis

Heureusement, il y a des histoires qui nous montrent que les choses peuvent changer. Les fils et le frère d’Emilia ont été tués au Salvador, après avoir été déportée une première fois, elle a finalement obtenu une protection pour elle et sa famille et vit maintenant en sécurité dans l’État de Baja California.

Comment agir ?

D’autres histoires de réfugiés d’Amérique Centrale doivent également avoir une fin heureuse. Demande aux autorités mexicaines d’arrêter les renvois de personnes vers des endroits où leur vie est en danger et de procéder de toute urgence à une révision du processus d’identification mis en œuvre par l’Institut national de la migration.

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