Stop à la répression des femmes en Arabie Saoudite

Loujain, Samar, Nassima et d’autres défenseures des droits humains ne devraient pas être en prison ou poursuivies pour avoir défendu pacifiquement ces droits en Arabie Saoudite.

Des femmes arrêtées pour avoir défendu leurs droits

Loujain al-Hathloul, Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef sont trois défenseures des droits des femmes en Arabie Saoudite qui ont lutté, aux côtés de nombreuses autres, contre l’interdiction pour les femmes de conduire.

Cette interdiction a été levée fin juin 2018 et des permis de conduire ont alors commencé à être délivrés aux femmes.

Cependant au lieu de soutenir ces femmes avant le changement, les autorités saoudiennes ont décidé des les arrêter et ont lancé, le 18 mai dernier, une campagne de répression et de diffamation à leur encontre, en les faisant passer pour des traîtres. Elles ont été détenues pendant plusieurs semaines dans un lieu tenu secret, aux côtés de plusieurs autres militantes.

  • Le sais-tu ?

En Arabie saoudite, le pays le plus grand du Moyen-Orient (pour te donner une idée, il est pus de 70 fois plus grand que la Belgique), les femmes et les jeunes filles subissent de graves discriminations dans la loi et dans la pratique.

L’interdiction de conduire n’est qu’un exemple des nombreux domaines dans lesquels les femmes sont privées de leurs droits fondamentaux. Elles ne peuvent, par exemple, toujours pas voyager, exercer une activité rémunérée, faire des études supérieures ou se marier sans la permission d’un tuteur de sexe masculin.

Depuis 1990, des femmes ont commencé à se mobiliser en Arabie saoudite pour faire lever cette interdiction de conduire qui les touche notamment en utilisant YouTube pour publier des vidéos d’elles-mêmes au volant d’une voiture. Un grand nombre d’entre elles ont été, depuis le début de la mobilisation, menacées, exclues temporairement de leur travail, arrêtées, détenues, certaines ont même été condamnées à des coups de fouets.

En septembre 2017, un décret royal a finalement été publié pour annoncer la lever de l’interdiction de conduire pour les femmes mais qu’à partir du 24 juin 2018.

Depuis la publication de ce décret, la répression à l’encontre des personnes qui se sont mobilisées contre l’interdiction de conduire pour les femmes a continué.

La répression contre les défenseurs des droits humains continue

Ces trois femmes ne sont pas les seules dans cette situation en Arabie saoudite. En effet, depuis leur arrestation, d’autres activistes des droits humains ont également été arrêtés et détenus.

Lors de déclarations officielles, les médias d’État ont accusé six militants et une autre personne d’avoir formé une « cellule  » représentant une menace pour la sécurité nationale. Ils reprochent notamment à ces personnes d’avoir des « contacts avec des instances étrangères dans le but de saper la stabilité du pays et la paix sociale ». Il s’agirait de Loujain, Iman et Aziza ainsi que d’autres défenseurs des droits des femmes.

En juillet 2018, ce sont les défenseures des droits humains Samar Badawi et Nassima al Sada qui ont été emprisonnées. Elles sont toutes deux régulièrement prises pour cibles et harcelées en raison de leurs activités en faveur des droits humains, et font l’objet d’une interdiction de voyager.

Samar Badawi est la sœur du blogueur Raif Badawi, condamné à 1 000 coups de fouet et 10 ans de prison pour avoir créé un site Internet dédié au débat public. Quant à Nassima al Sada, elle a été placée à l’isolement.

Le 28 mars 2019, après 10 mois de détention arbitraire, Iman al Nafjan, Aziza al Yousef et une autre défenseure des droits des femmes : Ruqayyaa al Mhareb ont été libérées provisoirement. Mais les charges invoquées au moment de leur arrestation pèsent toujours sur elles !

La mobilisation ne doit pas faiblir

Si ces libérations sont le résultat d’une campagne mondiale en leur faveur, à laquelle Amnesty International a pris part, et une magnifique victoire pour les droits humains, la mobilisation ne doit pas faiblir !

Cette situation montre bien que même les États les plus autoritaires peuvent plier lorsqu’ils sont montrés du doigt de toute part pour leurs pratiques scandaleuses mais il reste beaucoup à faire.

Ces libérations ne sont que provisoires et des charges pèsent encore sur ces trois militantes. Les autres militantes sont encore en prison et Nassima al Sada est toujours détenue à l’isolement dans une prison éloignée de sa famille. Par ailleurs, aucune enquête n’a été ouverte sur les faits de torture en détention que certaines ont dénoncés.

L’Arabie saoudite ne peut pas continuer de clamer qu’elle soutient les droits des femmes et d’autres réformes, alors qu’elle s’en prend aux défenseurs de ces droits parce qu’ils exercent pacifiquement leur activité.

Et nous ne pouvons pas continuer de détourner les yeux pendant que se poursuit en Arabie saoudite cette persécution incessante visant les défenseurs des droits humains.

Pour lutter contre cette injustice, demande l’annulation des charges pesant sur ces défenseures et la libération de celles qui sont toujours emprisonnées : signe notre pétition !

Toutes les infos
Toutes les actions

Rejoins un de nos groupes-écoles actifs !

...

Je m’inscris