Renvoyer les réfugié-e-s afghan-e-s dans leur pays est inadmissible !

Entre 2015 et 2016, le nombre de citoyen-ne-s afghan-e-s ayant été renvoyé-e-s vers leur pays depuis l’Europe a triplé, passant de 3 290 à 9 400 cas.
C’est le constat d’une forte baisse de la reconnaissance de protection internationale des citoyen-ne-s afghan-es par les pays européens, bien que le pays ne puisse être en aucun cas considéré comme sûr.

Le sais-tu ?

L’Afghanistan est un pays situé en Asie centrale, entre le Pakistan, la Chine et l’Iran.

Depuis 1979, le pays est en proie constant aux conflits armés.

En 1978, le Parti communiste afghan prend le pouvoir suite à un coup d’État. Mais quelques années plus tard, une partie de la population se soulève contre le nouveau régime. Pour défendre le Parti communiste, l’ex-URSS envahit le pays. C’est le début d’une guerre qui fera des dizaines de milliers de mort-e-s. Le départ de l’ex-URSS en 1989 laisse le pays dans un piteux état et trois ans plus tard, la guerre civile éclate entre plusieurs groupes souhaitant contrôler le pays. Ce sont les Talibans qui prennent le pouvoir, avec l’aide militaire des États-Unis (et oui, c’était pendant la guerre froide !) et ils appliquent la loi islamique (charia) depuis 1996. Mais après les attentats du 11 septembre à New-York, les Talibans sont soupçonnés d’aider l’organisation terroriste Al-Quaida. Plusieurs pays occidentaux envahissent l’Afghanistan pour démanteler l’organisation. Les Talibans durent quitter le pouvoir mais le pays reste dans un état très instable. Ajoutons à tout cela la question des ressources énergétiques (pétrole surtout), qui joue aussi un rôle central dans tous ces conflits et interventions.


© SHAH MARAI/AFP/Getty Images

L’Afghanistan, un pays « sûr » ?

En droit international, des réfugié-e-s peuvent être renvoyé-e-s chez eux à condition que leur pays soit considéré comme étant "sûr". C’est en se basant sur cela que les États européens et notamment la Belgique, se permettent de renvoyer des afghan-ne-s réfugié-e-s dans leur pays.

Pourtant depuis 2006, de nouveaux groupes opposés au régime ont émergé (tel que l’État islamique), qui menacent la sécurité quotidienne des civil-e-s. De très nombreuses violations des droits humains ont lieu là-bas : persécutions (à cause de la religion, de la nationalité, de l’appartenance à un groupe social, pour les opinions politiques), tortures… Aucun endroit du pays ne peut être considéré comme sûr.
Début 2016, le pays comptait 1,2 millions de déplacés internes ! En 2017, l’insécurité perdure.
Pour le prouver, Amnesty a mener des recherches et publié un rapport, dont tu peux consulter une synthèse en français en cliquant ici.

Et pourtant l’Europe ferme les yeux …

Une minorité des personnes fuyant l’Afghanistan est amenée à rejoindre l’Europe, notamment via la Turquie et à la suite d’un dangereux voyage en mer. Les Afghans représentent 20% des nouveaux arrivants sur le sol européen en 2015.

D’énormes pressions sont exercées sur l’Afghanistan pour que le pays reprennent des afghan-e-s qui s’étaient réfugié-e-s à l’étranger. Ainsi les retours se multiplient alors que le pays est de plus en plus dangereux. Pour justifier ces retours, des secteurs de l’Afghanistan ont été déclarés comme "sûrs", notamment Kaboul. Alors qu’en fait, il s’agit de l’endroit le plus dangereux du pays pour les civil-e-s !

Renvoyer ces personnes vers l’insécurité et le danger n’est pas la solution mais un moyen honteux de la part de l’Europe de fuir ses responsabilités face à ses obligations internationales.

… Et viole le droit international

En droit international, il existe le principe de « non-refoulement ». Le refoulement, c’est le renvoi de personnes vers un lieu où elles risquent d’être victimes d’atteintes graves à leurs droits fondamentaux. C’est ce que font les États européens, prétextant que l’Afghanistan est un pays sûr, alors que c’est faux (comme le montre le rapport d’Amnesty que tu peux consulter ici). Ces actions sont une violation du droit international.

Les Afghans renvoyés de force sont aussi parfois des mineurs non accompagnés et de jeunes adultes qui étaient encore des enfants à leur arrivée en Europe. Parmi ces personnes, certaines ont été envoyées dans des régions d’Afghanistan qu’ils n’ont jamais connues en dépit des dangers auxquels ils sont exposés et de l’impunité des crimes qui y sont commis telles que la torture et la persécution.

Amnesty International demande la mise en place d’un moratoire sur les retours en Afghanistan tant que ceux-ci ne pourront pas se faire dans la sécurité et la dignité.

Signe notre pétition pour que la situation change.

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