Non au renvoi forcé d’un jeune journaliste en Ouzbékistan

Khoudoberdi Nourmatov (alias Ali Ferouz) est un jeune journaliste mais aussi un demandeur d’asile et un militant d’Amnesty International depuis plusieurs années.
Il risque d’être renvoyé de force par la Russie en Ouzbékistan, un pays d’Asie centrale à côté de l’Afghanistan et du Turkménistan.
Ses amis et les personnes qui le soutiennent craignent qu’il ne soit enlevé par les forces de sécurité ouzbèkes.
En cas de renvoi en Ouzbékistan, il risque de subir de graves violations de ses droits humains et notamment des actes de torture.


Khoudoberdi Nourmatov, demandeur d’asile et journaliste ouzbek vit et travaille à Moscou. Il écrit pour le journal indépendant Novaïa Gazeta sous le pseudonyme Ali Ferouz. Il couvre des sujets tels que les droits des personnes handicapées et les droits des réfugiés et des migrants d’Asie centrale. Il milite également au sein d’Amnesty International depuis 2015. Il est de nationalité ouzbèke mais il est né en Russie, où il a passé toute son enfance avant de déménager en Ouzbékistan.

En 2009, il a été contraint de fuir l’Ouzbékistan après avoir été arrêté et torturé par des agents du Service ouzbek de la sécurité nationale pour avoir refusé de collaborer secrètement avec eux. Khoudoberdi Nourmatov a alors fait une demande d’asile temporaire en Russie et a donc le droit de rester dans ce pays tant qu’une décision n’a pas été rendue sur sa situation et qu’il n’a pas épuisé toutes les voies de recours.

En théorie, le fait d’avoir demandé l’asile en Russie protège Khoudoberdi Nourmatov contre un renvoi forcé dans son pays tant qu’une décision définitive n’a pas été prise au sujet de sa demande d’asile. Les voies de recours lui permettent, après qu’une décision judiciaire ait été prise, de vérifier qu’aucune erreur n’ait été faite dans le jugement si la décision ne lui semble pas juste. En pratique, il risque pourtant d’être renvoyé de force de manière illégale dans son pays.

Khoudoberdi Nourmatov a été arrêté par la police russe le 16 mars 2017 et accusé d’infractions administratives en lien avec sa situation au regard de la législation sur l’immigration en Russie. Les avocats du journaliste n’ont été autorisés à le rencontrer que plusieurs heures après son arrestation et l’ont trouvé très mal en point, souffrant d’une forte fièvre. Il a été conduit à l’hôpital en ambulance, accompagné d’un de ses avocats. Soigné pour une grave infection, il est toujours hospitalisé. Après son transfert à l’hôpital dans la soirée du 16 mars, sa garde à vue a été levée à condition qu’il se présente au poste de police à la première convocation. Aucune date d’audience n’a été annoncée pour l’examen des infractions administratives dont il a été inculpé, mais ses avocats craignent qu’il ne soit convoqué devant un tribunal dans les prochains jours.

Les personnes qui se sont rassemblées devant le poste de police pour soutenir Khoudoberdi Nourmatov ont exprimé leur crainte que des agents des forces de sécurité ouzbèkes ne tentent de l’enlever. Elles ont constaté la présence d’une voiture noire banalisée, qui a quitté le poste de police peu après l’ambulance qui emmenait le journaliste à l’hôpital.

Amnesty International a eu connaissance de nombreux cas de réfugiés, de demandeurs d’asile et de travailleurs migrants qui ont été enlevés en Russie par les forces de sécurité ouzbèkes, avec la complicité des services de sécurité russes.

Agis avec nous !

Khoudoberdi Nourmatov doit être protégé !

Nous te proposons de prendre ton stylo pour demander aux autorités russes :
 que Khoudoberdi Nourmatov ne soit pas renvoyé de force en Ouzbékistan,
 qu’elles prennent les mesures nécessaires pour le protéger d’un enlèvement par les forces de sécurité ouzbèkes,
 de lui accorder le statut de réfugié grâce auquel il serait protégé d’un retour forcé dans son pays.

Pour écrire une lettre aux autorités russes, c’est simple :

J'agis

DANS LES APPELS QUE TU FERAS PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en russe ou dans ta propre langue :
 encourage les autorités à ne pas renvoyer de force Khoudoberdi Nourmatov, alias Ali Ferouz, en Ouzbékistan, où il risque fort de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements ;
 encourage-les à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger efficacement cet homme afin qu’il ne soit pas enlevé pour être emmené en Ouzbékistan ;
 demande-leur de lui accorder le statut de réfugié en Russie.


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