L’Égypte doit mettre fin aux persécutions contre la communauté LGBTQI+ !

15 ans de prison pour un drapeau arc-en-ciel ?
Les autorités égyptiennes ont lancé une campagne de répression à l’encontre de la communauté LGBTQI+.

Persécutions et manoeuvres d’intimidation inédites

Depuis le 22 septembre 2017, l’Égypte durcit le ton envers la communauté LGBTQI+ égyptienne (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queer et intersexes). Deux personnes auraient brandi un drapeau arc-en-ciel (couleur de la communauté) lors du concert de Mahrou’Leila au Caire. Elles ont été arrêtées. Durant les jours suivants, au moins 57 personnes aussi été arrêtées en raison de leur orientation sexuelle supposée, dans différents quartiers du Caire.


© DPA/PA Images

Les autorités égyptiennes ont aussi piégé des personnes en utilisant des applications de rencontre en ligne pour les localiser et les arrêter. Neuf hommes ont été condamnés à des peines d’un an à six ans d’emprisonnement, et 35 font l’objet de procédures accélérées. Une femme, Sara Hegazy, figure au nombre des personnes actuellement interrogées. Onze autres personnes sont détenues en divers endroits au Caire dans l’attente d’une enquête du ministère public.

Par ailleurs, les autorités ont effectué au moins cinq examens anaux sans le consentement des personnes arrêtées, ce qui est contraire à l’interdiction absolue par le droit international de la torture et de toute autre forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant.

Au total, plus de 57 personnes sont aujourd’hui incarcérées et risquent jusqu’à 15 ans de prison pour “pratique de la débauche”, “incitation à la débauche” et “promotion de la déviance sexuelle”.

Les médias muselés

Les médias ont l’interdiction de faire preuve de solidarité, soutien ou sympathie envers ces personnes ! Ordre du Conseil Suprême des médias. Ce dernier a aussi appelé tous les médias à sensibiliser la population contre la “pratique de la débauche habituelle” et les personnes LGBTQI+, affirmant qu’elles “ne [faisaient] pas partie des traditions ni de la culture de la société égyptienne et que ce phénomène LGTBQI+ [devait] prendre fin ».
Des avocats et des ONG en Égypte ont indiqué à Amnesty International que le nombre de personnes détenues était peut-être plus élevé, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de suivre toutes les arrestations parce qu’elles se généralisaient.

Il faut savoir qu’il s’agit de la pire répression fondée sur l’orientation sexuelle depuis l’arrestation de 52 personnes à la suite d’une descente au Queen Boat, une boîte de nuit flottante sur le Nil, en 2001. Ces quatre dernières années, sans prendre en compte les événements de la semaine dernière, plus de 250 hommes ont été arrêtés par la police en raison de leur orientation sexuelle supposée et traduits en justice, selon l’Initiative égyptienne pour les droits personnels

"Le fait que les autorités égyptiennes aient décidé de mener une enquête criminelle sur l’incident du drapeau arc-en-ciel est absurde. Personne ne devrait être puni pour avoir exprimé sa solidarité envers les LGBTQI+ ou en raison de son orientation sexuelle supposée", a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes pour l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Cela te révolte ? Tu peux signer cette pétition et demander au Président égyptien et au Ministre de l’Intérieur de libérer immédiatement et sans condition les détenus et de mettre fin à cette vague de persécutions !

Le sais-tu ?

En janvier 2011, des manifestations gigantesques ont eu lieu au Caire, place Tahrir notamment. La société civile s’est massivement mobilisée pour obtenir le départ de Moubarak, le président de l’époque. “Le mur de la peur” était tombé : la colère l’avait emporté sur la peur de la répression policière.

Mais le départ de Moubarak a donné lieu à une crise politique. En effet, Mohamed Morsi, membre des frères musulmans, a été élu président de la république en juin 2012, mais un an plus tard, il a été renversé par un coup d’État organisé par l’armée, suite à un vaste mouvement de protestation populaire.

C’est aujourd’hui Abdel Fattah el-Sisi qui est à la tête de l’Égypte. Voici des années qu’un climat d’impunité règne en Égypte. Les rapports d’Amnesty dénoncent les multiples violations des droits humains qui y sont commises.

LGBTQI+ késaco ?

Il s’agit d’un acronyme pour les Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres, Queer, Intersexes. Au fil de l’histoire, cet acronyme s’est étendu, de nouvelles catégories rentrant dedans. Le "+" signifie qu’il y a encore plus de termes...!
Car oui, il n’existe pas une orientation sexuelle (hétérosexuel), ni même deux (hétérosexuel et homosexuel) mais beaucoup plus ; de la même manière qu’il n’existe pas juste deux identités de genre (masculin et féminin) mais beaucoup plus ! Cette communauté cherche à rendre visible ces enjeux et à déconstruire ce qui touche au masculin et au féminin, partant du principe qu’il s’agit d’identités socialement construites, et non pas naturelles (comme disait Beauvoir, "on ne nait pas femme, on le devient !"). On peut être né avec le sexe masculin, mais ne pas se reconnaitre dans le modèle de la virilité par exemple. Chacun et chacune d’entre nous devrait être libre d’être ce qu’il ou elle souhaite, indépendamment de ce que pensent les autres !

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