Huile de palme, un fléau pour les travailleurs et leurs enfants

HUILE DE PALME ET DROITS HUMAINS : CE QUE TU DOIS SAVOIR
Le développement rapide du secteur de l’huile de palme donne lieu à de terribles violations des droits du travail des employés du secteur, et viole également les droits d’enfants qui ont ton âge !

Alors, a quoi sert-elle cette fameuse huile de palme ?

L’huile de palme et ses dérivés sont utilisés dans la fabrication d’environ 50 % des produits vendus en supermarché. C’est une matière première très demandée, car elle est peu chère et a des nombreux usages. Les huiles issues des fruits du palmier sont transformées en huiles comestibles utilisées en cuisine et entrent dans la composition de produits alimentaires tels que les chocolats, les biscuits ou les céréales. L’huile de palme sert également à fabriquer des ingrédients comme la glycérine, que l’on retrouve dans des lessives et des produits cosmétiques – dentifrices, savons, crèmes de couche et shampoings notamment.

D’où vient l’huile de palme ?

L’Indonésie est le premier producteur mondial d’huile de palme, elle produit 35 millions de tonnes par an ! et 43% du commerce mondial de l’huile de palme est produit par la grande entreprise agroalimentaire singapourienne Wilmar, qui vend ensuite celle-ci à des entreprises comme Nestlé ou Kellog’s. Ces entreprises sont membres de la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO), organisme créé en 2004 pour assainir le secteur de l’huile de palme après plusieurs scandales environnementaux, et garantir une huile de palme certifiée "durable".

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Une plantation d’huile de palme

Une huile de palme issue du développement durable vous avez dit ?

Plus de 2 000 entreprises sont membres de cette Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO), qui vise à ce que l’huile de palme soit produite sans exploitation des travailleurs, sans déforestation, sans dommages à l’environnement, et dans le respect dans droits sociaux. Pourtant, en pratique, les critères de cette table ronde sont extrêmement pauvres. De plus, la majorité de ses membres se fournissent auprès des entreprises de plantation sur lesquelles Amnesty a enquêté. Or celles-ci ne respectent absolument pas les droits humains, ni l’environnement d’ailleurs !

Comment la production d’huile de palme bafoue-t-elle les droits humains ?

Tout d’abord, Wilmar, entreprise numéro 1 dans la production d’huile de palme, ne respecte pas l’égalité homme/femme. En effet, les femmes ont moins de droits que les hommes. La plupart sont seulement engagées pour des contrats à la journée, contrairement aux hommes, ce qui les privent de tout bénéfices sociaux sans lesquels elles n’ont pas droit à l’assurance maladie, ni de droit à la pension.

Aussi, les entreprises d’huile de palme imposent aux travailleurs d’atteindre des quotas, c’est-à-dire d’atteindre un nombre de kilos de récolte de fruits des palmier par jour, ou un certain nombre de barils de pesticide à asperger sur les récoltes chaque jour. Ces quotas ne tiennent pas compte de la réalité du terrain, mais du chiffre d’affaire que l’entreprise veut atteindre.
Ainsi, il est souvent impossible pour les travailleurs d’atteindre ces quotas ! Ils ne touchent alors pas l’intégralité de leurs salaires, ou doivent travailler de nombreuses heures supplémentaires sans être payés pour y parvenir. Certains vont même jusqu’à perdre leur travail s’ils ne parviennent pas à atteindre ces quotas pendant plusieurs jours.

Et les enfants là dedans ?

Les enfants travaillent après l’école, pendant les vacances et les weekends pour aider leurs parents à atteindre ces quotas. Parfois ils arrêtent même d’aller à l’école pour pouvoir aider leurs parents à garder leur travail. Ces enfants sont parfois très jeunes, certains ont seulement 8 ans !

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Des enfants travaillant dans une plantation d’huile de palme en Indonésie

Pourtant, en Indonésie, là où le plus grande partie de l’huile de palme vendue dans le monde est récoltée, il existe une loi qui interdit le travail des enfants en dessous de 15 ans, et de 18 ans, si ce travail est pénible ou dangereux pour la santé. Amnesty a constaté que cette loi n’est malheureusement pas respectée !!!

Et qu’est-ce que Wilmar, le plus grand producteur mondial d’huile de palme dit à propos de cela ?

Quand Amnesty a demandé à la compagnie Wilmar ce qu’il en était du travail des enfants, les responsables ont répondu qu’il était interdit, et que ce sont les parents eux-mêmes qui, ne pouvant surveiller leurs enfants à la maison, les emmènent avec eux au travail, alors que Wilmar le leur interdit.
La compagnie rend donc les parents totalement responsables, ne remettant absolument pas ses exigences en question, alors que ceux-ci n’ont d’autres choix que de se faire aider par leurs épouses et leurs enfants s’ils veulent atteindre les quotas de production fixés par l’entreprise.

La santé de ces travailleurs est-elle au moins protégée ?

Pas du tout ! La récolte d’huile de palme est un travail non seulement pénible, mais aussi risqué pour la santé ! En effet, il implique des mouvements répétitifs qui peuvent mener à des blessures, il expose à des produits toxiques et il nécessite de porter des charges très lourdes, allant de 12 à 30 kilos ! Les enfants ne sont pas épargnés par toutes ces tâches. Ajoutez à cela qu’ils n’ont pas d’équipements adéquats, ils n’ont même pas de gants pour manier les fruits des palmiers, largement pulvérisés avec des pesticides et des fertilisants dangereux !

En parlant de produits toxiques....

De plus, en parlant de produits toxiques, Amnesty a des preuves que Wilmar continue a utiliser du paraquat, dont l’usage est interdit ou extrêmement régulé du à son extrême toxicité. Pourtant, les employés n’ont ni la formation, ni l’équipement nécessaires pour manier de tels produits.

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Une femme vaporisant des produits toxiques sur la plantation

Et certains travailleurs ont déjà subi des blessures graves dues au maniement de ces produits.

Amnesty a d’ailleurs recueilli le témoignage de Yohanna, qui est chargée de répandre les pesticides sur la plantation de palmiers. Elle travaille sans aucune protection, alors que ces produits sont hautement toxiques, les travailleurs les nomment d’ailleurs "poisons".

Un jour, Yohanna a reçu du "poison" dans l’œil droit. Elle en a informé le supérieur présent à ce moment-là, il lui a dit de d’abord répandre le "poison" avant d’aller à la clinique. Elle a fait son travail, a ensuite été hospitalisée pendant 15 jours, et a perdu l’usage de son œil droit.


Malgré cela, personne n’a reçu de lunettes de protection, et elle n’a pas reçu toutes les compensations auxquelles elle avait droit pour un tel préjudice.

Aussi, malgré les recommandations données pour conserver la faune et la flore, les compagnies continuent à brûler les forêts. La fumée dégagée est toxique, et les travailleurs doivent continuer à travailler, sans masques de protection.

Et quel est le salaire reçu pour tout ce dure labeur ?

Malgré ces conditions de travail abominable, le salaire des travailleurs est souvent insuffisant pour satisfaire aux besoins de la famille.

En effet, les employés gagnent environ 2,50 euros par jour ! Pourtant, en 2015, les revenus de l’entreprise agroalimentaire singapourienne Wilmar s’élevaient à 36,45 milliards d’euros !

Certaines des plus grandes entreprises mondiales tirent profit de violations des droits humains, c’est voler les pauvres pour enrichir les riches !

Mais quelles entreprises bien connues utilisent de l’huile de palme pour fabriquer ses produits ?

 COLGATE-PALMOLIVE : Colgate utilise des dérivés d’huile de palme dans ses produits Oral Care, Personal Care et Home Care.
 NESTLÉ : elle utilise de l’huile de palme dans de nombreux produits, dont les barres KitKat et Lion, le bouillon Maggi et les céréales Cheerios.
 UNILEVER : dans des produits comme Ben and Jerry’s, les déodorants AXE/Lynx, Bertolli, Birds Eye, Cup a Soup, Dove, Knorr et Vaseline.
 PROCTOR & GAMBLE (P&G) : Proctor & Gamble utilise de l’huile de palme dans des produits comme Lenor, Ariel, Head & Shoulders, Pantene Pro-V, Covergirl Bombshell Shineshadow.
 KELLOGG’S : dans des produits comme les céréales CrunchyNut, Pop Tarts et Nutri-Grain.
 RECKITT BENCKISER : Reckitt Benckiser utilise de l’huile de palme dans Clearasil, Veet et Woolite.
 AFAMSA : AFAMSA utilise des produits dérivés de l’huile de palme pour fabriquer de la nourriture pour animaux, des bougies, des savons et des lessives.
 ARCHER DANIELS MIDLAND COMPANY (ADM) : ADM utilise l’huile de palme dans diverses huiles alimentaires qui entrent dans la fabrication d’huiles de cuisson, de margarines et d’autres denrées alimentaires.*

Ces entreprises se fournissent auprès des plantations à propos desquelles Amnesty a enquêté. Et pourtant, 8 de ces 9 entreprises font partie du principal organisme mondial chargé de rendre le secteur de l’huile de palme « durable », le RSPO. Et elles réalisent ensemble un chiffre d’affaires d’environ 300 milliards d’euros ! Elles ont donc largement les moyens de faire respecter les droits humains !

Injuste n’est-ce pas ?! Que peux-tu faire pour changer cette situation ?

  • Te renseigner sur les produits contenant de l’huile de palme et éviter de les consommer
  • Informer tes proches, ta famille, tes amis sur la production de l’huile de palme, ces conséquences désastreuses pour les travailleurs et la planète
  • Signer notre pétition en ligne adressée à plusieurs grandes entreprises

Si tu veux en savoir plus :
lis notre synthèse Le scandale de l’huile de palme

ou regarde cette vidéo (qui est en anglais) :

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